Gassant, un témoin à charge

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La retraite à la plage des ministres et secrétaires d'État, sous l'oeil vigilant du Premier ministre Garry Conille, retarde la commission sénatoriale chargée de fixer les responsabilités dans la brève incarcération du député Arnel Bélizaire. Le chef du gouvernement, les ministres et secrétaires d'État ciblés par les sénateurs-enquêteurs ne seront pas disponibles avant le 14 novembre - soit la veille de la séance d'interpellation de deux membres du gouvernement -, pour déposer devant la commission. Ces derniers, selon le calendrier défini préalablement, devront répondre, ce vendredi, aux questions de la commission de cinq sénateurs. « Ralph Théano, ministre chargé des relations avec le Parlement, a négocié la date du 14 novembre pour interroger les ministres concernés », a informé le sénateur Jean William Jeanty, président de ladite commission. Ce retard de trois jours, dit-il, pourrait pousser la commission à solliciter un report de la séance d'interpellation auprès du bureau du Sénat. Le rapport de la commission composée, entre autres, des sénateurs François Annick Joseph et Dieuseul Simon Desras, doit présenter son rapport à l'Assemblée, qui décidera, à son tour, d'une motion de censure ou d'un vote de confiance au ministre de la Justice, Josué Pierre-Louis, et au secrétaire d'État aux Affaires étrangères, Michel Brunache. Mayard-Paul désapprouvé ?  La commission d'enquête spéciale est, entre-temps, tombée sur un ancien chef du parquet, Claudy Gassant, qui se trouvait à l'aéroport Toussaint Louverture le jour de l'arrestation du député Arnel Bélizaire au pied de l'avion qui le ramenait de la Guadeloupe. « Le ministre de l'Intérieur, des Collectivités territoriales et de la Défense nationale Thierry Mayard-Paul, doit dire la vérité dans ce qui s'est passé à l'aéroport et présenter ses excuses à la nation », a lâché Gassant, après avoir déposé devant la commission d'enquête. Le ministre, qui aurait joué un rôle important dans l'arrestation du député Bélizaire, selon certains parlementaires, a clamé, il y a une semaine, son innocence devant le Sénat. « J'étais à l'aéroport, le 27 octobre dernier, pour accompagner ma femme qui voyageait », a plaidé le ministre Mayard-Paul. La carte d'embarquement de son épouse et la réservation du billet d'avion brandies devant l'Assemblée ne sont pas suffisantes pour convaincre Claudy Gassant qui s'est gardé de décrire à la presse le rôle qu'aurait joué l'ex-chef de cabinet de Martelly. Léger, chargé d'affaires pressenti Un autre ancien chef du parquet, Félix Léger, qui a ordonné à la Direction centrale de la police judiciaire (Dcpj) l'arrestation d'Arnel Bélizaire, « refuse de collaborer avec les membres de la commission », a déploré le sénateur Jeanty. « Il se cache derrière des artifices juridiques pour ne pas répondre aux questions », a révélé le sénateur des Nippes, qui dit en avoir pris acte. Membre de la commission d'enquête spéciale, le sénateur John Joël Joseph a déploré l'attitude de l'ex-commissaire du gouvernement de Port-au-Prince, qui refuse de répondre à certaines questions. Félix Léger, dit-il, pourrait être bientôt nommé chargé d'affaires à l'étranger pour services rendus. « C'est ce qui aurait motivé son refus de collaborer », selon la déduction du sénateur de l'Ouest. Félix Léger, a tempêté John Joël Joseph, n'a aucun respect pour les institutions du pays. Le jour de l'arrestation du député Arnel Bélizaire, rapporte le parlementaire, Félix Léger aurait nié l'existence d'un article de la Constitution garantissant une quelconque immunité parlementaire. Le directeur général de la Police nationale, Mario Andrésol, et le directeur de la police judiciaire, Godson Orélus, figurent parmi les premières personnes interrogées par la commission sénatoriale. « L'ordre d'arrestation du député a été émis par Félix Léger », a déclaré, sans langue de bois, le responsable de la police judiciaire. La police, a-t-il expliqué, n'a pas à décider de la légalité d'un ordre du parquet dont elle est le bras armé. Mario Andrésol n'a pas répondu, pour sa part, aux questions des journalistes accrédités au Parlement. Le chef de la police a révélé au Sénat, la semaine dernière, que l'ordre de transfert du député Arnel Bélizaire venait du ministre de la Justice et de la Sécurité publique, Josué Pierre-Louis, dont le fauteuil demeure branlant. Claude Gilles Source:LeNouvelliste

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