Fondation Vilaj Vilaj: des correctifs ont été apportés, assure Luck Mervil

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La fondation Vilaj Vilaj s'est retrouvée sur la sellette, en mars dernier, à la suite de la publication d'un reportage selon lequel elle ne tenait plus ses comptes. Selon une enquête du journal Les Affaires, la fondation était incapable de dire de quelle somme elle disposait, bien qu'elle soit parvenue à amasser 49 200$ lors de trois concerts de l'Orchestre Symphonique de Montréal en 2010.
À l'époque, l'organisme n'avait pas de compte bancaire. L'argent avait été placé dans celui d'un bénévole, Parnell Pierre. Ce dernier affirmait alors avoir perdu le contrôle de la comptabilité. «On dépensait à gauche, à droite. J'ai fait des paiements avec ma carte de crédit, avec l'argent de la Fondation», avait-il admis dans les pages des Affaires.
En entrevue avec La Presse, hier après-midi, Luck Mervil et deux membres du nouveau conseil d'administration, Ron Rayside et Philippe Terninck, ont affirmé que toutes les factures ont maintenant été retracées et vérifiées. Des états financiers ont été produits par la firme BDO Canada. Selon le document que nous avons obtenu, 30 000$ ont servi à couvrir les frais de déplacement des membres de Vilaj Vilaj en Haïti. Environ 11 000$ ont été dépensés en «infrastructure». Il s'agirait de dépenses en études techniques et en arpentage. La majorité des autres dépenses étaient de nature administrative.
«Si c'était à refaire, probablement qu'on aurait fait les choses différemment, a déclaré M. Mervil. Mais en même temps, lorsqu'il y a une urgence, qu'est-ce que vous faites? Vous allez vers l'urgence! Est-ce qu'on a péché par excès d'enthousiasme? Oui, absolument. Vous pouvez nous taper sur les doigts là-dessus. On a été enthousiasmés et on a été trop rapides. On s'est dit: let's go, il y a des gens à sauver, vite, il faut monter le projet.»
M. Mervil rappelle que Vilaj Vilaj n'existe pas «depuis 30 ans». «Dans les premiers balbutiements d'un organisme, c'est assez normal ce qui nous est arrivé», dit-il.
Au cours des derniers mois, la fondation a également restructuré son conseil d'administration. Parnell Pierre et Steve Saint-Pierre, les deux actionnaires de Constructions Nomade - entreprise chargée de bâtir le futur village haïtien -, se sont retirés du conseil d'administration. Philippe Terninck, consultant en communications et auteur de Dans l'antre de Norbourg, a joint le conseil. M. Terninck admet qu'avec le recul, le fait que les deux actionnaires du constructeur aient siégé au conseil d'administration de leur client, un organisme à but non lucratif, ait pu poser une apparence de conflit d'intérêts. «Est-ce qu'il y a eu un manque de rigueur? Oui, mais il ne pouvait pas y avoir de conflit d'intérêts puisqu'ils n'ont jamais été payés pour leur travail.»
«Je travaille dans beaucoup de projets sociaux. Au début, c'est une petite équipe qui commence et peut-être, malheureusement, la structure comme l'organisation, des fois, viennent après. Mais c'est vrai dans presque tous les projets sociaux», a ajouté Ron Rayside, architecte et concepteur du village. «Aujourd'hui, l'organisation est solide. Il y a un vrai terrain, un vrai plan, un vrai arpentage. L'organisation s'est reprise en main, elle est beaucoup mieux structurée, il a un conseil d'administration très solide.»
Un projet ambitieux
Vilaj Vilaj souhaite ériger une petite ville de 780 maisons dans la commune de Paillant, au sud-ouest de Port-au-Prince. On projette d'y construire de deux à quatre écoles primaires, un lycée et une clinique de santé. Il y aurait des zones résidentielles et agricoles. Le centre serait réservé à la circulation piétonne. Près de 5000 personnes pourraient y vivre. Les maisons seraient louées aux Haïtiens selon les prix en vigueur. Un bail emphytéotique de 99 ans a été signé avec l'État haïtien.
Il faut maintenant collecter des fonds. Vilaj Vilaj courtisera des bailleurs de fonds internationaux et des grandes fondations. Elle compte également lancer une campagne de souscription au Québec cet automne.
«Nous avons reçu une lettre de Bill Clinton, qui préside la Commission intérimaire pour la construction d'Haïti (CICH) et qui dit: «Votre projet, nous l'avons vu, nous l'aimons [...] Continuez à y travailler»», a affirmé M. Mervil.
«Ils comprennent que c'est un projet qui est concret, que c'est très bien articulé, que ce n'est pas un rêve. Que l'on parle d'un projet où il y a un terrain et où l'on a rencontré les personnes qu'on devait rencontrer».

Daphné CameronLa Presse

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