Rigueur ou représailles fiscales?

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La nouvelle du jour est une grosse surprise. La grosse nouvelle du jour n'est pas une surprise.
La surprise: le carnaval des fleurs rapporte vingt millions et quelque gourdes au Trésor public. C'est une première. Un miracle. Un tour de magie.
Personne n'y croit, mais c'est officiel.
Le carnaval est devenu une activité qui rapporte des sous à l'Etat.
Depuis le temps de la colonie, aucun comité, aucun ministre, aucun gouvernement n'avait réussi un tel... les mots manquent pour qualifier cette divine transformation d'un puits sans fond en bas de laine garni.
Il a fallu une conférence de presse très officielle pour convaincre que la rumeur n'en est pas une. Les gourdes sont bien au chaud dans les caisses de l'Etat. Même la dette laissée par le carnaval des Cayes a été effacée, payée, réglée.
Avec une si bonne opération, vivement un carnaval chaque mois!
Parlant des caisses de l'Etat, c'est pour les remplir que des interdictions de départ contre des entrepreneurs retardataires-contestataires-réfractaires ont été lancées.
La nouvelle du jour n'est pas une surprise : l'interdiction de départ contre des hommes d'affaires connus est effective.
Le premier stoppé à l'aéroport, André Apaid Jr, n'est pas m'importe qui, mais le commissaire du gouvernement avait prévenu dès vendredi, la DGI depuis une semaine, que des filets sont en place aux frontières.
Jean Bertrand Aristide en 1991 avait publié des listes, vingt ans plus tard Martelly-Lamothe menace et agisse.
Le gouvernement insiste pour dire que seule la loi guide son action. Pas l'once d'une motivation politique. Tout cette affaire est fiscale et seulement fiscale.
Pas de règlement de compte, pas de représailles, pas de mauvaise lecture, pas de grève du zèle. La loi et rien que la loi, jurent, la main sur le cœur, les responsables politiques qui s'attaquent aux portefeuilles des hommes d'affaires et mettent à mal des réputations et des entreprises.
Au milieu de la liste, des voix s'élèvent. Il y a des abus. Des méprises. Des mécomptes.
Les acteurs de cette chasse aux mauvais payeurs se rendent-ils compte qu'une erreur avérée décrédibilisera tout l'échafaudage? Risque de reléguer aux calandres haïtiennes les reformes et l'envie de faire autrement?
Sont-ils autant prêts à présenter excuses et réparations qu'à encaisser ce qui est dû au fisc?
Chaque contribuable doit aussi, en son âme et conscience, se questionner sur ses dettes envers l'Etat et la nation?  
Chacun doit faire ses devoirs, gueuler sa bonne foi et défendre ses droits, avant de s'asseoir sous un ciel serein et se demander quel temps fera-t-il demain.
Frantz Duval
Le Nouvelliste

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