Actualités politiques: Grandes lignes de la semaine du 23 Septembre, Analyses de Bob Benodin

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situation et d’intérêt politique, qui fait que le vote unanime aura plus de difficultés à se matérialiser au Sénat. Les députés de la chambre basse viennent d’être élus pour un mandat de 4 ans, le 20 mars 2011. Ils ne sont pas concernés par les prochaines élections. Tandis qu’au sein du groupe des 16, se trouvent 10 sénateurs, un tiers du Sénat, dont les mandats arriveront à terme à la fin de l’année. Voilà où se situent les inquiétudes et le nœud du conflit. Ils devront s’engager dans les prochaines compétitions électorales, sans garantie, ni appui politique et financier traditionnel du pouvoir en place. En d’autres termes, le nouveau pouvoir obligé de saisir instamment l’opportunité pour augmenter sa pertinence politique au niveau du Sénat, selon ce que l’on prévoit et que l’on constate comme scénario, serait enclin à vouloir rafler la majorité ou peut être la totalité de ces dix sièges ! Ces sénateurs ont-ils raison de s’inquiéter ? Est-ce que le besoin de financement de leurs campagnes électorales, justifie l’insistance sur la répartition des ministères qui ont les allocations budgétaires les plus substantielles ? Est-ce que ce n’est pas une violation flagrante de l’article 60.1 de la constitution, qui établit et garantit l’indépendance des pouvoirs ? Ils sont tous conscients du fait qu’ils n’ont pas les moyens, ni la légitimité politique nécessaire pour garantir leur éligibilité.Les prochaines élections ne seront-elles pas le premier teste auquel le nouveau pouvoir aura à se soumettre ? La question dans ce cas est de savoir : Est-ce que les résultats des prochaines élections seront en vérité et de fait le reflet de l’expression de la volonté générale ? Certes, on comprend les exigences et le pragmatisme traditionnel électoral haïtien, et la tentation pour satisfaire de manière musclé un besoin politique réel et cuisant. On comprend aussi le sens traditionnel du mot « intelligent » de son équivalent ou de son synonyme dans le vernaculaire politique haïtien. Ce qui est important à comprendre : Ce nouveau pouvoir qui préconise le changement, va-t-il rompre avec la tradition de la sélection électorale traditionnelle, pour ne pas rafler frauduleusement la totalité des 10 sièges aux prochaines élections ? Ce qui est de fait en son pouvoir ! En d’autres termes, va-t-il pour la première fois respecter l’expression de la volonté générale manifestée à l’urne ? On n’est pas en train de plaider en faveur d’un certain angélisme politique, mais en faveur d’une rupture, d’un changement fondamental, comme premier pas vers une ère politique nouvelle, vers un avenir politique nouveau, le respect de l’expression de la volonté politique du peuple pour l’établissement d’une stabilité politique réelle ! L’impératif du moment, est de franchir de pied ferme et en vérité le seuil de l’ère démocratique. N’est-il pas de l’intérêt national d’en finir avec les élections contestées ? Quand le peuple sera confiant que les résultats des élections soient l’expression véridique de la volonté générale, alors et alors seulement que par élimination la prolifération des petits partis et des plateformes disparaîtront. C’est la contestation qui permet et encourage la survie des partis contestataires. Certes, on a plus de 60% d’illettrés qui participent volontiers à un processus dont la complexité leur est difficilement compréhensible. Qui n’ont aucune notion des responsabilités et des devoirs de l’électeur sous un régime de Démocratie représentative. Qui expriment leur volonté déposant des bulletins à l’urne sans comprendre les conséquences du choix qu’ils font, sur leur avenir et celui de la nation. Qui sont incapables de comprendre les différences et les nuances idéologiques et doctrinales qui distinguent, les instruments politiques, les partis politiques les leaders politiques et les candidats. Des autorités élues qui ignorent totalement leurs responsabilités et leurs devoirs envers leurs mandants, etc. Cette réalité a été et est maintenue et entretenue intentionnellement jusqu'à présent parce qu’il sert avantageusement les intérêts de ces deux régimes populistes consécutifs de droite et de gauche qui ont confisqué le pouvoir pendant 54 ans. Si on veut opérer le changement. C’est ce matériel humain, dans l’état où il se trouve, qu’il nous faut accompagner et aider à franchir calmement et résolument le seuil de l’ère démocratique. On n’a pas le choix ! On a plutôt la responsabilité et le devoir de l’émanciper de son ignorance, au lieu de l’exploiter ! On a intérêt à lui offrir le pain de l’instruction, le baume de la justice et du réconfort, au lieu de l’inciter à la violence par la propagation de la haine. On a l’obligation de lui apprendre à articuler intelligemment ses revendications, au lieu de s’acharner à aiguiser ses ressentiments. Certes, il est très facile de se lancer avec rage dans l’exploitation du venin de la haine par le charisme démagogique et ce faisant, se forger un leadership en se trouvant des adeptes prêt à sacrifier leur vie et celle de leurs compatriotes, pour une cause illusoire, en s’imposant par l’internalisation de la peur et la paix des tombeaux ! Mais posez-vous bien la question : Qu’a-t-on jamais construit de positif avec le venin de la haine pendant ces derniers 54 ans ? Ce dernier demi-siècle qui a vu Haïti sombrer dans l’ignorance, la pauvreté et la misère, chassant délibérément hors du pays, 86% de ses professionnels, de ses intellectuels, de ses techniciens, pour devenir le pays le plus pauvre de l’hémisphère, le plus corrompu du monde, un Etat en faillite, n’est-ce pas la preuve irréfutable de ce que produit le venin de la haine ! Quels ont été les éléments de captation et de culture communs à ces deux régimes populistes ? La xénophobie, l’exploitation de l’ignorance, de la violence et de la haine ! Voilà le patrimoine qu’il ne faut surtout pas léguer ! Voilà la pente tentante de la continuité sur laquelle il ne faut surtout pas se laisser aller ! Et enfin, pour qui et pourquoi aurait-on écarté du second tour le candidat par excellence de la continuité, Jude Célestin ?
Robert Benodin

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