Un après-midi culturel au Mireille’s Restaurant à Westbury, Long Island (New York)

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Le dimanche 19 octobre dernier, Mireille’s Restaurant a été le lieu de rendez-vous des gens cultivés et intelligents qui valorisent toutes les facettes de la culture haïtienne. Le programme avait commencé avec le lancement et la vente-signature du livre « La Péninsule Républicaine » d’Alin Louis Hall. Pour marquer la diversité des activités de cet après-midi culturel, un hommage posthume a été rendu à Carl « Carlito » Labossière. On célébrait sa vie. À ce brassage culturel, la participation du pianiste Alix Condé et de la poétesse Jeannie Bogart a mis en relief la grande dimension artistique de ce spectacle, comme l’avait conceptualisé Moryl Gattereau Jr. Ce n’était pas un coup d’essai puisque Gattereau a déjà réalisé des rendez-vous culturels qui, selon les observateurs avisés, se surpassent d’année en année. Le voyage au grand jardin culturel A l’heure prévue, le Maître de Cérémonie, Professeur Etienne Télémaque, a ouvert les portes du grand jardin culturel, où il a conduit les invités pour découvrir les talents à l’affiche. Après les salutations d’usage, il fit une présentation sommaire des activités à l’ordre du jour. Il a introduit l’auteur et présenté son œuvre. Il a entrepris une brève envolée sur l’œuvre et a eu le soin de féliciter l’écrivain-historien pour ce travail, qui représente le fruit de longues recherches. Il a dressé une brève biographie de l’auteur, soulignant qu’Alin Louis Hall est né au Cap-Haitien et a fait ses études primaires dans la ville des Cayes. Puis, il a passé le micro à l’auteur pour qu’il puisse présenter son profil et parler de son parcours, tout aussi bien de son œuvre.  L’auteur a confirmé qu’il est né au Cap-Haitien et a complété ses études primaires Aux Cayes. Il entra à Port-au-Prince pour compléter ses études secondaires et universitaires, d’après ses déclarations.  Ce ne serait pas abusif de placer Alin Louis Hall au centre du triangle équilatéral - Cap-Haitien-Cayes-Port-au-Prince-Cap Haïtien. Cette triangularité met en évidence le travail d’un pèlerin patient, parti à la recherche de la Connaissance et du Savoir. En fait, Alin Louis a réussi dans sa conquête, en pénétrant l’inconnu pour enlever le voile qui s’abattait sur une vérité historique ayant à voir avec la participation des hommes et des femmes du Grand –Sud dans l’histoire de l’Indépendance d’Haïti. Ce serait une omission grave de négliger de mentionner les interventions intermittentes du sociologue - professeur Daniel Supplice, qui a préfacé « La Péninsule Républicaine ». Il a intervenu pour mieux situer l’œuvre dans son contexte historique, et cela sans passer par Quatre Chemins. Il nous a conduits dans ses périples sans court-circuiter le chemin. Pa gen wout pa bwa en histoire. Et le temps ne peut effacer les faits historiques qui ont marqué un peuple. L’histoire a bonne mémoire et elle ne peut mentir. Le Maître de Cérémonie, gérant le temps,  a repris le micro pour annoncer le segment réservé à Carl « Carlito » Labossière.
Un hommage posthume bien mérité à Carl « Carlito » Labossière
Le Maître de Cérémonie a brièvement parlé de Carl « Carlito » Labossière qu’il a connu. Il l’a présenté comme étant un solide monument que le temps ne peut détruire ni effacer. Il a brièvement retracé son parcours littéraire. Il fit ses éloges et l’a présenté comme étant un journaliste qui a marqué des générations de lecteurs et d’intellectuels. Puis, il remit le micro au Dr. Fritz Boutin, un homme d’une simplicité rare, qui,  d’après le Maître de Cérémonie, était  proche du défunt. Il a été choisi à l’improviste. Etienne Télémaque aime surprendre son assistance en choisissant, parmi les invités, un orateur dont il connait bien la capacité intellectuelle et qu’il juge être capable d’improviser.
Dr. Boutin n’a pas décliné l’invitation. Après sa désignation, nous étions témoins d’une franche camaraderie qui se déroulait entre Winshell Beague et Dr. Boutin autour de la table qu’occupaient Winshell Beague et son épouse Gladys, Frantz Beague et sa conjointe. En fait, ce n’était pas une plaisanterie de mauvais goût, mais une taquinerie qui pourrait créer une tension et même une peur chez un orateur inexpérimenté. Dr. Fritz Boutin a gardé son calme et a fait son intervention à la grande satisfaction des invités.
