De quoi le 4 avril sera-t-il fait?

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Les Haïtiens doivent encore attendre  6 jours à compter de ce mardi pour connaitre les résultats préliminaires des élections présidentielles et législatives du 20 mars dernier, la date du 4 avril ayant été desormais retenue par le conseil électoral provisoire à cette fin.Les deux candidats à la présidence, le chanteur Michel Martelly, sous la bannière de la plateforme Repons Peyizan et Mirlande Manigat (professeure d’université) du Rassemblement des Democrates Nationaux Progressistes,  se sont disputés le second tour des élections , il y a  aujourd'hui 10 jours .Chacun des 2 groupes politiques opposés ont pleinement profité de cette trop longue période post 2ème tour pour continuer leur lutte comme si une nouvelle campagne avait débuté après le scrutin, celle-ci pour influencer et faire pression sur ceux d'ici ou d'ailleurs qui, croit-on, à tort ou à raison, donnent la victoire,  la victoire sortant si peu souvent des urnes . On assiste donc à des sorties en série des équipes de campagne et des  supporteurs  qui, à chaque intervention, revendiquent la victoire de leur camp, en brandissant des chiffres venus on ne sait d’où.Les responsables de la plateforme Repons Peyizan n’on pas attendu 24 heures après le vote pour crier victoire, aidés en ce sens par des secteurs de la presse locale et dominicaine et par  quelqu'ancien ambassadeur domnicain en Haïti,  citant des pourcentages non étayés. Le camp adverse, non plus à court d'arguments, ne se  laissant pas réduire au silence, brandit alors une depêche de CNN, retrouvée nulle part, pour appuyer son cri de victoire. Et dans une conférence de presse organisée peu après, il enchaîne que, sur la base des procès verbaux recueillis, sa championne est en meilleure position que son rival avec au moins 4 départements déjà gagnés. Agacés par cette sortie qui a semblé faire mouche, les pro-Martelly bien engagés dans la bataille des perceptions, font vite  de rétorquer en qualifiant les affirmations de leurs adversaires, de simples manœuvres politiciennes de gens affolés par la défaite.Mais, prévenir vaut mieux que guérir, le camp Manigat, sans attendre la période des contestations, repasse à la charge et remet au CEP un mémoire sur les diférentes régions où les partisans de son adversaire auraient commis des fraudes massives et de graves irrégularités.Et puis.... c'est le report de la date initialement prévue pour annoncer les résultats préliminaires, en raisoson de l'ampleur des fraudes. Ce n'est plus le 31 mars, mais le 4 avri.Entre temps, sur le net, les échanges vont jusqu'à l'injure et l'insulte, comme si ça pouvait changer quelque chose.La population ne saura peut-être pas dans quelle mesure cette guerre de « résultats et d'échanges fielleux » influencera   les résultats qui seront  proclamés par le CEP,  puisque la presse menacée de sanctions quelques heures après la fermeture des bureaux de vote, s’est autocensurée.Le directeur du CEP, Pierre Louis Opont, a dans la soirée électorale, demandé aux médias de surseoir à la publication de la tendance des votes pour éviter, a-t-il prétexté, des dérapages.Et puis place nette aux spéculations, aux trahisons et aux coups bas. Et depuis, chaque jour qui se lève est en faveur d'un candidat ou d'une candidate.Les regards sont également rivés sur le centre de tabulation, car, quoiqu'on dise c'est lui qui est supposé remettre au Conseil électoral provisoire les résultats à communiquer. Le porte-parole du CEP, M Richardson DUMESLE assure que tout s'y passe bien et que les opérations de traitement des procès-verbaux s'y déroulent avec professionnalisme et transparence.Cependant, certaines déclarations tendent à jeter des doutes sur la bonne santé des opérations. Des observateurs n’auraient pas accès à toutes les données, à en croire le directeur exécutif du Conseil National d’Observation qui s’en est plaint à plusieurs reprises.Un responsable du Centre d'Education, de Recherches et d'Actions en sciences sociales et pénales (CERES), Wilson Bertrand, est allé dans le même sens, faisant savoir que certaines données du centre de tabulation sont inaccessibles aux observateurs locaux, insinuant presque, que ces derniers qui déambulent à longueur de journée au centre de tabulation, ne seraient que de simples figurants incapables d'influencer, d'imposer ou d'empêcher quoique ce soit.Y aurait-il des zones d'ombres, des zones à cacher? Autre sujet de préoccupations: jusqu’à ce  lundi, environ 5% de procès verbaux n’étaient  toujours pas arrivés au centre de tabulation. Ces bulletins, seraient-ils retenus en chemin ou la route entre les centres de votes concernés et le centre de tabulation serait-elle à ce point longue pour que, partis le 20 ou le 21 mars, ces fameux procès-verbaux ne soient toujours pas arrivés à destination?.En fin de compte, est-ce qu'il y aura un perdant ou une perdante le 4 avril, car tous les procès-verbaux et les arguments brandis par les deux camps, n'ont donné que des gagnants. la crédibilité? du CEP arrivera-t-elle à convaincre du contraire? Ce CEP qui lors du premier tour de la presidentielle avait publié un résultat le 7 décembre  2010pour en publier un 2ème totalement différent le 3 fevrier 2011.Et toute cette tension et cette peur de ce futur proche sont conditionnées par le temps mis par le CEP pour publier les résultats, l'interdiction faite par le CEP de  publier les tendances du vote et la gestion, dès le début du processus par le CEP, la communauté internationale et le gouvernement haïtienOn a bien raison de retenir son souffle et d'être persuadé que la police nationale et la MINUSTAH auront du pain sur la planche.Mais quoi qu'il advienne le 4 avril, le 16 avril 2011 ou plus tard, on ne sera pas sorti de l'auberge, le processus électoral ayant été vicié à la base.
AHP

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