Actualités Politiques : Grandes Lignes

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Observant le déploiement du drame parlementaire ratifiant le dernier candidat à la primature, Gary Conille, le vote enthousiaste et unanime à la chambre des députés et une semaine plus tard, analysant le même dossier, le vote contradictoire au Sénat, 17 pour, 3 contre et 9 abstentions. Certes, des débats ont eu lieu autour de points constitutionnels litigieux judicieusement soulevés au Sénat. Cependant le leitmotiv « donnons une chance au pays » semble avoir, à l’avis de certains, provoqué le ramollissement de l’attitude antagonique du G16, mais n’a pas pu paradoxalement convaincre le groupe minoritaire qui antérieurement avait soutenu les deux autres candidats à la primature, pour aboutir finalement à la ratification du troisième. Pourquoi les députés, appartenant aux mêmes partis que les sénateurs abstentionnistes, ont voté pour, à l’unanimité, d’une part ? Mais d’autre part, Qu’est-ce qui a empêché aux sénateurs abstentionnistes qui ont soulevé publiquement des points constitutionnels litigieux, n’ont pas voulu prendre le risque d’exprimer leurs volonté en votant leurs convictions et leurs consciences ? Mis à part le fait accompli de la ratification, ne doit-on pas en fin de compte s’inquiéter que la légitimité des points constitutionnels litigieux soulevés et soutenus aux Sénat, joint à l’abstention de ceux qui les ont soulevés, ne fragilisent-elles pas à la fois, le mandat du premier ministre ratifié et l’intégrité des parlementaires, d’une part ? Mais d’autre part, est-ce que la position des sénateurs convoitant des postes ministériels, ne se trouve pas relativement plus renforcer, avec cette fragilisation ? In fine, qu’en sera-t-il de la cohésion et de la cohérence du cabinet ministériel, dominé par quelle tendance ? Est-ce que ce sera la répétition du partage Prévalien en 2006 ? La ratification du premier ministre, est par rapport à la situation antérieure, certes un  pas de géant vers la formation d’un gouvernement. Mais quel gouvernement ? Espérons que la seconde étape, la déclaration de politique générale et surtout la formation du cabinet ministériel, indiqueront dans quelle direction soufflera le vent. Néanmoins, le fait est qu’on a à l’avant-scène politique trois personnages importants, Bill Clinton, Michel Martelly et Gary Conille. Bill Clinton ex-président des Etats-Unis dont l’ambition est de léguer un patrimoine d’homme d’état ayant un rayonnement mondial dans le domaine des œuvres humanitaires aux pays pauvres et les moins avancés, a pour partenaire dans ce domaine l’institution internationale, l’ONU et son secrétaire général, Ban Ki-moon. Cette institution, l’ONU, est pour Haïti la corde ombilicale des projets internationaux importants, tel que la reconstruction et la relance de l’économie. Gary Conille est depuis 7 ans un cadre de l’ONU. Et à ce titre a collaboré avec Bill Clinton dans le cadre de son partenariat avec l’ONU. Martelly le nouveau chef d’état haïtien est au seuil d’un nouveau pouvoir qui, après 5 mois, ne s’est pas encore défini. Reality check : Martelly et Conille, respectivement chef d’état et premier ministre d’un état en faillite, dont le budget de fonctionnement est subventionné à 66% par l’aide étrangère, dépendent énormément de cette aide pour redémarrer le pays. Le succès du redémarrage dépendra essentiellement de la qualité de la collaboration et de l’atmosphère de confiance qui existera entre ces 3 personnages. Il est évident que Clinton, dans son rôle exclusif de démarcheur auprès du milieu financier international et de pourvoyeur d’aide à plusieurs autres pays, n’aura aucun intérêt dans la micro-gestion de cette harmonie, mais uniquement dans le succès de ses projets internationaux, inclus ceux d’Haïti. Qui entre Martelly et Conille sera appelé naturellement à assumer efficacement la gestion de l’harmonie dans cette relation triangulaire ? Une lutte d’influence entre ces deux personnages, soit en raflant tous les sièges sénatoriaux et tous les postes électifs des collectivités territoriales aux prochaines élections pour devenir le chef suprême de la nation et avoir à sa portée l’interpellation comme une épée de Damoclès contre le premier ministre, serviront certes à augmenter la pertinence politique et la prépondérance de Martelly. Mais, qu’en sera-t-il de l’intérêt national dans la gestion de cette harmonie ? L’enjeu véritable pour le moment n’est-il pas de tirer le maximum de cette relation triangulaire en faisant de l’intérêt national la priorité des priorités ? Quant aux exigences de la politique nationale, qui dans l’immédiat espère, la sécurité, la reconstruction, la relance de l’économie, le travail, l’investissement, le logis pour les sans-abris, la récupération de la souveraineté et de l’autonomie, ce nouveau gouvernement restera-t-il figer dans la continuité par la force des circonstances et l’ensemble des intérêts contradictoires de ses composantes ? Ou aura-t-il le courage de rompre ses liens profonds avec ces deux régimes populistes qui ont orchestré les malheurs de ces derniers 54 ans ? Pour commencer, ce que Martelly veut nous offrir comme force publique le 18 novembre avec un contingent de 3500 hommes, sera une milice, et pas une armée. C’est une folie de croire que cette milice pourra se substituer aux 12000 paires de bottes et équipements de la Minustah, récupérer et garantir, notre souveraineté et notre autonomie. Ne vous faites pas d’illusion. Elle ne pourra que défendre les intérêts du secteur qui l’aura créé ! Puisqu’on parle aujourd’hui de nouvelle génération de ces deux régimes populistes qui vont composer ce nouveau gouvernement, avec un ton très optimiste. La formation d’alliage ayant toujours pour objet d’améliorer les propriétés des éléments incorporés dans l’alliage. Pour ce que nous avons vécu pendant 54 ans, et étant absolument certain des caractéristiques que partagent les populistes d’extrême droite et d’extrême gauche : l’autoritarisme, la xénophobie, l’usage de la violence, et de la répression. De cet alliage duvaliero-lavalassien, quelles seront les caractéristiques qui vont s’améliorer ?

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