Le moment qui avait surtout marqué cette réunion de famille a été l’intervention de Mme Marie-Thérèse Labossière-Thomas, la sœur de Carlito. Un silence sépulcral couvrit la salle dans sa totalité, quand Professeur Télémaque annonça son intervention, après que Moryl Gattereau eut établi le contact avec elle via téléphone. Elle ne pouvait pas être présente physiquement. Au micro du Maitre de Cérémonie, elle a présenté les merveilles de l’univers qu’elle partagea avec son frère.
Elle l’a fait avec un naturalisme qui confirme sa grande dimension intellectuelle. Les faits qu’elle a révélés semblent arrêter le temps pour placer l’existence de Carlito dans un présent infini. D’ailleurs, le texte de Marie –Thérèse Labossière-Thomas est aussi publié sur Radio Télévision Caraïbes (www.caraibesfm.com)  et Haïti Actualités (www.haitiactualites.com).  Il peut être lu dans son intégralité sur ces sites et d’autres réseaux sociaux. Il faut aussi souligner que cet événement a été retransmis en direct sur Radio Télévision Caraïbes.
C’était une bonne façon de célébrer la vie de ce génie, ce géant de la plume, cette étoile brillante. Il faut se rappeler qu’une étoile ne cesse jamais de briller. Elle devient inaperçue aux yeux de chair. Mais dans l’intemporel, elle continue à briller de tout son éclat. Avec le départ de Carl « Carlito » Labossière, l’intelligentsia haïtienne a perdu un cerveau. Cet intellectuel de belle eau est parti avec son talent, sa verve, mais il nous laisse de beaux souvenirs.
Un voyage à travers l’histoire, en poésie avec Jeannie Bogart
L’horloge semble s’arrêter pour permettre aux invités de jouir pleinement du plaisir que procurent la poésie et la musique dans ce beau et riche jardin culturel.  La poétesse Jeannie Bogart a su allier les gestes à la parole, en offrant deux jolis poèmes qu’elle a écrits et qui s’intitulent « CRI » et « OKAY ».  À travers « CRI », elle a remonté le cours de l’histoire des noirs pour faire entendre le cri d’une fille d’esclaves. À la première strophe, elle dit : « Enfant des tropiques, fille d’esclaves suis-je, ce n’est pas une plainte ni une lamentation, c’est un cri ». En quelques minutes, Jeannie Bogart nous a fait traverser des siècles d’histoire, pour nous conduire devant le miroir d’un peuple fier de son passé historique, même si le présent parait amer, douloureux et triste. Elle crie haut et fort : « mon pays se meurt, l’indépendance à l’air d’une farce, l’homme semble perdre la mémoire, l’homme à quatre pattes lèche les bottes des colons modernes… ». La poétesse a montré la force de sa conviction.
Jeannie voit briller l’espoir d’une réalité que rien ne peut nous empêcher de vivre.  Elle laisse résonner le cri du cœur, en terminant son poème avec ces mots : « Non ! Je ne retournerai pas aux champs de cannes, je deviendrai Gouverneure Générale comme Michaëlle Jean, je deviendrai président comme Obama pour diriger les colons, pour éduquer les colons, le rêve devient réalité ». Jeannie Bogart a été vivement applaudi et a reçu une ovation debout de l’assistance « Standing Ovation ». Le message est partagé, Jeannie. Si elle avait su ou si elle était clairvoyante, elle aurait aussi dit : « Je deviendrai Secrétaire Générale de l’Organisation Internationale de la Francophonie comme Michaëlle Jean ».
Jeannie Bogart a ensuite lu son deuxième poème « OKAY », que les défenseurs de la langue créole auraient aimé. Ce poème retrace ses souvenirs d’enfance, que le temps n’a pas pu balayer ou emporter au loin. On ne peut se tromper en écoutant Jeannie Bogart dire à travers « Okay »: « Tout souvni danfans mwen, tout lapenn jenès mwen ap dodomeya la, rèv mwen koke jiskaprezan sou yon pye pen prèskil dèzikak, l ap voye ti bo bay lanmè karayib… ». C’est beau. Les poèmes de Jeannie Bogart sont plus profonds que tous les océans réunis du monde. Vêtue d’une jolie robe rouge, la poétesse reflète la beauté de l’aurore, et l’éclat du soleil qui danse au rythme quotidien de la ville des Cayes, quand mère nature sourit. Au moment où Jeannie lisait ses poèmes, Alix Condé avait jugé bon de l’accompagner dans ses périples, en utilisant des pièces musicales conçues en mode mineur pour répondre aux exigences du temps et créer l’atmosphère de détente dont le public avait besoin pour jouir de cet instant de bonheur. Ce qui a surtout retenu l’attention, c’était l’exactitude du pianiste et de la diseuse / poétesse. Le pianiste comblait tous les intervalles quand Jeannie observait une courte pause bien millimétrée entre chaque ligne qu’elle lisait. Cela reflète le professionnalisme d’Alix Condé et la maturité de Jeannie Bogart. Pour réussir une telle improvisation, il faut avoir du rythme et un esprit d’anticipation capable de faciliter l’harmonisation poésie-musique. Ce beau dialogue artistique entre Alix et Jeanine avait un goût d’éternité.  Vraiment, on se croyait au Jardin de l’Éternité, muni d’un billet de voyage aller-simple nous permettant de découvrir et d’explorer ce grand univers artistique.  Il a fallu la vigilance du Maître de Cérémonie, Étienne Télémaque, qui nous a apporté un billet-retour et nous a reconduits à La Péninsule Républicaine.
