Zico : "Le Japon va reprendre le dessus"

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Quand Zico est arrivé au Japon, en 1991, il avait déjà écrit les plus belles pages de sa carrière de footballeur. À 38 ans, il tentait une ultime aventure, après avoir fait le bonheur de la Seleção, de l'Udinese et, surtout, de Flamengo. Mais ce qui devait être un chant du cygne s'est peu à peu transformé en idylle. Avec les Kashima Antlers, la vie de Zico a changé. Le football japonais également…
Ambassadeur pour la J-League, sélectionneur de l'équipe du Japon pendant quatre ans, Zico a tissé des liens étroits avec le pays du soleil levant, comme il l'a démontré vendredi dernier, en aidant à organiser le Match de la solidarité à l'Arena da Baixada de Curitiba, au Brésil. Les bénéfices de l'événement ont été reversés aux victimes des inondations de l'état du Paraná et des catastrophes qui ont ébranlé le Japon au cours des dernières semaines.
Cette rencontre caritative a mis aux prises une sélection des amis du Japon, avec dans ses rangs Dunga, Careca et Romário entre autres, et l'équipe des amis du Paraná, composée notamment de Zetti, Raí et Paulo Rink. Si le score de 5:5 est anecdotique, les propos du Galinho de Quintino au micro de FIFA.com le sont beaucoup moins.
Nous assistons aujourd'hui à un grand élan de solidarité de la part de la communauté du football en faveur des victimes des inondations au Paraná et au Japon. Le football est-il un outil important dans ce type de situations ?Oui, j'en suis convaincu. C'est une manière pour les footballeurs de rendre un peu de l'affection qu'ils ont reçue tout au long de leur carrière. C'est le moment ou jamais pour eux de faire quelque chose pour les gens en difficulté. J'ai également reçu une invitation de Kashima pour promouvoir un match-exhibition, prévu pour le mois de juin, entre les meilleurs joueurs de J-League. Les bénéfices seront également reversés aux victimes.
Vous êtes régulièrement en contact avec des Japonais, surtout dans le milieu du football. Avez-vous été surpris par leur réaction face à l'adversité ?Effectivement, j'ai gardé des contacts avec plusieurs personnes à Kashima, à commencer par mon interprète. Ce n'est pas la première fois que le Japon doit se remettre d'une catastrophe. On connaît la force de caractère des Japonais dans ces moments-là. Tout le monde là-bas sait qu'il va falloir du temps pour se relever. C'est inéluctable. Mais j'ai confiance : les Japonais vont reprendre le dessus.
Dans les années 1990, vous avez été l'un des pionniers de la professionnalisation du football au Japon. Depuis, vous êtes devenu une véritable idole là-bas. Comment tout cela est-il arrivé ?Quand j'ai décidé de terminer ma carrière au Japon, c'était précisément dans l'intention d'aider le football japonais à passer au professionnalisme. C'était l'objectif. Au début, je suis allé à la rencontre de la culture japonaise et de ses notions fondamentales, comme la discipline, le dépassement de soi et la détermination. J'ai réussi à obtenir la confiance des gens. Ça m'a ouvert les portes pour travailler dans de bonnes conditions.
Au début, il n'était même pas prévu que vous jouiez au JaponC'est vrai. Quand j'ai signé, je n'avais pas l'intention de jouer. J'imaginais plutôt un poste d'entraîneur. Mais quand je suis arrivé au Japon, j'ai vu qu'il y avait un fossé entre le football pratiqué là-bas et le niveau européen, par exemple. Je me suis rendu compte que même à 60 % de mes moyens, je pouvais encore jouer. C'est ce que j'ai fait. Mon genou a complètement guéri et ensuite, j'ai été meilleur buteur de deuxième division et nous avons terminé deuxièmes, ce qui nous a permis de monter dans le championnat professionnel. Tout cela a été très positif. Tous les efforts et le travail ont payé.
Depuis, Kashima a parcouru pas mal de chemin…Oui. Le club a mis sur pied une structure, que nous avions définie au préalable. Depuis, Kashima est devenu une référence au Japon. C'est d'ailleurs le club le plus titré. Je suis fier d'avoir été à l'origine de cela.
Ensuite, en 2002, vous avez pris les rênes de la sélection du Japon. Que retenez-vous de cette expérience ?Elle fut très riche pour moi. Je faisais mes premiers pas dans la carrière d'entraîneur. J'ai accepté ce poste non seulement parce que je connaissais le football japonais sur le bout des doigts, mais aussi parce que les dirigeants me voulaient vraiment. Je pouvais difficilement refuser. Après, l'expérience a été merveilleuse, aussi bien d'un point de vue sportif que culturel.
Comme sélectionneur du Japon, vous avez remporté la Coupe d'Asie 2004 et participé à la Coupe du Monde de la FIFA 2006 en Allemagne. Comment évaluez-vous votre travail à la tête des Samouraïs bleus ?Dans l'ensemble, les résultats ont été positifs, à l'exception de la Coupe du Monde en Allemagne. Lors de notre premier match dans le tournoi, nous menons 1:0 contre l'Australie et en deuxième période, nous encaissons trois buts en huit minutes. Si nous avions réussi à conserver ce résultat, nous aurions joué les huitièmes de finale. Mais ce que je retiens, c'est que la plupart des joueurs que j'ai lancés à cette époque sont titulaires aujourd'hui, comme le capitaine Makoto Hasebe. Titulaires et performants, dois-je ajouter, car le Japon a remporté la dernière Coupe d'Asie !
En guise de conclusion, quel message aimeriez-vous faire passer au peuple japonais ?Un message qui encourage les Japonais à continuer avec la même unité, la même solidarité et la même force. Malheureusement, le Japon est un pays où la nature a l'habitude de faire des ravages. C'est pourquoi il est d'autant plus important d'être préparé et attentif, afin de pouvoir affronter au mieux des situations comme celle-ci.

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