Bravo, pape François! Une nouvelle ère vient de commencer dans les relations interaméricaines !

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L'anomalie, qui est maintenant âgée de cinq décennies (53 années), est en voie de résolution. La normalisation des relations entre La Havane et Washington pour le bien des États-Unis et le reste du continent américain est sur la bonne voie. Le pacte a été scellé par le président Barack Obama et le président Raoul Castro le mercredi 17 décembre 2014, avec les bons offices du Vatican sous la direction du pape François. Plus d'une douzaine de résolutions de l'ONU, le poids de la communauté des hommes d'affaires américains, ainsi qu'une grande partie du Congrès américain ne pouvaient ébranler la crainte de plusieurs présidents américains de déplaire à la communauté cubano-américaine très influente dans la région de la Floride. Elle a tenu ferme tant que les frères Castro demeurent au pouvoir à La Havane: une normalisation des relations entre les deux pays et le reste de l'Amérique latine n’aura pas lieu.L'Organisation des États américains (OEA) devrait prendre les devants pour résoudre ce différend; elle était plutôt la servante de Washington, où en effet elle a son siège. Dans plusieurs colonnes du  journal Caribbean News Now, j’ai manifesté mon admiration ainsi que mon dégoût pour les frères Castro. "Ni Haïti ni Cuba".Le maintien d'un embargo contre Cuba depuis l'administration Eisenhower était préjudiciable non seulement à Cuba mais aussi aux États-Unis, ainsi qu’à l'ensemble de la région de l'Amérique latine et des Caraïbes. L'embargo n'est pas encore levé, mais le veto pour son imposition est en ruine.Au cœur des dernières négociations fut la libération d'un prisonnier américain, Monsieur Alan P. Gross, détenu à la prison de La Havane pour espionnage présumé. Trois prisonniers cubains aux États-Unis ont été libérés en échange et l'affaire a été scellée.Le président haïtien Michel Joseph Martelly  a joué un rôle crucial dans la genèse de ce renversement diplomatique. Alerté par le sénateur Bill Nelson de la Floride du déterminant significatif de la libération d'Alan Gross dans cette négociation,  le président Martelly, dans ses nombreuses visites à La Havane, a joué sa carte avec Raul Castro  pour obtenir la libération de ce prisonnier, un entrepreneur de la USAID.Dans une colonne  écrite en 2007 dans Caribbean Net News : «Une feuille de route pour une approche coordonnée et intégrée pour les îles des Caraïbes». J’ai comparé la région des Caraïbes à une locomotive, roulant à travers les grandes Antilles, les premiers moteurs étant Cuba, Haïti et la République dominicaine. Cette locomotive ne pouvait pas rouler aussi longtemps que Cuba était retenu captif sous un embargo imposé par les États-Unis et soutenu sur les autres nations avec des sanctions commerciales et juridiques renforcées par le département du Commerce des États-Unis."En commençant par les plus grandes antilles; Cuba, Haïti, la République Dominicaine et la Jamaïque, combinées, elles représentent quelque 25 millions de personnes. En rassemblant leur potentiel de marché, ils peuvent motoriser toute la région. Raul Castro, René Préval, Lionel Fernandez et Portia Simpson Miller sont des hommes et femme de bon sens et de la bonne pratique. Ils peuvent accélérer ce processus dès qu'ils  comprennent que des gens intelligents et créatifs peuvent  à eux seuls créer la richesse. À partir d'un vol quotidien de La Havane vers Cap-Haïtien et Port-au-Prince, la tenancière haïtienne, les dames sara (femmes entreprenantes marchandes) peuvent fournir au citoyen cubain de la toilette, le savon et les sous-vêtements qui sont maintenant un luxe. La profusion des choses nécessaires ont disparu au cours des cinquante dernières années. Cela  permettra d'accélérer le processus de démocratisation. En retour, la dame sara aura ses dents fixées, ses yeux réparés et ses sacs remplis de nouveaux revenus.«La synergie de la créativité de 25 millions de personnes va bientôt créer le marché de biens et d’idées qui remplacera l'horreur du communisme à Cuba et la misère du capitalisme en Haïti.»La levée de l'embargo  après 53 années va libérer le potentiel économique et social de la région pour faire flamber  le bassin des Caraïbes de sa position léthargique, où seulement le soleil, le sable et la mer sont offerts aux touristes fuyant la saison froide en Europe et en Amérique. Cuba a profité de l'embargo pour sensibiliser et éduquer sa population. Une Caraïbe intelligente pourra profiter de cette mine d'or pour 'exploiter ses ressources naturelles, de sorte que chaque être humain de la région pourrait devenir un entrepreneur heureux de rester chez lui, s’enrichir et enrichir l'héritage laissé par les ancêtres.Le crédit doit être donné au président Barack Obama, enhardi par la défaite des démocrates lors des dernières élections (une crise est une excellente occasion à ne pas manquer) pour s’engager dans une approche durable comme la réforme de l'immigration et  l'accord de Cuba pour amener les États-Unis et la Caraïbe vers un nouveau plateau où la croissance est au bout du tunnel.Pape François a déjà annoncé la couleur en lançant une conférence internationale pour  Haïti en janvier 2015. Cette nation malheureuse et capitaliste dans l'âme a gaspillé ses ressources naturelles, car elle n'a pas   éduqué sa population. Elle languit dans des emplois manuels pas très rénumérateurs qui perpétuent sa misère intergénérationnelle observée dans la campagne et les ghettos des grandes villes.Pour compliquer la situation, Haïti va de crise en crise, la dernière étant l'impasse politique entre le Parlement haïtien et le pouvoir exécutif. Six sénateurs des partis de l'opposition ont pris le stand d'un gagnant ou perdant de jeu de cartes avec le président. Ils refusent de  tenir des sessions législatives pour débattre sur la nouvelle loi électorale en vue des élections générales. Le  12 janvier 2015 sera une date butoir lorsque le Parlement sera rendu caduc et le président devra gouverner par décret.Une commission présidentielle de consultation doit produire des recommandations au président, qui a accepté de former un nouveau gouvernement avec un nouveau Premier ministre et un nouveau cabinet. Est-ce que ce nouveau développement conduira à une négociation qui va sceller l'affaire comme à Cuba?Personne ne sait! Pape François devrait intervenir tôt  l'année prochaine pour également débloquer Haïti et  la locomotive de la Caraïbe afin qu’elle puisse rouler vers la prospérité pour toute la région.Et comme je l'ai dit dans l'article du Caribbean Net News,  il y a près de dix ans, "Ni Cuba ni Haïti»:«Cuba socialiste doit faire le saut vers une véritable économie de marché. Haïti - capitaliste dans  l'âme - doit concilier sa population paysanne majoritaire avec l'élite urbaine, en investissant d'abord dans le secteur rural».Ce sera le travail du prochain gouvernement haïtien J’espère que le parti sous la bannière de laquelle le président Michel Martelly a remporté son élection - Repons Peyizan - aura appris la leçon: les paysans d’abord, c’est envers eux que Papa Dessalines avait opiné, il y a de cela plus deux cents ans : n’auront –ils pas eux aussi une portion de l’héritage national, eux qui n’ont pas un descendant venu de l’Europe et particulièrement de la France?
Jean Hervé Charles

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