Menace de révocation de visa, INITE divisée

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Il est le président de la Sous-commission des Opérations Etrangères et du Département d'Etat. Manifestement, l'influent sénateur américain Patrick Leahy digère très mal les graves accusations de fraudes et de corruption qui ont émaillées les résultats définitifs des élections en Haïti. Pour essayer de faire entendre raison aux officiels haïtiens qui seraient de près ou de loin impliqués dans ces fraudes électorales, le congressman demande à la secrétaire d'Etat, Hillary Clinton de faire usage d'une arme redoutable des Etats-Unis, la révocation des visas. « Le revirement inexpliqué apporté par le Conseil Electoral Provisoire dans les résultats préliminaires, et qui concerne 18 cas de la course aux législatives est alarmant », écrit le sénateur Leahy dans cette correspondance adressée vendredi 29 avril à la secrétaire d'Etat américain. « Le futur d'Haiti dépend d'un Parlement qui est reconnu légitime. Compte tenu du support que les Etats-Unis ont apporté au gouvernement et au peuple haïtiens dans ces élections, et à défaut de pouvoir remédier rapidement à ces fraudes apparentes, j'écris pour exhorter le Département d'Etat à prendre les mesures nécessaires pour exprimer notre préoccupation, y compris évaluer la qualification en ce qui a trait aux visas et à la résidence permanente aux Etats-Unis des officiels haïtiens qui pourraient être impliqués dans ces fraudes électorales », a-t-il expliqué. Pour le sénateur Patrick Leahy, il est donc essentiel que l'issue du processus électoral soit reconnu libre et juste par la communauté internationale et, plus particulièrement, par le peuple haïtien. « Lors de ma récente visite en Haiti, poursuit-il dans cette correspondance, j'ai entendu plusieurs personnes dire que le peuple haïtien mérite un gouvernement qui se préoccupe davantage de son peuple que de lui-même. Je suis tout-à-fait d'accord. Et si les Etats-Unis doivent effectivement aider Haiti à se reconstruire, nous devons avoir confiance que le gouvernement haïtien jouit de la confiance et du support de son peuple. » Le rapport de l'OEA divise INITE
Comme prévu, le Premier ministre Jean-Max Bellerive a acheminé vendredi le rapport de la Mission de l'OEA au Conseil électoral provisoire (CEP) pour les suites nécessaires. Le rapport aurait recommandé le maintien des résultats préliminaires, ce qui signifie automatiquement si les rumeurs se confirment, l'annulation de l'élection des 18 élus dont la quasi-totalisé est proche du pouvoir en place. L'application ou non de ces recommandations divise des élus de la plateforme présidentielle INITE. Si le sénateur Kelly C. Bastien, responsable de INITE, souhaite l'adoption des recommandations de la Mission de l'OEA, le député Levaillant Louis-Jeune, ancien président de la Chambre des députés à la 48e législature également membre de la plateforme, menace quant à lui, de tourner le dos à INITE si le président Préval ne publie pas dans Le Moniteur la liste des 19 élus contestés des résultats définitifs. Le BCEN doit pouvoir documenter ses décisions dans le cadre des traitements des dossiers de contestations, dans le cas contraire ce sera une déception, a déclaré le sénateur Bastien. Si le BCEN ne peut pas expliquer ce changement dans les résultats préliminaires, INITE ne peut réclamer non plus la victoire, a-t-il dit sur radio Vision 2000. Ancien président de l'Assemblée nationale, membre influent de INITE, il a plaidé pour une investigation en profondeur sur les graves allégations de fraudes portées contre le CEP. M. Bastien croit nécessaire de fixer une fois pour toutes les responsabilités dans cette affaire. Aucun rapport produit par une institution étrangère ne devrait influencer le travail du BCEN, a rétorqué le député Levaillant Louis-Jeune, membre de INITE. L'ancien président de la Chambre des députés a rappelé que le BCEN est l'instance suprême en matière de contentieux électoral. « Si nous rentrons dans cette logique, demain le Parlement votera une loi, le blanc dira qu'il ne la reconnaît pas... », a-t-il dit. La décision du BCEN est irrévocable, a martelé le parlementaire. « INITE comme structure politique doit prendre une position », a-t-il martelé tout en menaçant d'abandonner la plateforme si INITE accepte les recommandations de l'OEA. Pour l'heure, tous les yeux sont rivés sur le Conseil électoral qui devrait incessamment se prononcer sur le rapport de l'OEA.Robenson Geffrard [email protected]
Source: Le Nouvelliste

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