Le Konpa Direct envahit le Nord

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A l’approche de la célébration de ses 56 ans en juillet prochain, le Konpa Direct, genre musical crée par Nemours Jean-Baptiste, se répand, ces derniers temps, comme un virus dans la cité christophienne. Aujourd’hui,  près d’une douzaine de formations musicales se croisent sur l’arène musicale du nord dont certains ont même déjà fait leur grande première très médiatisée.
Dans le temps, quand on parlait du Konpa Direct dans le Nord,  les deux rythmes qui revenaient toujours étaient la ‘’Boule de Feu’’ propre à l’orchestre Septentrional, le doyen de la musique haïtienne, et le ‘’Kompa roussi’’ de Tropicana d’Haïti. Fort de leur popularité, ces deux orchestres sont en demande constante au niveau national. Par conséquent, les nordistes sont un peu négligés au  profit d’autres  villes ou cette demande est toujours en hausse.  Les absences prolongées de ces deux icones du Konpa Direct dans leur département d’origine sont à la base de la formation d’autant de groupes de Konpa dans le nord.
Cet empressement  voire excitation à mettre sur pied des groupes musicaux n’est pas nouvelle. Cependant, sa vitesse de propagation actuelle inquiète certains mais fait les délices d’autres. De toute façon, les mélomanes les plus avisés, toujours en quête d’une cure d’esprit en fin de semaine ou en pleines vacances, ne peuvent plus se plaindre.
Presque tous les collèges de la ville disposent d’un mini jazz composé, dans la majorité des cas, d’élèves de ces établissements.  Une pratique qui ne date pas d’hier au Cap-Haitien. Des grands musiciens actuels du Konpa Direct ont fait leurs premières armes dans cette même ambiance de groupes nés sur les bancs de l’école. On peut citer entre autres Richie de Zenglen,  Arly de Nu Look,  K-Talog de Gabèl , Michel Blaise de System Band,  Jean Max Valcourt de Do-La, Delly D. François ou Prince Ello.
Parallèlement à ces groupes ‘’scolaires’’, il y a aussi ceux qui évoluent dans un registre beaucoup plus ‘’commercial’’. Ils réalisent des affiches régulières dans les quelques boites de nuit de la ville.  Cette catégorie regroupe une pléiade de noms qui boitillent encore pour se créer une place dans le paysage musical et s’exposer un peu dans les medias. Pour la seule région de Cap-Haitien, on peut citer : Ambyans,  Alèz, Diamant, K-Bès, Do-Re, Pop Connection, Pam Mizik, Fabrik Mizik, Emergency et Bèl Look.
En dépit d’une production musicale (disque ou chanson-promo) quasi inexistante, ces jeunes formations prennent le risque de s’afficher presque tous les weekends pour reprendre les chansons à succès des principales têtes d’affiche du Konpa Direct : Zenglen, Nu Look, Djakout Mizik ou # 1, T Vice etc.  Une pratique qui inquiète beaucoup les mélomanes  pour l’avenir de ces groupes qui trébuchent beaucoup trop avant de se concentrer en studio pour travailler sur leur propre répertoire.
Le Cap-Haitien est quasi dépourvu de tout pour permettre à de jeunes groupes d’évoluer. ‘’A quoi bon d’avoir le goût, l’envie et le talent quand les structures adéquates font défaut’’, se demandent perplexes certains mélomanes du Cap ? En dépit des difficultés logistiques et administratives majeures, les responsables de ces groupes se disent déterminés à poursuivre cette route combien périlleuse pour arriver à produire des spectacles de qualité, créer leur propre répertoire et enfin devenir des référence dans le sillage de Septen et de Tropic, deux références nationales et internationales incontournables du Konpa Direct, nées aussi un bon matin…au Cap-Haitien.

Hansy Mars et kitelmache
 

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