La vente signature du livre « La Péninsule Républicaine » : Un succès sans précédent 
Au retour, le Maître de cérémonie a entrepris un micro-sondage autour des tables pour recueillir les opinions de quelques invités sur les faits qui ont marqué l’après-midi culturel. Toutes les opinions ont convergé dans le même sens. L’intervention d’Eddy Mésidor a été succincte. Il a exprimé sa pensée dans un langage simple et clair. Mes voisins de table avaient vite compris qu’il fallait que chacun de nous achète une copie du livre. Ils considèrent l’œuvre comme étant un ouvrage de référence, un livre de chevet. La même réaction était remarquée à travers toute la salle. On croyait même que les doigts de l’auteur seraient ankylosés, considérant la longue ligne de gens qui attendaient que l’historien leur signe leur livre. Certaines gens ont même acheté deux copies, peut-être pour l’offrir en cadeau à un ami, un membre de leur famille, un voisin, qui ne pouvaient répondre à l’invitation lancée par Moryl Gattereau. Jr.Il y a eu une franche interaction entre le public et l’auteur, à travers une section Questions / Réponses. Jean Junior Joseph a été le premier à adresser une question à l’auteur. En fait, c’était la crème de la crème de la communauté intellectuelle de New York qui avait fait le déplacement. Les gens étaient impeccablement vêtus.  On remarquait la présence de quelques personnalités connues telles que : Jean Max Calvin, Bob Magloire, ancien conseiller du Président Préval, Jessie Trouillot, Jona Lubin, Edens Desbas / Patrick Morisseau / Magalie Théodore de « Tout Haïti / Haïti D’abord », Winchell Beague et sa conjointe Gladys, Frantz Beague et son épouse.
D’autres personnalités importantes avaient aussi fait le déplacement et rempli leur devoir de supporteurs de la culture haïtienne. Citons : Carlo Placide, Lisa Buteau, Eddy Mésidor, Magalie Rodriguez, Ernst Alexandre, etc. On ne saurait oublier de signaler le support de Lesly Condé, le Consul d’Haïti à Chicago, qui ne marchande jamais ses services quand il s’agit de la culture haïtienne ou d’Haïti en général. De source crédible, on apprend que le cardiologue Dr. Hanscy Séide, en qualité de bon philanthrope, a aussi contribué à la réalisation de ce grand événement culturel. L’audio-visuel a été assuré par Marc Désulme, qui détient tous les secrets de l’art.
Avant la fin de la manifestation culturelle, Dr Fritz Boutin revint au micro pour présenter ses félicitations au Prof. Etienne Télémaque, qui a fait un travail reflétant un professionnalisme rare, comme Maître de Cérémonie. Il a remercié l’assistance d’avoir rehaussé l’éclat de la cérémonie « culturelle ».  Il a utilisé des mots justes pour faire ressortir la haute qualité du spectacle. Il s’adressa au public en disant ce qui suit: « vous avez apporté un cachet spécial qu’aucune cérémonie n’ait connu avant ».
Dr. Boutin a ensuite exhorté Winshell Beague et Moryl Gattereau à consolider la solidarité Cayenne qui les réunit toujours autour des hommes célèbres. Quelle fierté! On peut dire que cet après-midi culturel a été un grand succès, non seulement au niveau de la présentation, de l’hommage rendu à Carlito, de la musique d’Alix Condé, de la poésie de Jeannie Bogart, de la vente-signature, de la planification, mais aussi de la qualité du public qui avait répondu à cette invitation.
Moryl Gattereau a encore prouvé qu’il détient vraiment le secret et la clé du succès de ces genres d’activités culturelles. Il a su regrouper autour de lui  des gens qui s’y connaissent dans le domaine de l’organisation des manifestations culturelles. Travailler ensemble c’est bien, mais pour réussir il faut que tous les membres de l’organisation partagent le même idéal. Ils doivent avoir les mêmes aspirations et surtout le même but : aider à l’épanouissement de la culture haïtienne. L’on se demande à quand le prochain rendez-vous culturel, M. Gattereau Jr ? Et qui sera l’auteur invité ?
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