Une offensive haïtienne pour l'Amiral

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Avant d'enfiler leurs longs bas et leurs souliers à crampons, Adeline Saintilmond et elle portaient des tongs. Et même si Saintilmond s'avère la plus timide des deux nouvelles acquisitions du club de soccer semi-professionnel, elle ne se gêne pas pour voler le bonnet de sa compatriote pour le plaisir du photographe. En dessous, Pierre-Louis porte un autre couvre-chef, plus mince celui-là, en nylon. Comme quoi tout n'est peut-être que question de style.
De nature réservée et fatiguées par le long voyage de lundi, elles limitent leurs réponses au minimum. La barrière de la culture et de la langue y fait aussi pour quelque chose. Surtout pour Saintilmond, qui laisse toutes les réponses à son amie et coéquipière de longue date.
Car avant de devenir les premières Haïtiennes à s'expatrier pour jouer dans un club étranger, elles s'alignaient avec le Valentina FC, à Port-au-Prince. Pierre-Louis admet du bout des lèvres qu'elles y sont «les deux meilleures» et en quelque sorte «des vedettes». Les deux font aussi partie de l'équipe nationale, classée 62e au palmarès mondial.
 
Le championnat féminin haïtien bat actuellement son plein. Elles manqueront au Valentina, avec qui elles ont déjà remporté le titre national. Le calendrier régulier s'étend sur 18 rencontres et chaque rendez-vous local attire environ 500 spectateurs, une assistance comparable à l'Amiral.
La milieu de 22 ans précise que toutes leurs ex-coéquipières au pays «sont très fières et très contentes pour nous». «On y pense depuis longtemps. C'est un rêve pour nous» de jouer professionnellement dans un autre pays.
Une idée de Michel Vallée
L'idée est venue de Michel Vallée, l'ancien président de l'Association régionale de soccer de Québec. Vallée est ingénieur et il participe à la reconstruction de l'après-tremblement de terre, en Haïti. C'est lui qui a découvert ces perles noires du ballon rond. Le projet de les envoyer chez l'Amiral a vu le jour en février.
Quatre mois plus tard, elles débarquent à l'aéroport de Québec. Pour les deux prochains mois, les filles logeront dans le sous-sol des Bouchard. Le couple loue des chambres dans sa résidence de la rue de Grenoble, entre l'université et la route de l'Église.
Plus trapue que sa consoeur, Saintilmond est une robuste attaquante de 26 ans. Elle devrait mettre le point d'exclamation sur une attaque déjà bien pourvue avec les Mélissa Lesage, Véronique Laverdière et Josée Bélanger.
Pierre-Louis portera le numéro 16, Saintilmond le 17. Hier soir, elles ont passé leurs examens médicaux, avant d'aller s'entraîner pour la première fois avec leurs nouvelles coéquipières. L'Amiral commencera sa saison samedi, à London, en Ontario. L'ouverture locale aura lieu mercredi prochain.
«Nous voulons jouer avec l'Amiral pour être championnes», promettent-elles d'un grand sourire volontaire.

 

 

Olivier BosséLe Soleil

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