Le FAES en appui aux pêcheurs

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C’est à Dame-Marie, dans le département de la Grand-Anse, que le FAES a choisi de faire le lancement du projet d’appui à la pêche maritime, le vendredi 4 octobre. Autour de Mme Gauthier Josepha pour la susdite institution, se sont retrouvés notamment (au premier plan, de la gauche vers la droite), M. Bertrand Séjour, directeur régional du ministère des Finances, le député Acklush Louis Jeune et le délégué départemental de la Grand-Anse, M. Norman Wiener. Orbitant autour de ces personnalités ou parfois se retrouvant en face d’eux, pendus à leurs lèvres et en expectative, les visages rayonnants d’un sourire béat, près de deux cents pêcheurs venant de Dame-Marie, d’Anse d’Hainault ou des Irois, et d’autres observateurs de la société civile. L’assistance avait de quoi être ravie. En effet, dès la mise en œuvre du projet, les pêcheurs, du moins ces derniers l’espèrent, n’auront plus, pour nourrir leurs familles et autres familles haïtiennes, à veiller tard la nuit en haute mer pour essayer de piéger des poissons troublés par leurs torches de fortune. Le projet prévoit de maximiser la pêche en plaçant en haute mer des Dispositifs de concentration de poissons, dits DCP. Ainsi, le travail des pêcheurs deviendra-t-il plus aisé, en ce sens qu’ils n’auront plus à poireauter en mer sous un soleil de plomb, dans le vain espoir d’attraper des poissons qui ont longtemps fui les zones côtières devenues des poubelles. Ils disposeront en outre, pour faciliter leur navigation et un transport sécurisé des produits de leur pêche, de bateaux à moteur en fibre de verre. Sur la terre ferme, en vue de leur conservation à l’état frais, des congélateurs fonctionnant à base d’énergie solaire attendent ces produits. Et le souhait est déjà exprimé que ces congélateurs puissent à l’avenir être remplacés par des chambres froides, donc d’une plus grande capacité de rétention, quand le commerce sera plus florissant suite à une gestion rationnelle du projet. L’apport considérable des femmes Madame Gauthier, dans son allocution de circonstance, où elle a indiqué à ses vis-à-vis les avantages multiples du projet, s’est faite l’avocate des femmes, en particulier celles, livrées à elles-mêmes, conduisant des familles monoparentales, pour leur débrouillardise, leur savoir-faire, leur volonté, leur courage. Elle a tenu à attirer l’attention de son auditoire sur le rôle capital de ces femmes dans l’économie haïtienne. Et dans le cas présent, qui mieux que ces femmes, a-t-elle souligné, pour leur esprit pratique, peut écouler au marché local ou à une plus grande échelle les produits des pêcheurs ? Aussi, la représentante du FAES a-t-elle encouragé les bénéficiaires à s’organiser, à développer parmi eux un esprit coopératif pour la réussite du projet qu’eux-mêmes ont accueilli favorablement. La perception des bénéficiaires En tout cas, c’est l’opinion exprimée par Garlin Hilaire, le coordonnateur de la Solidarité pour le développement de la Grand-Anse (SODEGA), basé à Dame-Marie. Cette organisation communautaire réclame la paternité du projet qui aurait été déposé depuis 2008 au ministère des Finances et au FAES, mais que la conjoncture politique avait malheureusement enfoui dans les tiroirs, aux dires de M. Hilaire. Celui-ci s’est montré plus que satisfait du fait de la concrétisation de ce rêve des pêcheurs, dit-il, qui a été soutenu par les élus, le député Acklush Louis Jeune et le sénateur Andris Riché. Toutefois, a-t-il estimé, plus d’encadrement technique du même genre serait encore bienvenu, en vue de permettre aux pêcheurs d’émerger de leurs conditions sociales critiques. Justement, la finalité de cet accompagnement opérationnalisé par le FAES, c’est de créer plus d’emplois, de développer dans les communes où le projet sera exécuté un esprit d’entreprenariat susceptible de sortir la population ciblée de sa situation économique parasitaire. Siméon Viaud, un cadre de l’éducation, originaire de Dame-Marie où il réside, est prêt, a-t-il confié, à entourer la SODEGA de ses conseils pour le bien de la communauté. Entrevoyant déjà les retombées positives du projet, il suggère que les pêcheurs doivent déjà viser plus haut qu’une simple subsistance quotidienne, donc qu’ils s’organisent sous forme de coopératives, qu’ils gèrent bien les crédits dont ils auront à bénéficier dans le cadre du projet, de telle sorte à faire de Dame-Marie ou de l’arrondissement une référence en vente de fruits de mer. Ce qui créera une assise économique profitable à toute la région. À signaler que ce projet de moderniser la pêche mobilisera près de 2 500 pêcheurs tant à Dame-Marie, qu’à Léogâne, à Grand-Goâve, à Anse-à-Galets, dans le département de l’Ouest, et à Baie de Haine, dans le Nord-Ouest. Il faut rappeler aussi que cet encadrement technique donné aux pêcheurs par le FAES compte parmi les préoccupations des secteurs organisés du département de la Grand-Anse qui l’avaient déjà inséré dans leur cahier de charges (voir Le Matin, précédente édition). Sauf, comme l’ont fait remarquer certains observateurs dont l’enthousiasme est plus modéré, que la démarche du FAES, pour avoir son plein effet, nécessite d’intégrer un plan national de développement à long terme.
Yvon Janvier [email protected]
Source: Le Matin

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