Célèbration de la Journée Internationale de la Femme en Haiti

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La 100e Journée Internationale de la Femme a été notamment marquée par de nombreuses marches organisées par des associations de femmes haïtiennes. A Port-au-Prince, des femmes arborant de T-shirts portant des slogans divers ont défilé au Champs-de-Mars, une place qui abrite les ruines du Palais national. Dans certaines régions du pays, des marches ont même précédé la date du 8 mars, comme ce fut le cas, dans la commune de Borgne (Nord), trois jours plus tôt.
 Dans la capitale haïtienne, des femmes ont participé  à un séminaire animé par le « Rezo pou Vwa Fanm yo /Réseau pour la voix des Femmes » autour du thème « célébrons le succès économique, politique et social des femmes ». De même, à l’initiative des Centres Multimédia de la MINUSTAH dans les différentes régions du pays, la célébration a pris la forme de conférences-débats, d’activités culturelles et d’exposition de produits artisanaux fabriqués par des femmes.
 Les femmes détenues n’ont pas été en reste. Lors d’une cérémonie organisée à la prison pour femmes de Pétion-Ville, en présence de la « Protectrice du Citoyen », Mme Elie, les 250 détenues ont marquée la Journée par des chants, danses, ou présentation des œuvres artistiques dans le centre carcéral. « Ces femmes sont certes incarcérées, mais elles conservent encore leur droit », a souligné Mme Elie à l’issue de la cérémonie.
L’occasion pour une détenue, qui y est écrouée depuis plus 6 ans, de décrire les conditions d’incarcération comme « infernales ». Elle estime également que le système judiciaire est « trop lent ». Cependant, nombre de détenues ont été relaxées suite aux démarches entreprises par Mme Elie, qui promet également de veiller à l’avancement des autres dossiers en cours. Elle « s’engage, par ailleurs, à faire tout ce qui est en son pouvoir pour que toutes les détenues puissent jouir d’un traitement plus ou moins juste ».
La célébration, en Haïti, de la Journée Internationale de la Femme se poursuivra jusqu’au 3 avril prochain, date de la Journée Nationale des Mouvements de Femmes. Parmi les activités prévues, la projection d’un film intitulé « six femmes d’exception », du réalisateur haïtien Arnold Antonin. Ce film met en relief la vie de six femmes, dont la plus jeune est âgée de 80 ans. Des pionnières dans la lutte pour l’émancipation des femmes et qui, dans des domaines divers comme la littérature, l’art et l’éducation, ont marqué le pays.
 L’ONU aux côtés des femmes haïtiennes
Comme le souligne Sheila Laplanche, responsable de communication au sein de ONU Femme, ce film, qui sera projeté le 11 mars, est cofinancé par cette agence de l’ONU, autrefois dénommée UNIFEM. Outre cette activité ponctuelle, ONU Femme, qui œuvre à construire « un monde sans discrimination à l’égard des femmes et des filles, un monde où celles-ci ont les mêmes opportunités que les hommes », accompagne les organisations de femmes ainsi que des entités étatiques à différents niveaux.
Aussi, en collaboration avec l’« Asosyasyon Fanm Soley Dayiti /Association des Femmes Soleil d’Haïti » et « Fanm Deside / Femmes Décidées », ONU Femme met en place, respectivement, dans le Nord et le Sud-Est du pays, deux maisons d’hébergement. Des maisons qui ont pour objet d’accueillir des femmes victimes de violence et de leur fournir des appuis divers devant leur permettre de « réorganiser leur vie », souligne Célia Romulus, chargée de programme à ONU Femme. Pour l’instant, les femmes victimes n’obtiennent qu’un appui psycho-social.
La mise en place de ces maisons a été financée par l’agence à hauteur de 400.000 dollars américains. Ce montant couvre la construction et les frais de fonctionnement pour une durée de deux ans. L’agence fournit aussi un appui technique en termes de formation sur la gestion du centre et la prise en charge des victimes.
De même,  ONU Femme a offert un appui financier aux organisations de femmes SOFA et « Kay Fanm/La Maison des Femmes » dans le cadre du déploiement de « cellules mobiles » dans les camps d’hébergement des sinistrés du 12 janvier 2010. Ces « cellules » ont pour mission de sensibiliser les résidents et les comités de gestion sur les mesures à prendre pour prévenir la violence contre les femmes et les filles.
Elles doivent aussi fournir un accompagnement psychosocial aux victimes. Ces « cellules » jouent en outre un rôle de « référence » auprès des victimes qu’elles doivent orienter vers des institutions pouvant les prendre en charge. Grâce à ce financement, quelque 70 sites d’hébergement ont été touchés et une centaine de volontaires formés.
Dans le cadre d’un partenariat avec l’Etat, ONU Femme a travaillé au renforcement des capacités du Ministère à la Condition Féminine et aux Droits de la Femme afin de lui permettre d’«intégrer le Genre dans les politiques publiques». Dans le cadre de cet accompagnement, un fonds de 300.000 dollars américains lui a été octroyé et des experts mis à sa disposition pour l’aider dans l’élaboration d’une « politique d’égalité ».  Il s’agit également de l’aider dans la « budgétisation sensible au genre », c’est-à-dire l’intégration du genre dans toutes les phases du processus budgétaire. Et dans ce cas, la formation s’est étendue également aux cadres des Ministères de la Planification et des Finances, responsables de la préparation des budgets.
Quant à l’Unité Genre de la MINUSTAH, elle intervient seule ou travaille de concert avec ONU Femme. Aussi, dans le cadre d’un projet en cours, cette unité a fourni des équipements, dont des ordinateurs et des bureaux au Ministère à la Condition Féminine et aux Droits de la Femme pour son bureau central et ses directions départementales. Elle vient aussi en aide à des organisations de femmes, dont le Mouvement des Femmes Haïtiennes pour l’Education et le Développement (MOUFED) qu’elle a aidé à se réinstaller après le séisme.
A la veille du 8 mars, l’Unité Genre a inauguré deux projets à l’intention des femmes et des filles. L’un d’eux, d’une valeur de 24.990 dollars américains, consiste à fournir des ordinateurs à une école de jeunes filles aux Cayes, dans le Sud du pays. L’autre projet, d’un montant de 62.529 dollars américains, a permis de fournir des moulins à 20 organisations de femmes, toujours dans le  Sud du pays.
Grâce à cette initiative, les femmes pourront décortiquer le riz, transformer leur maïs en farine et leur arachide en pâte. L’objectif, selon la cheffe de l’Unité Genre, Mme Baudouine   Kamatari, est de contribuer à « changer la vie des femmes et d’aider à leur autonomisation ».
L’action des deux entités des Nations Unies à l’endroit des organisations de femmes et du Ministère à la Condition Féminine et aux Droits de la Femme poursuit un même objectif : renforcer leurs capacités afin de pouvoir défendre plus efficacement les droits des femmes et des filles. Et cet engagement doit avoir pour axe principal, la lutte contre la violence faite aux femmes, le renforcement des capacités financières des femmes afin d’optimiser leur autonomisation et d’accroître leur présence au sein des instances décisionnelles.
Alors qu’elles forment  52 % de la population haïtienne, 22% des membres du Gouvernement et moins de 5% des deux Chambres du Parlement sont des sont des femmes, tandis que dans la République Dominicaine, l’autre pays de l’ile, les femmes représentent 19,7 % du Parlement. Dans un autre pays assez proche géographiquement d’Haïti, le Costa Rica, leur nombre se chiffre à 36,8% des membres du Parlement.
Rédaction : Faustin caille
Edition : Uwolowulakana Ikavi

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