Les élus écartés, quelle issue ?

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[AlterPresse]--- Dix sept députés et deux sénateurs, dont des nouveaux élus, écartés de la liste des résultats définitifs émis par le Conseil Électoral Provisoire (CEP) attendent toujours de connaitre leur sort, alors que les travaux parlementaires ont déjà débuté.
La 1re session ordinaire de la 49e législature a été ouverte le lundi 2 mai, à une semaine de la fermeture de cette même session, soit le 2e lundi de mai, lors d’une séance en Assemblée nationale à laquelle 53 députés et 16 sénateurs ont répondu présent.
L’absence de ces 19 parlementaires suscite déjà des remous au Parlement entre députés et sénateurs issus de différents partis politiques.
Le sénateur Youri Latortue (AAA/Artibonite - Nord), à la tête d’un groupe de onze sénateurs, en signe de solidarité avec ces 19 parlementaires, n’entend participer à aucune séance au Parlement tant que ces derniers n’entreront pas en fonction.
« Nous tenons à supporter les 23 députés qui exigent l’intégration de leurs collègues mis à l’écart. Pour cela, nous ne participons à aucune séance et nous demandons au CEP d’appliquer les recommandations de la mission d’observation OEA-CARICOM », déclarait le sénateur Latortue peu avant l’ouverture de l’Assemblée nationale, lundi.
La mission d’observation OEA-CARICOM exhorte les autorités électorales au maintien des résultats préliminaires du 4 avril après examen des dossiers traités par le Bureau du Contentieux Electoral National (BCEN).
Vingt trois députés qui ont contesté l’élection du nouveau bureau de la Chambre basse, à cause de l’absence de ces 19 parlementaires, n’entendent, eux non plus, prendre part à aucune activité au Parlement.
« Il n’y avait pas d’Assemblée nationale car aucune norme n’a été respectée. Il n’y avait la présence d’aucun représentant de l’exécutif, ni de haut dignitaire du gouvernement », dénonce le député Jean Acklush Louis Jeune (Alternative), membre du groupe des 23.
« Notre position est claire, nous ne participons pas aux séances sans que tous les membres (99 députés) de la Chambre basse soient présents », insiste le député de Dame Marie (Sud-ouest).
Le député des Cayes/Ile-à-Vache (Sud) de Repons Peyizan (Réponse des paysans), Jean Fénèl Thanis, qui fait sa première expérience de parlementaire, rejette cependant toute idée de former un quelconque bloc parlementaire en opposition au groupe majoritaire.
« Je juge anormal que des collègues députés commencent sitôt à constituer un blocage pour le Chambre basse », critique Jean Fénèl Thanis, qui appartient au parti qui a donné sa bannière au président élu, Michel Martelly. « Il ne s’agit pas pour l’instant de former de groupe d’opposition, mais il faut que tous les députés puissent accomplir leur mission. D’ailleurs cette semaine est très décisive pour la 49e législature », souligne le député.
Parallèlement, les membres du Groupe des Parlementaires pour le Renouveau (GPR), rassemblant notamment les élus de la Plate-forme Inite et alliés, veulent aller jusqu’au bout.
« Nous sommes le groupe le plus fort au parlement. L’absence de 23 députés ne peut affecter en aucun cas le travail du Parlement. Nous avons la majorité au Sénat et à la Chambre basse. Donc, c’est à nous de faire et défaire », déclare le sénateur Joseph Lambert (Inite/Sud’Est).
Il souligne, au passage, que « le Conseil Électoral Provisoire qui est une institution indépendante ne doit pas se laisser manipuler par quiconque. »
Il n’est pas question de revenir sur les résultats déjà proclamés, ni de tenir compte de quelle soit la recommandation, dit-il.
« Les conseillers électoraux devront assumer leur responsabilité devant la nation au cas où ils voudraient changer les résultats pour plaire à quiconque », martèle le sénateur Lambert également coordonnateur de la Plate-forme Inite.
Le sénateur Jean Baptiste Bien Aimé (Inite/Nord’Est), nouvellement élu, quant à lui, invite ses collègues au dialogue et non à la machination politique.
« Les parlementaires sont les élus du peuple. Ils ne doivent pas refuser de participer aux activités du Parlement. Certes, ils ont le droit de former leur bloc mais il faut qu’ils assument leur responsabilité entant que parlementaire », indique Jean Baptiste Bien Aimé.
En dépit de fortes pressions que commence à exercer la communauté internationale sur les acteurs impliqués dans le processus électoral, aucune solution n’est encore en vue.
Contrairement aux recommandations de la mission OEA-CARICOM, le président du CEP, Gaillot Dorsainvil, en guise de solution, a proposé la mise en place d’un autre tribunal électoral « spécial » pour plancher sur 7 des 19 cas de contestation.
D’autres conseillers électoraux se sont exprimés clairement contre le respect du rapport qu’ils qualifient, cette-fois, de « simple » rapport.
Entre-temps, avec l’ouverture, lundi 2 mai, des travaux de la 1re session ordinaire de la 49e législature, le cap est mis sur l’amendement de la Constitution de mars 1987.
La 49e législature n’a que moins d’une semaine pour produire des réflexions sur la nécessité ou non de donner un vote favorable à la déclaration d’amendement que la 48e législature avait, elle aussi, voté à la va-vite. [sfd gp apr 04/05/2011 06:00]

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