Cinéma, cinéma...

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Baba, Reynald Delerme, sort deux nouveaux films le 11 novembre 2011 au palais municipal de Delmas. Herby Lafaille reprend « Sans rancune » à Jacmel ce 18 novembre. Une rétrospective d'Arnold Antonin est à l'affiche à Saint-Domingue et deux festivals de films sont pour très bientôt. Ne croyez pas que le cinéma se réveille, c'est le cadavre encore chaud qui bouge. Le secteur cinématographique haïtien se porte mal, très mal. Mais la flamme a encore des adeptes. Jacmel, avec « Ciné Institute », la seule école de cinéma du pays, forme des jeunes pour toutes les filières de cet art, acteurs, metteurs en scène, scénaristes, cinématographes..., encadrés par des cinéastes de renom, des ateliers concrets et du matériel à point. Bon point pour nous, mais pas assez exploité pour aller de l'avant. D'autres entités apparaissent et entreprennent des manifestations en vue de donner « un coup de fouet » au septième art. La deuxième édition du Festival du film québécois en Haïti, sous la direction de Fabienne Colas, rendra hommage cette année à l'écrivain de renom et au grand talent, Dany Laferrière. Le festival se tiendra du 10 au 13 novembre 2011 à Port-au-Prince et présentera des oeuvres de dix cinéastes, pour la plupart des Canadiens du Québec, dont certaines portent sur le travail de Dany Laferrière. Les dix films sélectionnés dans le cadre de ce festival seront projetés gratuitement à la FOKAL du 10 au 12 novembre. Une conférence de presse se déroulera à l'ambassade du Canada en Haïti le mercredi 9 novembre en marge de cette manifestation. D'un autre côté, le cinéaste Arnold Antonin, fervent combattant et précurseur du cinéma haïtien, président de l'Association des cinéastes haïtiens (ACH), présente à la cinémathèque de Saint-Domingue une rétrospective de dix de ses films, représentatifs de sa production de documentaires et de fictions. Cette activité s'inscrit dans le cadre des échanges socioculturels entre les deux pays, mais servira aussi de moteur pour véhiculer la culture haïtienne et partager la créativité des Haïtiens dans le septième art.
Reynald Délerme, notre Baba national, met sur pied un plan très ambitieux. Président de la « Haitian American Association of Filmmakers », il arrive en Haïti le 9 novembre 2011 à la tête d'une délégation d'artistes haïtiens et d'hommes d'affaires étrangers. Ils entendent exploiter les possibilités immédiates d'investissement dans la musique, le cinéma et le théâtre en Haïti. Les principaux projets de cette initiative consistent au développement du marché du film, de la musique et du théâtre à travers le pays et dans le monde ; la mise en place d'une usine de fabrication et d'emballage de CD et de DVD en Haïti ; la construction de salles municipales polyvalentes pouvant accueillir des projections de films et autres ; la formation de jeunes dans les trois domaines précités. Beaucoup d'ambitions pour un secteur sinistré ! En dernier lieu, en ce mois de novembre, Haïti accueille le Festival de Cine Global dominicain pour la deuxième fois. Ce festival servira de tremplin aux jeunes Haïtiens intéressés par le cinéma pour rencontrer des acteurs de renom du monde cinématographique, mais permettra aussi de consolider les liens existant entre les deux pays qui partagent l'île d'Hispaniola. Avec une sélection des meilleurs films du cinéma international, aucun film haïtien ne sera projeté à ce grand festival qui se tiendra du 15 au 20 novembre dans plusieurs villes de la République dominicaine et à Port-au-Prince. Cependant, Omar de la Cruz, directeur du département audiovisuel à « Fundacion Global Democracia y Desarollo », invite les directeurs à y soumettre leur(s) film(s) pour les prochaines éditions. Ainsi, ce mois de novembre sera chargé, surchargé avec des festivals et des projets autour du cinéma. Une grande entreprise dans le réveil et la sauvegarde du cinéma haïtien. Une fin de mois tout en remous. Gagnerons-nous ce grand pari ? Le cinéma haïtien est mort. Nous nous pointons du doigt. Nous nous cachons. Nous nous accusons les uns les autres. Piratage. Bootleg. Pauvreté de la production. Mauvais acteurs... Mais le pire, le comble, il n'y a plus de salles de cinéma. Pourtant, l'envie de film en salle demeure. Des colloques par-ci, des ateliers par-là. Rien de concret... Nous nageons dans un grand scénario et tentons vainement de remonter le mât suiffé. Nous pataugeons,... un grand cinéma ! Pourtant, Haïti a été avant-gardiste en matière de cinéma. En 1899, quatre ans après la naissance du cinéma, le pays a connu sa première projection cinématographique. En 1999, nous avons fièrement commémoré les cent ans du cinéma en Haïti. En 2008, l'univers cinématographique haïtien a connu ses pires revers. Une dizaine d'années environ après le centenaire du cinéma en Haïti, le septième art a connu une descente aux enfers. Tous les symptômes étaient pourtant là : la fermeture des salles de cinéma, les bootlegs à chaque coin de rue, la prolifération des stations de télévision qui ne donnent aucune priorité à la production locale et diffusent des films en veux-tu ? En voilà ! Tout ceci a occasionné la disparition du cinéma haïtien. Ecran blanc. Plus d'écran. Reste l'envie de salles obscures, de pop-corn et de nouveautés.
Stéphanie André [email protected]
Source: Le Nouvelliste

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