La CIRH reste un sésame, selon Bellerive

Publié
8 années ago
Dernière mise à jour
1 année ago
216 views
Time to
read
3’

Jean-Max Bellerive n'y va pas par quatre chemins. A ses yeux, « la CIRH peut et devra donner des résultats par rapport à la nécessité de rassembler des fonds importants à investir dans les domaines prioritaires définis par le gouvernement haïtien et la communauté internationale». Le démantèlement de cette structure ayant permis de doubler l'aide externe au pays depuis le séisme du 12 janvier 2010 nuirait davantage à la « confiance des donateurs », déjà installés dans « une période d'incertitude » consécutive à des problèmes politiques retardant le processus de reconstruction, a alerté l'ex-Premier ministre et ancien coprésident de la CIRH sur les ondes de Magik 9, ce mardi 8 novembre 2011. L'ancien bras droit de René Préval, aujourd'hui conseiller du président Michel Joseph Martelly, croit aussi qu'il faut dialoguer avec les parlementaires, « sans donner de surettes », en vue de parvenir à un renouvellement d'une année du mandat de la CIRH. « Je ne crois pas qu'il s'agit d'une question de donnant donnant. Mais il faut que tout le monde soit à l'aise », a nuancé Jean-Max Bellerive. « Le renouvellement du mandat de la CIRH, avec ou sans une loi d'urgence, est sur la table. Des parlementaires sont contre une loi d'urgence. C'est déjà une base de discussion », a-t-il enchaîné, avouant son profond respect pour les parlementaires dont certains considèrent pourtant la CIRH comme un instrument qui met en veilleuse la souveraineté d'Haïti. Le courroux de Bellerive « Je trouve qu'il y a une hypocrisie de la part de ceux qui parlent de perte de souveraineté. Ils oublient dans quelle situation on était avant la CIRH, sans un forum de discussions et de coordination des projets. Quelqu'un pouvait construire 50 écoles dans le pays et repartir sans se soucier de rien dès que son financement était épuisé», a expliqué Jean-Max Bellerive, qui croit que la coordination est l'une des garanties pour pérenniser les investissements faits dans tous les domaines.
Reconnaissant, dans la foulée, l'incapacité des ministères à « gérer tous les cycles des projets approuvés par la CIRH », Jean-Max Bellerive, cinq ans ministre de la planification et deux ans chef de gouvernement, a fait état de la faiblesse de l'administration publique. L'administration publique n'a pas assez de cadres. Ceux qui se sont expatriés brillent à l'étranger. Et ceux qui ont décroché maîtrise ou doctorat ne travaillent pas dans l'administration publique, a-t-il constaté. « On ne peut offrir 37 000 gourdes par mois à un cadre ayant décroché une maîtrise alors qu'une simple secrétaire d'ONG touche 5 000 dollars», a ajouté Jean-Max Bellerive. L'insécurité financière et parfois l'insécurité de carrière dépeuplent l'administration publique, a-t-il poursuivi, avant de confier que le Premier ministre Garry Connille « est paniqué par cette faiblesse ». Cependant, obligé de travailler avec les ressources actuelles, Garry Conille, a annoncé Jean-Max Bellerive, a décidé d'associer le secrétariat exécutif de la CIRH à des cadres des différents ministères afin d'assurer un meilleur suivi des projets approuvés. Jean-Max Bellerive, prompt à reconnaître le retard accusé entre les promesses faites par les donateurs et le décaissement des fonds, a mis en lumière les petites difficultés liées à l'exécution de certains projets cofinancés, comme celui de la reconstruction de l'HUEH, à hauteur de 52 millions de dollars par la États-Unis et la France, qui tarde encore à démarrer. Ce n'est pas aussi simple qu'on le pense. Il y a des problèmes parfois dans le montage des projets du à des rivalités à cause d'une question de visibilité. Il faut faire avec, respecter les susceptibilités des partenaires qui donnent leur argent, a expliqué Jean-Max Bellerive, qui a également annoncé que la CIRH va maintenant proposer des projets pour financement. « Ce qu'elle ne faisait pas avant », selon l'ex-Premier ministre, qui est revenu sur le problème foncier, l'un des obstacles majeurs à l'exécution de certains projets. Ce problème ne pourra être résolu que par une « décision politique », a analysé Jean-Max Bellerive, acide d'un autre côté face à la presse. « La CIRH a été victime d'une médiatisation négative », a-t-il dit, avant d'indiquer que les critiques du président Michel Joseph Martelly étaient dues en partie à cela. « C'était compréhensible », a ajouté Bellerive. Le président Martelly, comme bon nombre d'Haïtiens, se demandait ce qui a été fait de concret alors que plus de 3 milliards de dollars ont été décaissés pour le pays, a-t-il poursuivi, soulignant que l'élévation de Bill Clinton au grade de Grand-Croix plaqué or de l'ordre national Honneur et Mérite et la demande d'une prolongation d'une année du mandat de la CIRH prouvent que le président Martelly a changé d'avis sur la question. Toutefois, Jean-Max Bellerive reconnaît que la multiplicité des petits projets a laissé l'impression que rien de concret n'a été fait, alors qu'un hôpital est en construction à Mirebalais et de celle du parc industriel dans le Nord, qui permettra de créer entre 20 et 30 000 emplois, va bon train... « On ne peut pas mesurer les actions de la CIRH à l'aune du nombre de personnes vivant encore sous les tentes », a fait remarquer Jean-Max Bellerive. « La CIRH est un instrument positif pour l'investissement et le rétablissement de la confiance des donateurs », a rappelé Bellerive. Le 31 mars 2010, les donateurs avaient promis 9 milliards de dollars sur 10 ans à Haïti. Cependant, comme Bill Clinton, Jean-Max Bellerive s'est toujours plaint de la lenteur des décaissements.
Roberson Alphonse Source Le Nouvelliste

Tags: 

Animateur (s)

Portrait de Anne Merline Eugene
La Mafia existe
1 année 9 mois ago
Portrait de Jacques Adler Jean Pierre
Agenda Culturel RTVC - 20 Avril 2017
2 années 9 mois ago