Le désenchantement des Blancs

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La fin de partie à la Préval ou le drame aristidien peut-il se reproduire actuellement? Tout semble l'indiquer malheureusement.La faille essentielle de l'avènement de Michel Martelly au pouvoir tient à ce que sa victoire électorale appuyée par les Blancs était fondée sur une illusion qui soutenait qu'un recours à un candidat, étranger à la classe politique traditionnelle, pouvait offrir une occasion de rompre avec les "vieux démons" de la continuité de type lavalassien et de relancer, de façon ordonnée, le processus de transition démocratique sur la voie des réformes institutionnelles, économiques et même constitutionnelles. Naïfs ou cyniques à l'extrême, les Blancs-y compris les Latinos-,nos bailleurs de fonds et faiseurs de présidents( René Préval en 2006 et Michel Martelly en 2011 peuvent en témoigner), pensaient qu'une présidence fondée sur le renouveau des dirigeants et des politiques publiques aurait plus de chance d'aboutir à des résultats qu'en laissant se perpétuer l'ordre prévalien, qu'ils considéraient comme un compromis entre les lavalassiens modérés, pragmatiques et le secteur privé, la frange la moins corrompue ou mafieuse. Ils imaginaient ainsi engager une rupture profonde avec cet ordre tant décrié et sclérosé tout en maintenant la stabilité politique grâce à l'appui des forces vives du pays.L'ordre nouveau se serait appuyé sur l'intégrité et les compétences, l'expérience et le patriotisme d'une équipe investie d'un leadership éclairé et légaliste pour assurer la gouvernance, dans la paix et la transparence, sans affrontements perpétuels avec le Parlement et l'opposition, sans processus électoral explosif, sans sombres perspectives d'avenir.En Haiti, les difficultés réelles de ces derniers mois pour initier un processus électoral viable prouvent, une fois de plus, que ne se dessinera pas de sitôt ce nouvel ordre tant souhaité, cette démocratie stable et propice au progrès économique, surtout avec des illusions grossières ou des décideurs embourbés dans des combines politico-affairistes, qui se dédouanent de leurs responsabilités dans la gestion désastreuse du pays. Car le désenchantement, dans ces cas-là, peut être funeste. Une chose est sûre et ce n'est pas une illusion, la plus grande menace qui pèse sur le pays reste la polarisation extrême des forces politiques.
 
Pierre Raymond Dumas
Source: Le Nouvelliste

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