1991-2011 : l'Armée contre Lavalas

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Que de mauvais souvenirs ! Que de cadavres ! Vingt ans après le «fameux» (au fond dévastateur) coup d'Etat du général Raoul Cédras contre le président constitutionnel Jean-Bertrand Aristide en 1991 (29-30 septembre), le pays ne se trouve ni en bonne santé ni en meilleure position. Un face-à-face que la communauté internationale allait exacerber non pas dans l'intérêt du pays, mais à des fins qui ne correspondent en rien aux règles d'un arbitrage objectif et sincère. Nourris par une tradition guerrière, les problèmes de fond qui rongent la société civile, le secteur des affaires et la classe politique n'ont pas disparu. Au contraire, avec les nouveaux acteurs et les mêmes figures, ils se sont transformés tristement en « dossiers » à l'usage des experts internationaux. Que de drames, souvent sanglants, n'avons-nous connus ! La démobilisation des Forces Armées d'Haïti en janvier 1995 et l'exil forcé du président Jean-Bertrand Aristide en février 2004 en sont les plus spectaculaires. Irréductibles, les partisans du coup d'État de 1991 et, concomitamment, les supporters de l'embargo ont tous connu, comme dans une sorte de descente aux enfers, l'exil et les affres de la mort, le dechoukaj et la solitude. Cette période d'extrême souffrance et de faillite pour le pays, notamment pour d'honnêtes et laborieux entrepreneurs, a symbolisé, s'il en était besoin, l'effervescence d'une crise de transition inaugurée le 7 février 1986 avec le départ précipité de Jean-Claude Duvalier dans des conditions chaotiques. Aujourd'hui encore, les causes fondamentales de l'échec du coup d'Etat et du retour à l'ordre constitutionnel ou démocratique en octobre 1994 constituent de véritables obstacles à l'implantation d'un Etat de droit stable et inclusif en Haïti. Avons-nous tiré de façon positive les terribles mais salutaires leçons de ces années de plomb ? L'affrontement macabre entre putschistes et lavalassiens a ruiné le pays et terni son image à tous les nivaux. Les principes et les bases institutionnelles de l'Etat de droit n'ont pas été défendus ni renforcés, quoi qu'on dise. Sur fond de corruption et d'insécurité, les expériences gouvernementales catastrophiques et les nombreuses élections contentieuses ultérieures ont montré que ni la démobilisation des FAD'H ni la présence des Casques bleus sur notre sol ne sont, à bien y regarder, des gages d'une démocratie représentative et libérale digne de ce nom. Vingt ans après, nous sommes encore en train de faire face à tous nos vieux démons : celui de l'exclusion et celui du cannibalisme politique; celui de la passion effrenée pour le pouvoir et celui du clientélisme « ti koulout». Tant d'années de lutte et de terreur pour rien, en fin de compte !Pierre-Raymond Dumas Courriel : [email protected] Cell : 3903-8505 / 3557-9628
Le Nouvelliste

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