Martelly : « Tout le monde a fraudé »

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Michel Martelly, qui a accordé une entrevue à Frantz Duval et Valéry Daudier pour Le Nouvelliste jeudi dernier, chez lui, admet que du verdict final des élections du 28 novembre découlera trois scénarios. Premièrement, la possibilité, dit-il, pour que Martelly soit éliminé définitivement; une autre éventualité qu'il soit admis au second tour et une dernière possibilité d'annuler les élections. « Le choix d'éliminer Martelly est difficile. Mais si tel était le cas, je suis un simple citoyen, je ne pourrai rien faire seul. Mais les responsables auront affaire avec une population en colère pour avoir volé son vote », a-t-il déclaré, invitant déjà ses partisans à manifester dans le calme, sans violence. A en croire le band leader de Sweet Micky, des fraudes ont été commises en faveur de tous les quatre candidats en tête du scrutin présidentiel, dont Mirlande H. Manigat, Jude Célestin, Michel Martelly et Jean-Henry Céant. « Nous avons une équipe technique travaillant sur ce dossier qui révèle qu'ils ont tous fraudé. On a trouvé quelque 2 000 faux bulletins de moi. C'est insignifiant par rapport aux autres candidats, mais ce sont quand même des fraudes », a confié M. Martelly.« Nous n'encourageons pas les fraudes. Il est probable que ce soit nos partisans qui aient fait ça. Si on enlève les bulletins frauduleux, Martelly passera en première position et sera admis au second tour », a renchéri le leader de « Repons Peyizan », qui attend une décision des autorités locales pour dénouer la crise. « Pour le moment, je suis exclu. Mais cela ne m'empêche pas de faire des propositions aux différents acteurs, excepté à l'acteur principal qui est l'Exécutif. Et je crois que c'est à lui de décider », a lancé le candidat au crâne rasé ayant pour slogan « Tèt kale ».La conjoncture favorable à Michel Martelly ?Michel Martelly a indiqué, que l'on soit d'accord ou pas, il reste un candidat important dans la course électorale. Mais c'est la conjoncture, a-t-il jugé, qui a joué en sa faveur. « Ce n'est pas nous qui sommes si fort mais en fin de règne, n'importe quoi peut jouer en votre faveur et contre l'adversaire », a soutenu Martelly. Il a pris en exemple une marche avec ses partisans qui avait débuté à Pétion-Ville pour aboutir au Champ de Mars, quand un petit avion les avait bombardés des posters de Jude Célestin. « C'est une stratégie qui a joué contre lui dans un pays en situation difficile, dévasté par un tremblement de terre », a fait remarquer Michel Martelly.« Les multiples affiches et billboards de Jude Célestin partout dans le pays ont aussi joué contre le pouvoir. Car on n'a pas ressenti la même fougue du gouvernement pour reloger les sans-abri. C'est pourquoi l'on a entendu lors des manifestations : « Ti Jude ban nou lajan, nou vote Micky. » Ironie du sort ! », a ajouté Martelly. « Je n'ai aucun problème personnel avec Jude Célestin et René Préval. »

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Contrairement à ce que plus d'un pense, Martelly a avoué qu'il n'a aucun problème personnel avec son ancien ami Jude Célestin et le chef de l'Etat, René Préval. « Jude Célestin était mon ami dans les années 90. Mais cela fait plusieurs années qu'on ne s'est pas vu. Je connais le personnage, donc je n'ai aucun problème avec Jude, mais avec le système », a indiqué M. Martelly. « Si je le rencontre quelque part, je suis prêt à lui serrer la main, peut-être qu'il n'acceptera pas », a fait savoir le candidat. Cependant, le leader de « Repons Peyizan » estime que son ami ne peut pas être admis au second tour. « Jude ne peut pas être admis au second tour, car il n'est pas populaire et il représente la continuité. Or, le peuple a choisi de voter contre la continuité », a souligné le candidat-chanteur.« Je n'ai aucun problème personnel non plus avec René Préval. Ce qui me dérange avec lui, c'est qu'il est chef d'un système qui ne donne pas de résultats. Je me suis présenté pour changer ce système et je ne suis pas là pour déclarer la guerre à Préval, pour faire la chasse aux sorcières. D'ailleurs, nous sommes tous responsables de nos maux », a déclaré Michel Martelly qui invite les autorités à se ressaisir à l'occasion des fêtes de fin d'année et pour prioriser l'intérêt du pays.Martelly avait accepté sa défaiteEn fait, à en croire le chanteur de Sweet Micky, lorsque le Conseil électoral provisoire (CEP) a publié les résultats préliminaires des élections le 7 décembre dernier, il a accepté la défaite. C'est la révolte de ses partisans dans les rues qui l'ont encouragé à aller jusqu'au bout. « Quand on a proclamé les résultats, je ne faisais que saluer des gens de mon équipe qui étaient chez moi, les remercier pour avoir voté pour moi. Et, pour moi, c'était une affaire classée car le CEP a proclamé les résultats. On allait par la suite donner une conférence de presse quand des gens nous ont appelés pour nous dire que la population est révoltée face aux résultats. A ce moment-là, j'étais indigné », a expliqué Micky en sa résidence à Péguy-Ville au cours de cette entrevue.Face à une telle situation, le leader de « Repons Peyizan » a encore invité les autorités à respecter le vote de la population. Vu la situation chaotique du pays provoquée par l'épidémie de choléra et le tremblement de terre, Michel Martelly estime que les dirigeants auraient pu décréter l'urgence en indiquant qu'il n'y a pas moyens d'organiser les élections. « On aurait pu décider de nommer quelqu'un pour un ou deux ans en attendant de résoudre certaines crises avant d'organiser les élections. Je crois que la population aurait compris la situation », a commenté le candidat à la présidence.Martelly ne fera pas d'alliance avec la « continuité »En cas d'une défaite définitive au cours de ces élections, Michel Martelly ne se voit pas encore appuyer un autre candidat au second tour, s'il y en aura. Mais il est clair : il ne fera pas d'alliance avec la « continuité ». Et Mirlande Manigat ? « Il faudra que je discute d'abord avec mon équipe de campagne avant de décider si je la supporterai ou pas », a répondu jovial Michel Martelly, rassurant qu'il continuera à travailler aux côtés de la population, notamment à oeuvrer à travers ses actions caritatives. « Je travaille au bien être de la population depuis des années, pas besoin d'être président pour continuer à le faire, ni d'occuper un poste public » a conclut le chanteur vedette avant de se mettre au piano pendant quelques minutes.Valéry DAUDIER[email protected][email protected]
Courtoisie: Le Nouvelliste
 

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