Laleau l'alchimiste

Publié
6 années ago
Dernière mise à jour
1 année ago
246 views
Time to
read
1’

Wilson Laleau a été nommé ministre de l'Economie et des Finances. Celui à qui le poste de Premier ministre, puis celui de ministre de l'Economie et des Finances étaient promis (c'est Joseph Lambert qui l'a dit sur Magik 9 vendredi) dès les premiers jours de la constitution du premier gouvernement Martelly s'installe dans le fauteuil encore chaud de Marie Carmelle Jean-Marie.Le fauteuil est si chaud que l'installation du nouveau ministre annoncée pour ce vendredi a été reportée à mardi, sans explication des autorités.Le professeur Laleau, l'universitaire de l'équipe Tèt Kale, ancien vice-recteur de la turbulente Université d'Etat d'Haïti, a toujours un discours cohérent sur les grandes lignes de l'introuvable politique économique qu'Haïti devrait suivre pour sortir des ornières du sous-développement. Il va avoir en main les leviers pour transformer nos maigres ressources en progrès radieux.Super ministre, il contrôle l'Economie et les Finances, le Commerce et l'Industrie, deux portefeuilles donnant accès aux fonds et aux rêves. Il a la confiance du Premier ministre et la sympathie de tous ceux qui savent qu'il défendra la vision du président Martelly. Ainsi armé, Laleau sera-t-il l'alchimiste de la transmutation ?Déjà, il devra, comme son prédécesseur, trouver les moyens budgétaires pour satisfaire les ambitions d'un pouvoir qui voit tout en grand et de collègues qui veulent mettre en avant leurs projets. Laleau en sait long. N'a-t-il pas été celui par qui sont arrivés les derniers clashs en Conseil des ministres avec Marie Carmelle Jean-Marie sur des questions d'allocations, d'arbitrages et de stratégies...?Laleau, qui a vécu des passages à vide comme des succès, connaît la fragilité des destins publics et les subtilités de la chose politique, lui qui fait partie de la courte liste des plus anciens ministres du régime Martelly. A son bagage personnel s'ajoutent les charges du délicat poste qu'il s'apprête à occuper.En Haïti, tout ministre de l'Economie et des Finances se retrouve coincé entre des demandes multiples, des attentes exorbitantes, les engagements d'Haïti envers les institutions internationales et la faiblesse des moyens. Laleau laisse un petit ministère (il en est encore le titulaire), celui du Commerce et de l'Industrie, pour un mastodonte aux pieds d'argile.Du haut de son fauteuil de ministre des Finances, sitôt installé, Wilson Laleau aura à contempler des faiblesses réelles plus que les potentielles forces du pays. Toucher le fond de la caisse plus souvent que la corne d'abondance. Les prévisions de croissance du produit intérieur brut (PIB) viennent d'être révisées à la baisse ; les recettes publiques accusent déjà un déficit de quelques milliards ; l'avenir de PetroCaribe ne se joue pas en Haïti ; l'aide internationale a montré toutes les limites de ses promesses depuis trois ans ; et l'image d'Haïti n'est pas au beau fixe.C'est avec ce bilan de départ que commence le règne du quatrième ministre de l'Economie et des Finances depuis le 14 mai 2011. Le temps n'est plus à la rhétorique ni à la magie. Au travail !
Frantz Duval Rédacteur en chef du Nouvelliste

Animateur (s)

Portrait de Anne Merline Eugene
La Mafia existe
1 année 6 mois ago
Portrait de Jacques Adler Jean Pierre
Agenda Culturel RTVC - 20 Avril 2017
2 années 7 mois ago