Le vide politique entrave la reconstruction d’Haïti

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Ce week-end, la Pafa, la plateforme des associations franco-haïtiennes, organisait une journée portes ouvertes dans le nord de Paris. Au centre des débats : la reconstruction du pays, un an et demi après le séisme.  
Il en a été question, de cette crise politique au cours de cette journée. Où en est-on des 7 milliards d'euros promis par la communauté internationale ? Qui gère cette crise ? Que fait l'Etat ? Voilà les interrogations qu'ont les associations franco-haïtiennes engagées dans des projets sur l'île.   Lorfils Réjouis est le vice-président de la Pafa Il est également président de l'association Arche, une organisation active en Haïti par choix mais aussi par devoir : « Nous intervenons parce que l’Etat haïtien est défaillant. Il n’y a pas de vision globale. C’est cela qui explique la présence de nombreuses ONG et associations pour prendre en main la reconstruction du pays ».   Plusieurs milliers d'associations toujours sur place   Des grandes agences de développement américaines ou européennes jusqu'aux plus petites associations qui travaillent sur un seul projet, la confusion semble parfois régner sur l’île. « Même s’il y a des tentatives de coordination, il y a manque flagrant d'organisation », regrette Virginie Rachmuhl, responsable du programme urbain du Gret, l’une des plus grandes ONG française de développement. « Les ONG internationales et les agences de développement ne sont pas toujours coordonnées avec les autorités locales. Parfois même, des projets se nuisent ou s’annulent les uns les autres. » Virginie Rachmuhl souligne surtout qu’il n’y a pas « une ligne politique commune. »   Même si la précipitation n'est pas forcément la meilleure des solutions, il faut agir pour les 300 000 Haïtiens qui vivent encore sous des tentes. L'épidémie de choléra qui a touché l'île ces derniers mois en faisant plus de 5 000 morts a montré que la situation ne pouvait rester en l'état. Lorfils Réjouis, le vice-président de la Pafa, estime que « le message que l’on envoie à la communauté internationale est un message négatif. Puisque rien n’est en place, pourquoi viendrait-on vous aider ? Il faut envoyer un signal fort à l’ensemble des décideurs internationaux. Les Haïtiens doivent enterrer la hache de guerre entre eux pour que le président élu puisse former son gouvernement ».   Des conséquences sur des donations pour Haïti ?   Aujourd'hui, seulement 1,4 milliard d’euros d'aide sur les 7 milliards promis a été débloqué. Les Haïtiens en veulent aux pays riches qui ne tiennent pas leurs promesses mais savent qu'ils ont aussi une part de responsabilité. Roger Joseph est un Franco-Haïtien, lui aussi actif dans une association partie prenante à la reconstruction. « Ce vide politique complique la situation en Haïti. Le président ne peut pas mettre en place sa politique sans gouvernement. Il peut gouverner par décret mais cela n’est pas suffisant. Haïti a besoin d’un président fort parce qu’il faut rétablir l’autorité de l’Etat. »   Ce n'est jamais chose facile. L'histoire récente en Haïti est faite de coups d'Etat et d'élections contestées. Michel Martelly devra donc rapidement trouver un compromis avec la majorité du bloc Inité qui contrôle les deux chambres. Sinon, les Haïtiens perdront tous les espoirs qu'ils avaient placés dans le chanteur devenu président.
Par Nicolas Ropert
 
 
Source: RFI

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