Le doute a changé de camp

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LES COMPOS

Quatre jours après l'acte I, José Mourinho a décidé de revoir quelque peu sa copie. Si le Portugais a conservé le 4-3-3 (4-5-1 en phase défensive) qui avait permis aux siens de tenir tête au Barça samedi, "The Special One" s'est privé d'un avant-centre de métier, envoyant Karim Benzema sur le banc. Pour remplacer numériquement le Français, Mourinho a choisi Mesut Ozil qu’il a titularisé sur le côté droit, Cristiano Ronaldo prenant place dans l'axe, position qu'il occupait régulièrement avec Manchester United lors de la conquête de la Ligue des Champions 2008. En défense, Ramos s'est installé dans l'axe en lieu et place d'Albiol, expulsé samedi. Côté barcelonais, seuls Pinto, dans les buts, et Mascherano, palliant l'absence de Puyol (cuisse), sont entrés dans le onze catalan.
LE MATCH
Une finale ne se joue pas. Elle se gagne. C'est ce que l'on a ressenti tout au long d'un match intense, où les vingt-deux acteurs ont régulièrement montré leurs muscles avant de penser à jouer au ballon. Et à ce petit jeu, personne n’a donné sa part au chien, Barcelonais comme Madrilènes. Busquets, auteur d'une semelle grossière sur Xabi Alonso (14e), comme Pepe, dont l’œuvre a été riche. Ce dernier et ses autres copains du milieu de terrain ont passé les quarante-cinq premières minutes à harceler le Barça et procéder par contres. Incapable de développer son jeu, le collectif catalan a, une fois n'est pas coutume, montré quelques signes ostensibles d'énervement, à l'image de Messi ou Villa. Au retour des vestiaires, le match a complètement changé de physionomie. L'étreinte s'est relâchée et le Barça a enfin mis son jeu en place, tel un chat tournant autour d'une souris. Une souris qui, les rares fois où elle en a eu l'occasion, a joué sa chance à fond. Ce fut le cas dans le temps réglementaire. Comme en prolongation. Et Ronaldo a fini par en profiter.
LES TOURNANTS

Dur d'isoler un événement précis dans une rencontre aussi linéaire, voire manichéenne tant chaque équipe a eu ses moments forts et ses passages à vide. On peut cependant s'attarder sur cette seconde période barcelonaise où les hommes de Pep Guardiola avaient enfin pris le dessus sur le Real Madrid. Au retour des vestiaires, le Barça a eu la couleur du Barça, le goût du Barça... mais ce n'était pas vraiment le Barça. Xavi et ses coéquipiers ont tenu le ballon, Messi a pris les intervalles et éliminé. Mais jamais trouvé la faille. Mis à part Pedro. Mais ce dernier, en position de hors-jeu, a logiquement été privé de son but (69e). Barcelone a laissé passer sa chance durant cette seconde période où le Real avait relâché l'étreinte. La prolongation a été de trop pour des Blaugrana émoussés.
ILS NOUS ONT PLU
"Révélation" du premier match, Pepe a une nouvelle fois réalisé une partie énorme. A l'image de son club, on l'a moins vu en seconde période mais son abattage lors des quarante-cinq premières minutes a été monumental. Aligné une nouvelle fois au milieu, le Portugais, pas toujours clean, s'est démultiplié pour défendre, harceler Xavi, Iniesta et compagnie et même attaquer. On l'a vu plusieurs fois en position d'avant-centre. C'est d'ailleurs lui qui a touché du bois en fin de première période sur une belle tête. Mention spéciale également à Ozil, précieux en première période, effacé par la suite. Et comment oublier Ronaldo ? Un rôle ingrat. Mais quelle abnégation. CR7 s'est dépensé sans compter, a couru comme un dératé sur tous les ballons et a été récompensé en offrant le titre aux siens. Côté Barcelonais, le seul joueur à avoir été constant sur l'ensemble de la partie s'appelle... Pinto. Les autres n'ont pas tenu la distance.
ILS PEUVENT MIEUX FAIRE

Dans son ancien jardin de Mestalla, David Villa ne s'est pas retrouvé. Désormais muet depuis douze matches avec Barcelone, l'attaquant de l'équipe d'Espagne est fantomatique. Lionel Messi, lui, l'a été durant la première période. Mais au retour des vestiaires, l'Argentin, qui a partagé son temps entre le côté droit et l'axe, a ressemblé au génie qu'il est. Mais il manquait un petit quelque chose. Définitivement. Le constat est semblable pour Xavi et Iniesta, dont le rendement a été insuffisant.
AVANT LE PROCHAIN CLASICO...
Le poncif est éculé mais, à mi-parcours, "les mouches ont changé d'âne". C'est indéniable. Incapable de battre le FC Barcelone depuis mai 2008 et souvent humilié par les Catalans, le Real Madrid a balayé ses complexes en une soirée. Grâce à José Mourinho. Le génial technicien, meneur d'hommes émérite, a remis Madrid sur les rails et ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Alors que se profile à l'horizon la demi-finale aller de la Ligue des Champions (mercredi 27 avril), le Portugais doit déjà plancher sur les retrouvailles entre les deux clubs à Santiago-Bernabeu. Pour une opposition qui, dans ses grandes largeurs, pourrait bien avoir l'allure d'une partie d'échecs sur gazon. Si tel est le cas, Mourinho aura déjà remporté une partie de son pari européen.
Eurosport - Maxime DUPUIS / Twitter : @MD_eurosport

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