Yves Jean-Bart livre ses impressions

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Le Matin : Président, votre point de vue après la qualification des U-20 féminins. Yves Jean-Bart : Cette qualification, au-delà de la victoire sur la Jamaïque (1-0), nous apporte une grande satisfaction. De plus, les larges victoires sur la République dominicaine (4-0) et aux dépens des Îles Caïmans (3-0) sont quelque chose de très intéressant. D’abord, nous battons les Jamaïcaines qui étaient jusqu’à présent les incontestables no1 en football féminin dans la zone et nous mettons à mal nos voisines de l’île qui nous ont toujours compliqué la vie dans cette catégorie d’âge. L’autre satisfaction est que c’est la première fois que nous nous qualifions chez les filles dans cette catégorie de jeunes. Je suis content pour les filles qui viennent en moins de deux mois de franchir deux tours de championnat du monde de la Fifa. Elles ont effectué seulement quinze jours de préparation et elles ont fait de gros sacrifices en travaillant même le jour de Noël et le jour de l’An pour se préparer pour ce tournoi. Elles étaient vraiment motivées à l’idée d’affronter la Jamaïque, histoire de « venger » nos U-17 masculins si mal accueillis à Montego Bay l’an passé. Maintenant, elles s’apprêtent à livrer la dernière bataille pour décrocher l’un des billets pour la Coupe du monde féminine d’Ouzbékistan. Je souhaite qu’elles continuent à épater le monde du football lors de la dernière phase des éliminatoires. LM : Comment comptez-vous préparer le dernier tour ? YJB : Nous allons nous mettre au travail pour préparer le tour final de la Concacaf qui se joue au Panama du 1er au 11 mars 2012. J’espère que cette fois on aura de meilleures ressources pour mener à bien cette préparation. Comme vous le savez, dans la foulée de l’élimination de l’équipe nationale masculine senior pour Brésil 2014, il a y eu une désaffection autour du football. Nous avons frappé à toutes les portes, sans succès, même pour nous entraîner. Cela a été pénible et en Haïti réunir une équipe nationale avec ces filles venant de toutes les régions avec en plus trois à quatre autres venant de l’étranger coûte beaucoup. Tant que l’État n’a pas un budget pour les sélections nationales pour compléter ce que la Fédération trouve auprès des sponsors, nos résultats internationaux seront aléatoires, malgré les talents et la détermination de nos footballeurs. Heureusement, ces filles qui avaient déjà été distinguées par CNN et ESPN pour leur courage et qui avaient reçu en 2010 le prix mondial fair-play de la Fifa, ont fait montre de courage. Pour bien nous préparer, nous devrons bâtir un plan de travail qui tienne compte de la scolarité des ces enfants, de nos faibles moyens et surtout de nos lacunes. En République dominicaine, la sélection a surtout démontré du courage, un gros cœur mais peu de jeu malgré les talents. Le directeur technique national nous a promis de se pencher sur cet aspect car, pour espérer nous en tirer au 3e tour, on doit élever notre niveau de jeu. LM : Pensez-vous que les filles seniors vont suivre leur cadettes ? YJB : On veut espérer une qualification même si le niveau sera loin d’être le même. Car, à Vancouver, il s’agit du tour final de qualification des Jeux de Londres qui réunit les huit meilleures équipes de la zone, dont trois grandes du football mondial y seront. Ensuite, il y a les conditions de jeu dans l’hiver canadien. On annonce des températures glaciales de -50 degrés. Par contre, l’essentiel est d’être ambitieux. Mais je dois avouer que la préparation a débuté très tardivement et qu’elle s’est poursuivie dans un contexte difficile avec des pénuries inimaginables pour une équipe nationale. On avait même pensé à un forfait mais les conséquences seraient tellement graves pour notre football féminin que nous luttons afin de le faire jouer dans le pays. Je peux vous avouer que ces deux qualifications de nos filles prouvent que notre stratégie pour le football féminin est bonne et que nos investissements au niveau des jeunes n’ont pas été vains, surtout avec la superligue féminine Digicel. LM : Maintenant parlons des élections. Pouvez-vous énumérer les membres de votre cartel pour les élections du 29 janvier prochain ? YJB : Ce n’est pas mon cartel, mais plutôt le « cartel héritage ». C’est notre obsession depuis quelque temps : laisser un patrimoine, construire un héritage à laisser au football