Lambert : « Démission? Elles ont été prévenues »

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Un ministre démissionne ou le gouvernement procède à un remaniement ministériel, c'est comme un fait divers pour l'ancien sénateur Joseph Lambert. Quelle que soit la personnalité dont il s'agit et pour quelque motif que ce soit. « Un ministre, c'est l'expression politique d'un moment politique », tranche le conseiller spécial du président de la République.Dans le cas de Marie Carmelle Jean-Marie, sa « rigueur » a été évoquée comme un handicap pour le gouvernement, ce qui serait à la base de sa démission cette semaine. « C'est le gouvernement qui avait demandé à madame Jean-Marie d'être rigoureuse dans son travail. Sinon elle aurait été renvoyée », a indiqué vendredi Joseph Lambert qui ne semble pas apprécier la qualité de « rigueur » attribuée à l'ex-ministre de l'Economie et des Finances.Pour remplacer MJCM : Wilson Laleau, qui occupe le portefeuille du ministre du Commerce. Au cours du dernier Conseil des ministres, ils ont eu même une altercation. L'on ignore les causes de cette mésentente, mais Joseph Lambert a confirmé. « Il n'y avait pas que ça », souligne M. Lambert.Madame « rigueur » s'en va et monsieur « flexible » s'en vient ? Pas vraiment, pour l'ancien sénateur Joseph Lambert. D'après lui, c'est une question de compétence et non de caractère. « Ce sera toujours la même rigueur, la même vision, défend-il. Madame Jean-Marie ne faisait qu'appliquer la politique et la vision du gouvernement. »Selon le conseiller du chef de l'Etat, c'est le gouvernement qui a sollicité la démission des ministres des Finances et de la Communication. « Elles ont été prévenues, elles ont donc choisi de démissionner », a avancé Joseph Lambert. Paradoxalement, l'ancien sénateur indique un peu plus loin que la ministre avait le soutien « total » de ses pairs et du gouvernement, contrairement à ce qui est évoqué dans sa lettre de démission. « Elle n'a perdu le soutien de ses pairs qu'après sa démission (...) Il faut chercher les causes du départ ailleurs, et non dans  le blablabla », a lancé Joseph Lambert. « Le chef du gouvernement doit pouvoir rétablir les faits pour l'histoire et pour la vérité. En fait, si j'étais à sa place, c'est ce que je ferais », a souligné l'ancien sénateur qui aime déplacer les pions. Comme aux échecs.D'aucuns disent que le pouvoir voulait que le ministre décaisse de l'argent pour des dépenses « inutiles », le conseiller spécial du chef de l'Etat rejette ces accusations. « Ce sont des gens qui ne maîtrisent pas l'administration publique, estime l'ancien homme fort du Parlement. Les parlementaires sont là pour contrôler les dépenses du gouvernement. Ils peuvent convoquer, entre autres, le directeur du budget quand ils le veulent afin de s'informer sur les dépenses. »Alors que Joseph Lambert tente de minimiser le départ de MCJM, il a déclaré cependant que cette décision aura des impacts négatifs sur le pays. Un paradoxe si c'est effectivement le gouvernement qui a sollicité la démission du ministre. « Je ne lis pas ce qu'elle a écrit dans sa lettre, mais j'essaie de comprendre entre les lignes les conséquences. Son départ aura des impacts sur le pays. C'est certain », a soutenu le proche du chef de l'Etat.L'arrêté sur le CTCEP, c'est pour bientôtPar ailleurs, en ce qui a trait à la formation du Collège transitoire du Conseil électoral permanent, l'ancien parlementaire recadré au palais national a confié que l'arrêté présidentiel est déjà signé et a été acheminé aux presses nationales. « Cela ne va pas prendre une semaine ni une éternité pour être publié, mais je ne veux pas non plus anticiper sur la date », a fait savoir M. Lambert, qui apprécie comme tant d'autres « Assistance mortelle », le dernier documentaire du réalisateur haïtien Raoul Peck sur l'aide internationale après le tremblement de terre en Haïti.« Je suis fier de Raoul Peck. Il m'a permis de mieux comprendre la situation du président Préval (...). La gestion politique en Haïti est extrêmement compliquée. Le documentaire devrait être traduit en créole et distribué dans les différentes régions du pays, dans les écoles... », estime le conseiller du président Martelly, qui assume sa présence à côté de ce dernier.Pour cette raison, M. Lambert n'aime pas que l'on banalise les petits projets du gouvernement et les initiatives du chef de l'Etat. « Au lieu de les banaliser, il faut de préférence les encourager », recommande le futur candidat au Sénat. L'ancien sénateur n'a pas raté l'occasion de s'en prendre également à Nigel Fischer  qui a laissé entendre que le pays n'était pas effectivement ouvert aux affaires, contrairement à ce que claironnent un peu partout le chef de l'Etat et celui gouvernement.  Joseph Lambert a critiqué M. Fischer pour des intérêts politiques immédiats de l'International » qu'il  défend.« Jude Célestin a bien gagné les élections »Quoique Joseph Lambert travaille aujourd'hui avec Michel Martelly, il a encore admis que c'est l'ancien candidat de la plateforme « Inite », Jude Célestin, qui a gagné les élections. « CNN (en espagnol) avait donné Jude gagnant avec 52%. Il avait effectivement gagné. Je l'ai d'ailleurs écrit dans mon livre », a encore soutenu le conseiller spécial du chef de l'Etat.« CNN (en anglais) n'avait cependant rien dit. Nous nous sommes réunis et nous avons réalisé que quelque chose allait se passer. Michel Martelly, en bon intelligent, a piraté le pouvoir. Quand madame Manigat a réagi, c'était bien trop tard », a ajouté Joseph Lambert.Avec lui, rester fidèle à son parti ou son regroupement politique n'est pas la meilleure formule. « Politique nouvelle, stratégie nouvelle »,  soutient-il.
Valery Daudier - Le Nouvelliste

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