Roxane Ledan Dans l'objectif de Taïno L.

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Son dynamisme est doté de courage et d’énergie. Son air taquin aussi vivant que ses paroles méditées campe une femme active et réfléchie. Voix grave, mine affable, Roxane Ledan, d’humeur complaisante, partage ses émotions au premier coup de vent. Au secrétariat de rédaction de Ticket où se déroule l’entrevue, madame étale ses sourires. De la porte d’entrée au petit bureau où elle est attendue, la native des Cayes s’était déjà présentée à tout le monde en traversant la salle en trombe. « Vous savez qui je suis (…). Et ça fait longtemps que vous me devez cet interview », ponctue Roxane, son sac porté au pli du coude.Pendentifs et bracelets artisanaux créolisent son élégance discrète. Tresses couleur brique, yeux revolver celés par des verres à la monture rouge grenat, la quadragénaire habite une femme captivante jusqu’au bout des ongles. Son t-shirt sexy matche son rouge à lèvres et laisse entrevoir un tatouage à l’épaule. « J’ai de quoi remplir deux pages du journal. C’est un minimum que je mérite pour toutes mes réalisations », se complimente Roxane qui se lance dans un one-woman-show de blagues croustillantes entrecoupées du récit de son parcours. « Depuis toute petite, dès l’âge de neuf ans, je ne ratais jamais l’occasion de faire des petites photos souvenirs lorsque mes frères et sœurs rentraient de Port-au-Prince avec les caméras de leurs amis pendant les vacances. Et c’est là que je commençais à m’amuser passionnément à la photographie. En plus, du fait que je viens d’une superbe ville qui a beaucoup à voir, du lever au coucher du soleil, je ne manquais pas les belles vues à photographier », raconte la benjamine de la famille Ledan, le regard fixe et un accent nasal. « J’étais toujours près des plages, au bord des rivières, parce que j’étais fascinée par le paysage de ma ville natale », s’éblouit Roxane, qui estime qu’elle a une bonne mémoire visuelle. Si on me dit quelque chose je ne vais pas pouvoir me rappeler. Mais dès que mon œil se pose sur un truc d’intérêt, à ce moment c’est mémorisé vite fait, comme un capteur d’images. »Dans les années 90, Roxane bénéficie de nouvelles caméras que ses cousins lui ont léguées. La jeune femme d’alors voit dérouler sous ses pieds le tapis d’une aventure prometteuse. Arrivée à Port-au-Prince, l’aspirante se sent pousser des ailes le jour où elle emprunte les chemins du CEPEC (Centre d’Etudes Photographiques et Cinématographiques) à la ruelle Vaillant pour des formations professionnelles bouclées en 1992. « J’ai poursuivi mes études photographiques au Nikon School of Photography à Fort Lauderdale en 2005, où j’ai été introduite à la photographie digitale. Puis en 2007, je suis revenue au CEPEC pour un séminaire de maîtrise sur le digital », détaille la jeune sœur de Jean Ledan Fils, écrivain de renom.Résolue, son amour pour ce métier grandit au fil du temps, et la séduit à aller de l’avant. En février 2010, plus fidèle que jamais, Taino L reprend son sac d’école et poursuit des études perfectionnées en photographie et en recherche et documentation à l’Université de Montréal.Ses expériences vivement manifestées sur le terrain par le biais de séminaires, conférences et de recherches allaient être récompensées. Elles occasionneront à « Taino L », qui a eu le privilège de faire la Une de Cultura, un journal dominicain, le mérite de poser ses bagages en République Dominicaine, Montréal, New York, Miami, Washington DC, Bruxelles, Paris, Madrid et Bali. Des voyages de cadre effectués pour des activités dans le domaine photographique : membre de jury de concours, expositions, recueil de photos, reportages photos et vidéos et documentaires (notammentceux réalisés en partenariat avec l’UNIFEM, une agence spécialisée de l’Organisation des Nations unies ; et la chaîne de télévision franco-allemande ARTE).« Je fais la promotion des valeurs culturelles d’Haïti. Je ne me suis pas écartée de cette mission que je me suis fixée il y a de cela dix ans », articule Roxane, revenant sur son serment d’allégeance. De ses premiers pas en 2002 aux marches de sa plus récente exposition de photos tenue le week-end écoulé sur la Route de l’Amitié menant à Jacmel, Taino L bâtit sa notoriété en pyramide. A travers cette activité réalisée en collaboration avec l’Alliance Française de la métropole du Sud-Est dans le cadre du Festival de l’Amitié, l’interprète des splendeurs voilées d’Haïti à travers les images enchaîne ses dix ans en beauté.« Je n’ai pas de vie personnelle, si ce n’est la photographie de la culture haïtienne, élude Roxane, mère d’une fille, refusant de parler de sa vie privée. Au point où on en est, ma vie professionnelle est devenue personnelle à force d’embrasser ce métier. »« J’en ai assez d’entendre la presse internationale dénigrer le pays, comme si on n’avait rien de bon chez nous », se plaint l’amoureuse de l’ancienne Perle des Antilles.
Dimitry Nader Orisma
Source: Ticket

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