Ainsi vont les colloques

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Le président Michel Martelly a inauguré mardi un hôpital universitaire à Mirebalais. Autorités locales, simples citoyens n’ont pas caché leur satisfaction de voir leur commune dotée d’une telle institution. Ils étaient visiblement fiers et enthousiastes d’accueillir le président de la République. Ils ont chaudement applaudi le discours apparemment improvisé du chef de l’Etat. Celui-ci a vanté les progrès enregistrés dans l’amélioration des conditions de vie de la population depuis son arrivée au pouvoir. « Plus d’enfants vont à l’école, Lascahobas est électrifiée, la corruption est combattue avec la dernière rigueur…. », a dit le président Martelly devant une assistance acquise à sa cause.
Ayant débuté avec deux heures de retard, la cérémonie a dû être écourtée. Il est déjà 4h et le président est attendu à 6h au Karibe pour ouvrir le colloque sur la pauvreté extrême. Le président Martelly prend congé de l’assistance en promettant de travailler pour améliorer davantage leurs conditions de vie. Le colloque, d’après lui, en est la preuve.
La lecture du président est sans doute différente de celle de ceux qui pensent qu’on a organisé suffisamment de colloques dans ce pays. De colloque en colloque, la situation du pays reste ce qu’elle est depuis des décennies. Les problèmes environnementaux s’accentuent. Nos institutions s’affaiblissent. L’insécurité alimentaire gagne du terrain. En bref, le pays devient de plus en plus vulnérable dans tous les domaines.
Pourtant, si on comptabilise le nombre de colloques organisés au cours des dernières années, on sera peut-être surpris du résultat. A quoi servent jusqu’ici les multiples documents produits ? Qui ne se rappelle pas le Cadre de coopération intérimaire (CCI), le Document de stratégie national pour la croissance et la réduction de la pauvreté (DSNCRP), pour ne citer que ceux-là?
On redit, dans la plupart des cas, les mêmes choses. On fait venir des experts pour nous donner du courage ou nous faire des propositions parfois surréalistes. On prend des résolutions pour les oublier ensuite dans des tiroirs. Puis, on se met à préparer le nouveau colloque.
Si la situation de la population haïtienne est ce qu’elle est aujourd’hui, ce n’est pas par faute d’organiser des colloques. Cela est dû de préférence au fait que nos décideurs n’ont pas su donner suite aux résolutions adoptées lors de ces colloques.
Le colloque sur l’extrême pauvreté organisé sur quatre jours réunit de hautes personnalités nationales et internationales, dont le président de la Banque mondiale, le Dr Jim Yong Kim. Peut-être que le document qui en sortira n’aura pas le même sort que ceux produits à l’issue des précédents colloques. Peut-être qu’il en sortira de nouvelles idées pour améliorer les conditions de vie de la population haïtienne ; de nouvelles idées pour réduire le taux du chômage, permettre aux gens de manger à leur faim, améliorer l’environnement physique du pays, relancer la production nationale, en d'autres termes, nous rendre  moins vulnérables aux catastrophes naturelles.  
Jean Pharès Jérôme
Source: Le Nouvelliste

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