Le président Martelly voudrait une armée de 3500 hommes

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Le nouveau président d'Haïti a l'intention de rétablir l'armée du pays démantelée en 1995, avec une force initiale de 3500 hommes, selon un document obtenu mardi par l'Associated Press.
Le rôle de la nouvelle armée serait de surveiller les frontières d'Haïti, de maintenir l'ordre en temps de crise et de fournir des possibilités d'emploi aux jeunes, affirme le document.
Le gouvernement du président Michel Martelly propose de consacrer 95 millions de dollars américains pour former et équiper la nouvelle armée. L'objectif est qu'elle puisse éventuellement remplacer les 12 000 casques bleus de l'ONU déployés en Haïti.
« La fragilité actuelle de l'État haïtien le rend vulnérable aux risques de troubles internes qui pourraient plonger le pays dans l'anarchie », peut-on lire dans le document.
Le porte-parole du président Martelly, Lucien Jura, a affirmé mardi après-midi qu'il n'était pas au courant de l'existence de ce document. Il a transmis les questions au consultant en sécurité Reginald Delva, qui a déclaré à l'Associated Press qu'il ferait des commentaires plus tard.
Haïti n'a plus d'armée depuis le démantèlement de la force militaire par le président Jean-Bertrand Aristide, après des années de coups d'État et de violations des droits de la personne.
Au cours des derniers mois, certains Haïtiens se sont dits favorables à la création d'une nouvelle armée, un signe de patriotisme, mais aussi un espoir de voir de nouveaux emplois se créer dans le pays.
Mais des organisations de défense des droits de la personne ont exprimé leur malaise quant au rétablissement d'une armée connue pour ses sévices.
La proposition du gouvernement Martelly circule parmi les responsables étrangers en Haïti. Pour être mise en application, elle devra toutefois recevoir l'approbation du Parlement, de même qu'un financement, qui viendra probablement de la communauté internationale.
L'Associated Press a obtenu le document d'un responsable, qui a réclamé l'anonymat parce qu'il n'était pas autorisé à le diffuser.
Dans le rapport, le gouvernement souligne qu'Haïti ne fait face à aucune menace provenant d'autres pays, mais affirme qu'une nouvelle armée est nécessaire pour surveiller la frontière poreuse avec la République dominicaine, désormais utilisée fréquemment par les trafiquants de drogues et les contrebandiers.
Le budget du projet, baptisé Conseil national de défense et de sécurité, prévoit 15 millions de dollars américains pour dédommager les anciens militaires qui ont perdu leur salaire et leur pension quand le président Aristide a aboli l'armée. Cette mesure répondrait à une demande de longue date des militaires démobilisés.
Le document de 22 pages affirme que les responsables nommeront un état-major intérimaire et détermineront les emplacements des bases militaires à l'extérieur de la capitale. La première cohorte de soldats serait recrutée entre les mois de novembre et janvier.
Le projet appelle aussi à la création d'un « service national de renseignement », une unité spéciale qui s'occuperait des menaces terroristes, des organisations criminelles et des réseaux de trafic illégal. Le service surveillerait aussi les « organisations extrémistes » et les « mouvements destinés à répandre l'anarchie ».
Un porte-parole de l'ambassade des États-Unis à Port-au-Prince, Jon Piechowski, a déclaré dans un courriel que des responsables du gouvernement haïtien avaient récemment rencontré des employés de l'ambassade pour discuter du projet.
« Nous analysons l'information qu'ils nous ont fournie pour appuyer leur projet », a dit M. Piechowski.
Un défenseur des droits de la personne a critiqué le projet, soulignant que l'armée haïtienne avait longtemps servi à écraser les mouvements démocratiques.
« Les problèmes soulevés dans la proposition sont réels, mais rien ne permet de croire qu'une nouvelle armée sera une solution efficace », a dit l'avocat Brian Concannon, directeur de l'Institut pour la justice et la démocratie en Haïti.
L'observateur politique haïtien Jocelyn McCalla pense quant à lui que le pays serait mieux servi par la création d'un programme pour l'emploi qui mettrait l'accent sur les jeunes.
« Une armée est la dernière chose dont Haïti a besoin en ce moment », a écrit M. McCalla dans un courriel.
Associated Press

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