Les casse-têtes d’un retour à la CAS

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La nomination des secrétaires d’État et des directeurs généraux a soulevé la grogne au sein de la société haïtienne. Ici, on reproche que le nombre des secrétaires d’État soit aussi élevé (environ 19) ; là bas, on remet en question la compétence des directeurs généraux, vu la longue expérience des fonctionnaires qu’ils sont venus remplacer. Mais le cas d’Hérold Israël, ex-directeur de communication de la présidence, reconduit à une direction qu’il a déjà occupée, est tout à fait particulier. Un sénateur, et pas des moindres ̶ puisqu’il s’agit de Joseph Lambert ̶ rappelle que des détournements de fonds ont été enregistrés durant le premier passage de M. Israël à la tête de la Caisse d’assistance sociale (CAS). L’installation n’a pu avoir lieu jusqu’ici.Le lundi 31 octobre 2011 restera désormais dans la mémoire de Monsieur Israël. Il se souviendra qu’en ce jour, vêtu de son beau costume, il n’a pu lire son discours d’installation comme directeur de la Caisse d’assistance sociale. Le sénateur Joseph Lambert a usé de tous ses moyens pour l’en empêcher. Après avoir fait part de ses appréhensions aux autorités qui ont reconduit M. Israël, le sénateur a dû physiquement empêcher l’installation de ce directeur général qui, jusqu'à décembre 2010, occupait cette même fonction (sous la présidence de René Préval). Le sénateur ne semble pas vouloir s’y arrêter, mais on sait que le ministère de tutelle de la CAS est celui des Affaires sociales et du Travail dont le titulaire actuel a été un choix direct du Groupe des parlementaires pour le renouveau (GPR). C’est un peu dans sa veste de chef de file du GPR au Sénat que M. Lambert s’est opposé à l’installation de M. Israël. Comme pour éviter que le ministre Richel Lafaille, désigné par le GPR, ait bientôt à répondre de la mauvaise gestion de la CAS. L’Office national d’assurance vieillesse (ONA) est déjà habitué à ses scandales. Lambert ne souhaite pas en avoir d’autres. Une somme de 52 millions de gourdes a été dépensée sans aucun justificatif pendant la gestion de M. Hérold Israël à la CAS, se souvient Joseph Lambert. La presse n’a certes pas battu la grosse caisse autour de ce dossier. Mais le sénateur jure e ses grands dieux que le directeur concerné avait lui-même admis que les explications sur l’utilisation de ces fonds étaient difficiles à trouver.Hérold Israël, toujours selon le sénateur Lambert, a dû démissionner en décembre 2010 à la demande de son ministre de tutelle, Gérald Germain. En se réfugiant aux États-Unis, M. Israël a pu donc fuir une arrestation qui paraissait évidente après les audits des instances compétentes. « Tant que lumière ne sera pas faite sur ces fonds ténébreusement dépensés, M. Israël ne pourra pas prendre les rênes de la CAS », a dit en substance le patron du GPR, ancien homme fort du pouvoir Préval / Bellerive.Le chef de l’État nommera-t-il un nouveau directeur pour la CAS ? Rien n’est sûr jusqu’ci, et l’exécutif n’a pas encore réagi suite à l’opposition faite à visage découvert par le sénateur d’Inite. Monsieur Israël reprendra-t-il son bureau à la présidence ou aux côtés de la Première dame ? Le secrétaire d’État aux Affaires étrangères, Michel Brunache, a failli perdre son poste pour des faits commis avant son installation. Voilà qu’Hérold Israël ne peut pas être installé pour des actes commis avant sa nomination.
Eddy Laguerre Source: Le Matin

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