Haïti-Médias : Des organisations assimilent à « un acte politique » la fermeture de Rvkm aux Cayes

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Qualifiant d’ "acte politique" la fermeture de la station Voix Claudy Museau (Radyo Vwa Klodi Mizo / Rvkm) aux Cayes (Sud), plusieurs organisations du mouvement social haïtien, dont l’Asosyasyon kominikatèz ak kominikatè popilè (association des communicatrices et communicateurs populaires / Akp) et le mouvement démocratique populaire (Modep) pointent du doigt l’actuelle administration politique en Haïti.
Le vendredi 9 novembre 2012, alors que le chef de l’État Joseph Michel Martelly est en tournée dans la ville des Cayes, des scellés sont apposés sur Rvkm - émettant depuis 1996 aux Cayes - par la suppléante juge de paix des Cayes, Marie Yvette Fénelon, accompagnée d’agents de la police nationale, d’un inspecteur de l’administration centrale du conseil national des télécommunications (Conatel), Romel Joseph, d’un avocat de l’institution, Jocelyn Philippe, et d’un responsable local.
« Cette radio est la voix des classes défavorisées dans le Sud. Aussi, ses émissions dérangent-elles les autorités, qui bluffent, qui gaspillent les deniers publics, qui tentent de corrompre la population en lui offrant argent et nourriture pour ne pas manifester. Aussi, croyons-nous que c’est un acte politique », indique une note transmise à AlterPresse.
Le sendika travayè anseyan inivèsite Ayiti (syndicat des travailleurs enseignants universitaires d’Haïti / Staia, ) et l’organisation Chandèl ont aussi paraphé ce document, dans lequel les organisations disent appuyer toute mobilisation de la population cayenne contre le pouvoir pour que « Radio Voix Claudy Museau » retrouve la voie des ondes hertziennes.
« La levée des scellés par l’administration Martelly-Lamothe ; le vote rapide du projet de loi sur les radios communautaires ; initiatives pour forcer le pouvoir à respecter les droits fondamentaux de la population » sont les principales revendications des organisations signataires.
Elles appellent à une protestation nationale contre la « menace à l’encontre des libertés publiques, en général, et de la liberté d’expression, en particulier ».
A la station émettant sur le 96.5 FM aux Cayes, est reprochée l’absence d’une autorisation de fonctionnement du Conatel.
Apparues en Haïti à partir des années 1990, les stations de radio dites communautaires fonctionnent, jusque-là, sur la base d’un accord trouvé entre les autorités politiques et l’organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco).
« Le projet de loi sur le statut et le fonctionnement des radios communautaires pourrit dans les tiroirs depuis environ 6 années », déplore les signataires.
Les organisations se demandent est-ce la façon originale du pouvoir politique en place de normaliser ses relations avec la presse ?
Depuis la période de campagne électorale pour le deuxième tour de la présidentielle 2011, Martelly ne rate jamais une occasion de tirer à boulets rouges sur la presse.
A titre d’exemples, il convient de rappeler : « laisse-le venir, il est en mission », lancé au journaliste Gotson Pierre dans les débats face à Mirlande Hyppolite Manigat ; « taisez-vous » ; le « kuipe » (geste de dédain) à l’endroit du journaliste Eddy Jackson Alexis ; « je n’écoute pas les radios, je n’écoute pas vos nouvelles » frappé de plein fouet au visage de responsables de médias au palais national le 3 mai 2012, à l’occasion de la journée mondiale de la liberté de la presse.
Depuis plusieurs mois, le bruit court autour de velléités de l’actuelle administration politique de procéder, purement et simplement, à la fermeture des stations de radios communautaires, pour le fonctionnement desquelles il n’existe aucune législation à date.
La radio Voix Claudy Museau (Rvkm) est une station de radio communautaire, engagée dans la lutte pour le respect des droits fondamentaux et une nouvelle politique dans la gestion publique.
Elle a été fondée le 1er mai 1996 par le « Mouvman inite Pèp Okay (mouvement de l’unité du peuple des Cayes / Mipak ) ».
Cet « outil de communication populaire des classes opprimées du département du Sud d’Haïti » porte le nom du professeur Jean Claude (alias Claudy) Museau, mort le 8 janvier 1992 des suites de mauvais traitements perpétrés sur sa personne par des militaires putschistes de 1991 contre Jean-Bertrand Aristide et certaines autorités de l’époque de la ville des Cayes. [efd kft rc apr 14/11/2012 9:15] Alter Presse

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