Rapport favorable, vote encore indécis

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Crédité d'un rapport favorable de la commission spéciale qui a passé au crible ses pièces au Sénat, Garry Conille n'est toujours pas assuré de son ascension à la tête de la Primature, siège du gouvernement. « Dans le document rédigé en 14 pages, la commission a recommandé, sans langue de bois, un vote favorable à Garry Conille », a confié au journal, sous le couvert de l'anonymat, un sénateur qui a dirigé l'une des sous-commissions. Interrogé sur la conclusion et les recommandations du rapport, le président de ladite commission, Simon Dieuseul Desras, entend garder le secret entier jusqu'à sa présentation en assemblée dans l'après-midi du lundi 3 octobre prochain. Trois tendances se sont dégagées au sein de la commission avant la conclusion du rapport, a indiqué le sénateur de l'Organisation Lavni, interrogé par moult journalistes. « Recommander recommander un vote favorable au Premier ministre désigné ; un vote défavorable à ce dernier ou demander à l'Assemblée de décider souverainement ont été les divers cas de figure envisagés par les membres de la commission », a expliqué le sénateur Desras. Finalement, a-t-il ajouté, la majorité des membres ont convenu de la nécessité de produire un rapport avec une conclusion et des recommandations. Au lendemain de son dépôt au bureau du Sénat, le rapport attendait encore la signature de trois des huit membres de la commission. « Les sénateurs François Annick Joseph et Moïse Jean-charles n'ont pas encore signé parce qu'ils sont en province ; et Nènèl Cassy est au chevet de sa femme atteinte, jeudi soir, d'une balle », a précisé le président de la commission. La majorité des huit membres, a noté M. Desras, est d'accord sur le principe du rapport. Le sénateur Steven Benoît, qui a récemment énuméré « les douze dérives » du président Michel Martelly, figure parmi les signataires du rapport. « J'ai signé le rapport en dépit de mes désaccords avec mes collègues sur certains points », a indiqué le parlementaire élu sous la bannière de la plateforme Alternative. Une mention des désaccords dans le rapport n'a pas été prise en compte par ses collègues qui ont préféré parler de controverses. « J'aurai à exprimer publiquement mes désaccords à l'issue de la présentation du rapport à l'Assemblée », a indiqué le sénateur de l'Ouest.
Le sénateur Moïse Jean-Charles, selon une source proche de la commission, ne serait pas enclin à la signature du rapport. Le bruyant sénateur du Nord, qui a été faire des investigations à l'Office national d'identification (ONI) et à la mairie de Pétion-Ville, a revelé des irrégularités dans les pièces de Garry Conille au regard de l'article 157 de la Constitution de 1987. « Garry Conille n'est pas enregistré dans le système de l'Office national d'identification », a insisté le sénateur Jean-Charles, en marge d'une ultime rencontre entre le Premier ministre désigné et le groupe des 16 sénateurs, majoritaire, au Grand Corps. La question de résidence du Dr Conille n'est toujours pas élucidée, selon le parlementaire. Le sénateur de la plateforme INITE prédit « un vote politique » au Sénat qui ouvrira davantage les portes de le Primature à Garry Conille qui n'a pas voté aux élections organisées dans le pays depuis l'instauration de la Carte d'identification nationale (CIN) sous la présidence provisoire de Bonniface Alexandre (2004-2006). « Un marché aux puces » Le vote favorable recommandé par la commission spéciale du Sénat n'a toutefois pas assuré que Garry Conille va sauter le second écueil dans le processus de la ratification de son choix. Le niveau d'adhésion du G16 au candidat à la Primature est évalué à 60% par le sénateur Evallière Beauplan. A l'approche du vote, le président Michel Martelly est d'accord sur le principe des « partages de responsabilités », a fait savoir M. Beauplan, qui s'exprimait à l'issue d'une ultime rencontre entre le Premier ministre désigné et le Groupe des 16. Au moins un ministère sur une liste de trois ciblés (Agriculture, Santé ou Environnement) pourrait tomber dans l'escarcelle du G16. Le sénateur Joseph Lambert, en fin de mandat à l'instar de Kély C. Bastien et d'Evallière Beauplan, se voit déjà à la tête de l'Environnement si l'Exécutif et ses compagnons de lutte n'y sont pas opposés. « Nous exigeons des ministères selon nos profils », a déclaré Evallière Beauplan, médecin de profession. Identifiant le coordonnateur du G16, Joseph Lambert comme agronome et Kély C. Bastien comme médecin, il n'espère obtenir aucun ministère régalien pour ses collègues qui ont les yeux rivés sur les directions générales et les missions diplomatiques. Le Parti Ayiti Ann Aksyon (AAA), composante du Groupe des 12, traversé lui aussi par des déchirures, est également intéressé à des postes nominatifs dans le prochain gouvernement. Le sénateur William Jeanty assimile à « un marché aux puces » les négociations de postes ministériels, de directions générales et des missions diplomatiques pour ratifier le choix de Garry Conille. La plateforme Alternative n'a pas donné encore de consigne à ses neuf membres au Sénat de la République. Le directoire et les élus de la plateforme se réuniront au cours du week-end, a confié le sénateur Steven Benoît. « Nous allons faire de notre mieux pour que tous les sénateurs de la plateforme Alternative votent dans le même sens », a fait savoir le sénateur Benoît.Claude Gilles
Le Nouvelliste

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