Convoquer le peuple dans ses comices : Martelly accorde quelques jours aux sénateurs

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Le président Michel Martelly se donne jusqu’au début de la semaine prochaine pour convoquer le peuple dans ses comices. Il l’aurait fait déjà si le président du Sénat, Dieuseul Simon Desras, ne lui avait pas demandé un moratoire afin d’essayer, encore une fois, de porter les sénateurs de l’opposition à accepter la proposition de Andris Riché, vice-président du grand Corps. Si d’ici ce week-end au début de la semaine prochaine rien n’est fait, le chef de l’Etat invitera la population à aller voter et fixera la date des élections selon l’article 12 de l’Accord d’El Rancho, a confié vendredi au Nouvelliste un des conseillers du chef de l’Etat joint au téléphone. Michel Martelly accepte la proposition qui consiste à changer deux membres au niveau du CEP et le maintien de Léopold Berlanger et de Me Néhémy Joseph au sein de l’institution électorale. Selon le locataire du palais national, des sénateurs influents lui ont demandé d’attendre la fin de cette semaine pour trouver une solution à la crise. « Comme j’ai toujours priorisé le dialogue, j’ai décidé d’accorder un peu de temps aux sénateurs, mais je  n’aurai pas peur d’avancer seul. Il arrive un moment où l’on sera obligé de prendre la route des élections avec ou sans les amis », a-t-il dit jeudi pendant une visite à Aquin. Pour éviter l’application de l’article 12 l’Accord d’El Rancho, le président du Sénat met tout son poids dans la balance. Après l’échec des discussions entre le chef de l’Etat et les sénateurs à l’hôtel Best Western, Dieuseul Simon Desras multiplie les rencontres et pense pouvoir trouver une solution et éviter que Michel Martelly convoque le peuple dans ses comices avant un dénouement à la crise. « Nous consultons des gens dans plusieurs secteurs afin de voir comment résoudre le problème du CEP incomplet ce week-end ou au début de la semaine prochaine et aborder le vote de l’amendement de la loi électorale », a-t-il dit au Nouvelliste.En ce sens, le sénateur Desras et certains de ses pairs ont déjà rencontré des responsables d’organisations de la société civile. Maintenant, le président du grand Corps utilise son leadership pour porter les sénateurs de l’opposition à « concéder le minimum et préserver l’essentiel dans le cadre d’un consensus politique et mener le pays aux élections à la fin de cette année afin d’éviter une situation d’instabilité et de chaos », a-t-il dit. Parallèlement, en plus de maintenir leur position initiale, les membres du groupe des six compliquent la situation en évoquant maintenant un problème lié à l’environnement électoral. Le sénateur Desras espère pouvoir les porter à changer de position et trouver une solution acceptée par tout le monde. Le parlementaire a confirmé au Nouvelliste qu’après l’échec des discussions à l’hôtel Best Western, il a lui-même demandé au chef de l’Etat un peu de temps avant de convoquer le peuple dans ses comices.« J’ai vu qu’il y a deux anomalies : un CEP incomplet et une loi électorale qui n’existe pas, a-t-il dit. Au moins, il faut arriver à résoudre l’une d’entre elles. C’est en ce sens que j’ai demandé au président de surseoir à cette décision afin de continuer avec les consultations et aboutir à un résultat. Donc, je me bats pour arriver à un consensus…»Des organisations de la société civile favorables à un changement de deux membres au CEPS’il y a une acceptation de la part de l’exécutif pour qu’il y ait deux nouveaux changements, un au niveau des représentants du CSPJ, l’autre au niveau des représentants du Parlement au CEP et la confirmation de Léopold Berlanger et Me Néhémy Joseph à leur poste, le directeur exécutif de l’Initiative de la société civile estime que les parlementaires devraient l’accepter aussi. Le professeur Rosny Desroches, qui a rencontré jeudi à la Chambre haute des sénateurs, a indiqué que le pays ne peut plus attendre.M. Desroches, qui est aussi membre de la commission de suivi de l’Accord d’El Rancho, dit ne pas souhaiter voir le président appeler le peuple en ses comices et du coup appliquer l’article 12 de l’Accord d’El Rancho. Il a indiqué que l’opinion publique n’est pas favorable à l’application de cet article qui est considéré comme une négation de droit constitutionnel du Parlement.Edouard Paultre, responsable du Conseil haïtien des acteurs non étatiques (CONHANE), a estimé également que les sénateurs devraient accepter la proposition de changer deux membres au sein de l’actuel CEP. Cette formule, selon lui, conduira à une institution électorale équilibrée. Il a demandé au chef de l’Etat d’accorder du temps aux sénateurs pour réagir à cette proposition. De l’Accord d’El Rancho à l’échec du Best Western, les acteurs politiques cherchent à avoir un certain droit de contrôle sur l’institution électorale.
Robenson Geffrard
Source: Le Nouvelliste

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