Qui sera le médiateur ?

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L’Office national d’assurance-vieillesse (ONA), institution chargée de gérer l’argent des assurés du secteur privé, est en crise depuis des semaines. Le conflit met face à face la direction de l’institution gérée par Bernard Dégraff et les employés à travers tout le pays. Il ne fait que pénaliser les assurés. Ces retraités du secteur privé qui vivent de leur pension. Le conflit fragilise aussi l’ONA, cette grosse caisse objet de toutes les convoitises.Les employés de l’ONA exigent depuis plusieurs semaines la révocation de Bernard Dégraff pour corruption et malversation. Pourtant, celui-ci se donne un satisfecit. Il a donné une nouvelle santé à l’institution. Institué de nouveaux principes. L’ONA est réputée d'être une vache à lait pour les amis des pouvoirs. De tout temps, parlementaires et autorités ont emprunté des millions de gourdes à l’institution sans toujours rembourser. Il y a aussi un chapelet de scandales dans l’histoire de l’ONA. Dégraff aurait, selon ses dires, stoppé la dégringolade. Tout le monde, dit-il,  ne voit pas d’un bon œil ses œuvres.Le président de la République, Michel Martelly, garant de la bonne marche des institutions du pays, selon la Constitution, le premier ministre Laurent Lamothe et le ministre de tutelle de l’ONA, Charles Jean Jacques, ne se prononcent pas encore sur cette crise. Peut-être qu'ils ne trouvent pas encore la bonne formule pour intervenir. Les autorités se sentent-elles confortables dans cette crise qui mine le bon fonctionnement de l’institution au grand dam des pensionnaires? Laisser pourrir la situation est-elle la meilleure attitude à adopter ? L’appel au calme du Conseil d'administration des organes de sécurité sociale (CAOSS) n’a pas été entendu par les protagonistes. Le ton modéré employé par Bernard Dégraff, dans son dernier avis publié dans la presse, pour inviter les employés à reprendre le boulot n’a pas non plus donné les résultats escomptés. Ignorant l’appel au calme de l’un et de l’autre, les employés contestataires continuent leur mouvement. Il n’y a pas de doute que la blessure par balle, mercredi, du vice-président du syndicat de l’institution, Pierre Martin Dambrévil, selon les médias, par un agent de sécurité rapproché du directeur général, va mettre de l’huile sur le feu. Parallèlement aux employés de l’ONA, plusieurs syndicats d’enseignants appellent à une grève illimitée dans les écoles publiques à partir du 23 avril prochain pour exiger le respect des engagements pris par le gouvernement suite à la paralysie des écoles publiques en janvier dernier. Fraîchement installé, le nouveau ministre de l’Education nationale, Nesmy Manigat, se doit de trouver la bonne formule pour éviter une nouvelle paralysie des lycées et des écoles nationales. Bien entendu, les enseignants ont peu de chance de recevoir ce qui leur avait été promis. Le budget Laleau n’a pas passé l’étape du parlement. Le budget rectificatif de MCJM, la nouvelle ministre de l’Economie et des Finances est en préparation.Vu l’état d’esprit au Parlement, rien ne dit que d’ici septembre il y aura vote et vote positif sur un quelconque budget.Dans les faits, sauf miracle ou détournement de fonds, les enseignants n’auront pas l' augmentation de salaire prévue. Le ministre Manigat pourra-t-il leur parler, leur faire entendre raison ou leur vendre de nouvelles promesses intenables ? Les dernières assisses sur l’éducation avaient-elles évalué ces entraves à la bonne marche su système éducatif ?Avec les vacances pascales, les autorités haïtiennes ont du temps pour réfléchir sur la meilleure décision à prendre afin de trouver une issue à la crise à l’ONA et désamorcer celle des enseignants. Sinon, il leur faudra trouver un médiateur, même si ici l’issue des médiations est très aléatoire.


Jean Pharès Jérôme source: Le Nouvelliste

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