Une marée humaine accueille Mirlande Manigat à Ouanaminthe

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Plusieurs dizaines de milliers de partisans et sympathisants -mais 100.000 selon les organisateurs- ont réservé dimanche un accueil triomphal à Mirlande Hyppolite Manigat à Ouanaminthe (nord-est), ultime étape d’une tournée régionale qui a vu la candidate démocrate-chrétienne visiter diverses communes en se présentant comme la "mère de la nation".

"Le 20 mars, Mirlande sera Présidente. Mais, cette date aura une autre dimension, car, Ouanaminthe aura un autre visage. Tout va changer", a martelé la professeure qui s’adressait à une foule gigantesque et pleine d’enthousiasme.
Interpellant tour à tour les jeunes, les femmes et les hommes, Mme Manigat a, dans le langage pédagogique qui lui est familier, énuméré le problème de l’accès à l’éducation au niveau classique, professionnel et universitaire, de la violence intrafamiliale et du chômage de masse.
"Je suis en colère, révoltée et déterminée à opérer des changements", s’est insurgée la secrétaire générale du Rassemblement des démocrates nationaux progressistes (RDNP) en rappelant qu’avant même le séisme dévastateur de l’an dernier 800.000 en enfants en âge de scolarisation n’allaient pas à l’école.
Elle a aussi pris des engagements fermes relatifs à la relance de la production rizicole dans le nord-est, une région à vocation agricole, et à une meilleure gestion du marché binational favorable jusqu’ici aux seuls voisins dominicains.
Revendiquant sa maternité, Mirlande Manigat, 70 ans, a tenu un discours rassurant sur sa volonté de travailler au bien-être du pays et de ses enfants. Cependant, elle met en avant le respect impératif de la loi et rappelle que toutes les bonnes mamans sont aussi promptes à punir leurs enfants qui se détournent de la voie indiquée.
Le slogan vedette de la campagne de la candidate "Devan Devan Nèt" (rester en tête définitivement) a été par moment supplanté dans la foule par un autre qui se décline sur le mode affectif : Ban m Manman m (je veux ma mère).
Comme dans tous ses meetings, l’hymne national (la Dessalinienne) a été entonné et Mme Manigat a souligné à l’attention de son rival, Michel Martelly, avoir relevé le défi physique qu’il lui posait. Dans une ville de Ouanaminthe totalement paralysée, elle a, en effet, trouvé les ressources nécessaires pour marcher plusieurs kilomètres alors que le chanteur avait ironisé sur sa prétendue incapacité à se déplacer et sa fatigue.
Certaines pancartes invitaient d’ailleurs le concurrent au respect de la "dignité de la femme".
Sur le podium érigé en la circonstance, Me Aviol Fleurant, un allié et natif de la région qui faisait office de maître de cérémonie, a permis au Sénateur Youri Latortue, à son ex-collègue Rudolph Boulos, très populaire dans son département et à la porte-parole d’une organisation locale de femmes de s’exprimer devant un public bon enfant.
Le parlementaire de l’Artibonite a aussi laissé entendre que "Sweet Micky", malmené par l’assistance pour son passé dissolu, pouvait continuer à exercer ses fonctions de "président du compas", mais que celles de Présidente de la république revenaient à sa favorite.
Auparavant, plusieurs milliers de personnes avaient ovationné l’aspirante à la succession de Préval lors de son passage à Fort-Liberté, ville d’origine de la famille de son mari, l’ancien chef d’Etat Leslie Manigat (Fév-Juin 1988).
En route pour Port-au-Prince, la délégation a eu droit lundi à une "manifestation spontanée" de plusieurs centaines de partisans à hauteur des Gonaïves (Artibonite, nord), a indiqué Youri Latortue, représentant de la région au Sénat.
Avant de se rendre mercredi à Montréal où vit une importante communauté haïtienne, Mirlande Manigat, qui vise systématiquement l’électorat populaire des quartiers suburbains pro-Lavalas, est attendue mardi à Martissant (banlieue sud de la capitale).
Très satisfait du déroulement de la campagne, l’un de ses soutiens, Me André Michel, a fait savoir que la visite de la constitutionnaliste devait être précédée lundi soir d’une "veillée populaire" à Pont Breya.
Samedi, des centaines de personnes avaient assisté au Bel-Air (centre de Port-au-Prince) à un rassemblement électoral au cours duquel Mme Manigat avait repris à son compte un discours de gauche axé sur la transformation de la condition sociale des masses populaires.
Le deuxième tour des présidentielles et législatives doit se tenir dans trois semaines exactement, le 20 mars prochain.
4,7 millions d’haïtiens seront appelés à se rendre aux urnes. spp/Radio Kiskeya

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