Haïti: la campagne présidentielle menace de sombrer dans la violence

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PORT-AU-PRINCE - Un candidat visé par un attentat, deux hommes abattus lors d'affrontements entre militants: à cinq jours des élections présidentielle et législatives de dimanche en Haïti, la campagne électorale menaçait de céder à la violence, en pleine épidémie de choléra.
Les victimes sont des sympathisants des candidats à la présidentielle Jude Célestin, du parti INITE, proche du pouvoir, et Charles-Henri Baker, du parti RESPE. Elles ont été tuées lundi soir lors d'affrontements à Beaumont (sud-ouest), rapportaient des radios haïtiennes, qui signalaient plusieurs blessés.
Un responsable de la police locale, Pradel Casamajor, a indiqué que deux personnes avaient été abattues, sans préciser les circonstances de leur mort. "Nous sommes en train d'enquêter pour comprendre ce qui s'est passé".
"Deux groupes de manifestants qui accompagnaient les candidats en campagne se sont affrontés à coup de pierres, de bouteilles et d'armes à feu", selon un journaliste local joint par téléphone.
A beaumont également, le cortège de M. Célestin a également été la cible de tirs par balles, selon un membre de son parti. "M. Célestin est sain et sauf, il n'a pas été atteint lors de cette attaque perpétrée par ses adversaires", a déclaré un candidat du parti au sénat, Jean Laveaud Frédérique.
Cet affrontement est intervenu après que M. Baker a assuré à la presse ce week-end que des hommes en armes avaient tenté d'enlever sa directrice de campagne.
Lundi également, des incidents ont éclaté dans le nord-ouest d'Haïti où un bureau électoral a été saccagé par les partisans de la candidate Mirlande Manigat qui protestaient contre la composition des membres des bureaux électoraux, formés exclusivement, selon eux, de proches de M. Célestin, rapportaient des radios de Port-au-Prince.
L'ancien Premier ministre Jacques-Edouard Alexis a mis en garde lundi contre la possibilité que des armes aient été distribuées dans le pays à l'approche des élections.
Ce climat de violence menace la bonne tenue d'élections cruciales pour la stabilité d'un pays exsangue après le séisme du 12 janvier qui a fait plus de 250.000 morts, et qui se débat depuis la mi-octobre avec une épidémie de choléra dont le bilan ne cesse de grimper.
La maladie a fait 1.415 morts et entraîné plus de 25.000 hospitalisations, selon le décompte communiqué mardi par le ministère de la Santé.
Des "fonds d'urgence doivent être débloqués" car le financement de la lutte contre le choléra est beaucoup trop faible, a estimé mardi la porte-parole du Bureau de coordination des affaires humanitaires de l'ONU (Ocha), Elisabeth Byrs. "C'est une situation d'extrême urgence, une question d'heures".
Quatre des 19 candidats à la présidentielle ont demandé un report des élections à cause de la maladie, qui a suscité des manifestations violentes la semaine dernière, notamment à l'encontre des casques bleus népalais de l'ONU, accusés d'avoir importé la bactérie mortelle.
La menace immédiate de la maladie semblait d'ailleurs éclipser en partie l'enjeu des élections, comme en témoignait mardi la Une du Nouvelliste, le plus ancien quotidien du pays, consacrée aux morgues qui "refusent les cadavres contaminés".
Le choléra poussait même les Haïtiens à changer leurs habitudes: nombre d'entre eux ont arrêté de se serrer les mains pour se saluer. A la place, ils s'entrechoquent les poings ou les coudes en pliant le bras.
Malgré tout, des centaines de personnes attendaient mardi matin devant le commissariat de police de Pétionville, au nord de Port-au-Prince, espérant recevoir une carte d'identité qui leur permettra de voter.
Fortuné Miclose, 25 ans, est arrivée à 04H30. "C'est pour voter, pour avoir le changement. Si Dieu le veut, je vais pouvoir voter dimanche", dit-elle.
AFP

 

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