haïtien. Nous continuerons de faire ce qui n’avait jamais été fait auparavant, à savoir des compétitions nationales qui touchent tout le pays, qui commencent et qui s’achèvent. Des saisons désormais régulières qui respectent les normes de la Fifa et les calendriers internationaux. Des stades améliorés, progressivement équipés pour nocturne. Une fédération qui possède désormais son siège social moderne et équipé, son centre d’entraînement, qui planifie son développement sur dix ans et qui accueille et forme désormais dans une académie moderne les joueurs de demain, dès l’âge de 13 ans. Une institution qui place de plus en plus de jeunes joueurs qui signent comme professionnels à l’étranger, donnant un exemple propre de lutte contre la pauvreté, des footballeurs jeunes ou seniors qui voyagent partout dans le monde et qui ne se « sauvent » plus dès qu’ils font escale dans un pays riche, des jeunes qui fréquentent les grandes compétitions internationales régulièrement et parfois avec brio (Coupe du monde U-17 en 2007 en Corée du Sud et médaillés aux Jeux mondiaux de la jeunesse à Singapour en 2010), une équipe nationale malheureuse mais brillante, qui donne du plaisir à son public, un équipementier de renommée mondiale (Adidas) pour habiller nos sélections nationales, une initiation commençant chez nos jeunes footballeurs désormais à six ans. Des championnats nationaux de jeunes, filles et garçons, 12-15 ans, puissants facteurs de lutte contre la délinquance et les fléaux menaçant nos jeunes. Des arbitres, aussi bien des hommes et des femmes, qui réussissent tous les tests de la Fifa et qui sont sélectionnés même pour des matches de Coupe du monde. Une honnêteté et un respect consacrés au niveau international (deux prix mondiaux Fifa en 2004 et en 2010 pour notre compétence et notre dévouement à développer le football dans des conditions d’adversité exceptionnelles). Quoi encore ? Une sélection nationale qui est invitée partout dans le monde (Argentine, Qatar, Équateur, Colombie, Chili, Pérou, États-Unis, bref un football qui est vivant et qui avance dans un pays dernier dans toutes les statistiques mondiales, etc. L’éducation, la formation permanente à tous les niveaux, incluant tous les travailleurs de football, des coaches jusqu’aux journalistes. Un héritage que nous voulons fabuleux dans un pays en dérive. Pour revenir à la question de la composition du cartel, disons qu’on doit attendre la publication de la liste des candidats agrées par la Commission électorale. Nous avons déposé le document de composition du cartel ainsi que tous les documents d’appui, à savoir les lettres de support des deux clubs qui appuient chaque candidat (nous avons fait mieux avec près de 6-7 clubs pour chacun de nos candidats), les documentes demandés pour une activité bénévole et nous attendons le verdict avant de rendre public le cartel. Mais je vous assure que des personnalités ayant une longue carrière dans le jeu et qui se recommandent par leurs compétences dans diverses disciplines rejoindront notre groupe. Nous avons fait appel à des spécialistes venant de divers secteurs pour nous aider à faire des corrections. Le temps des amateurs qui s’improvisaient « dirigeants fédéraux » ou qui étaient des anonymes propulsés du jour au lendemain au bureau fédéral sans avoir une expérience positive et une référence de travail en club est révolue. Désormais, devenir membre de la FHF doit être le prolongement d’une carrière et d’un parcours entamés depuis de longues années en club. Le football compte des dirigeants remarquables, passionnés et qui connaissent le football. Nous avons su convaincre quelques-uns à nous rejoindre dans notre croisade pour développer le jeu, l’étendre partout pour changer le pays. LM : Ces élections auront lieu dans quel endroit ? Yves Jean-Bart : Nous avons depuis l’an dernier notre « Home de la FHF », le magnifique complexe que nous construisons, le Centre Joseph Blatter, à la Croix-des-Bouquets. Comme en août dernier, nos installations ont reçu cette grande manifestation de la vitalité de notre Fédération. Nos dirigeants et les visiteurs sont émerveillés chaque fois qu’il leur arrive de visiter ce centre qu’avec patience nous avons construit pour laisser, après le stade Sylvio Cator que nous venons de rénover complètement, une œuvre dont tous les Haïtiens seront vraiment fiers.
Propos recueillis par Gérald Bordes

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