Burkina Faso goûte au Buzz de Carimi !

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Le Burkina Faso, également appelé Burkina, est un pays de l’Afrique de l’ouest sans accès à la mer. Ses habitants sont les burkinabés où burkinais. La capitale est Ouagadougou.

Le nom actuel du pays date du 4 aout 1984 sous la présidence du très célèbre révolutionnaire Thomas Sankara. Il s’agit d’une combinaison issue des deux langues principale du pays. Il signifié ”La patrie des hommes intègres’’.  ‘’Burkina’’ se traduit par ‘’intégrité’’, ‘’honneur” en Moore et ‘’Faso’’ est un terme emprunté  à la langue dioula signifiant ‘’République’’.

L’actuel chef d’état est Blaise Compaoré. Il est au pouvoir depuis 23 ans et candidat à sa propre succession pour les prochaines élections présidentielles prévues le 21 novembre 2010. C’est donc dans cette atmosphère électorale très surchauffée que le groupe Carimi entame une courte tournée, pour la première fois de son histoire sur le sol africain.

Bienvenue en Afrique

Les musiciens de Carimi foulent le sol africain le lundi 16 novembre à l’aéroport international Ouaga de Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso. Les similarités avec Haïti sautent aux yeux. Et ceci dans quasi tous les domaines. Vraiment Etonnant.

 
Passer l’immigration et récupérer ses bagages pour le contrôle à la douane relèvent du vrai parcours du combattant. Je passerai sous silence les péripéties endurées pour finalement sortir avec les bagages. Un vrai exploit tant le système de livraison mis en place n’obéit à aucune logique. Une fois au dehors, nous avons une impression à la fois bizarre et agréable d’être vraiment chez nous, en Haïti.

A cause d’un désert situé à proximité, Ouagadougou est une ville poussiéreuse meme si les routes sont en très bon état. Les posters et affiches à l’effigie du président de la République décorent pratiquement toutes les rues. Souriant et d’une bonne élégance, le dénommé ‘’Batisseur’’, semble-t-il, est le seul candidat en lice, me dis-je, puisque je ne vois aucune photo d’autres candidats, ce qui rappelle un peu – mais dans une moindre mesure –  le visage de l’actuelle campagne électorale de chez nous. Suivez mon regard.

Carimi débarque à l’hôtel ”Princees Yenenga Lodge” situé au centre ville. Le cadre est sympathique, calme et original avec une architecture typique de l’Afrique très inspirée. Un endroit idéal pour se reposer.

Les connaissances, un stade et une performance live

Une conférence de presse se tient à l’hôtel sous une chaleur épouvantable. Nous sommes le 18 novembre. Des journalistes de plusieurs organes de presses très connus de la place (Canal 13, BF1, Femina FM, Ouaga FM etc.) sont sur place.  Un moment très enrichissant pour les jeunes journalistes qui ignoraient totalement l’existence d’un genre musical appelé ”Konpa Direct” dans cette partie de l’Amérique appelée ”Caraïbe”. Pour eux, le Zouk est la seule référence musicale de la Caraïbe francophone.

De tous les musiciens haïtiens vivants, Alan Cavé, malheureusement associé  à un chanteur de Zouk, est le seul connu au Burkina Faso. Par contre, le feu Roi Coupé  Cloué, de son vrai nom Jean Gesner Henri, a été mentionné, à maintes reprises, comme étant indiscutablement le plus célèbre musicien haïtien sur le continent africain. En ce sens, les journalistes ont insisté sur la nécessité d’une promotion sérieuse et coordonnée de la musique haïtienne sur la terre de leurs ancêtres.

ACP Productions de Eristan Lolange, promoteur de la tournée africaine de Carimi, met tout son poids dans la balance pour que certaines brèches s’ouvrent à la musique haïtienne en Afrique. En ce sens, Lolange a joué sur ses influences afin de programmer Carimi dans un grand concert  au Stade du 4 Aout à Ouagadougou. D’autres groupes et artistes très connus en Afrique tels : Extra Musika, Gore, Les Patrons de la Cote d’Ivoire, Toucan du Togo et la formation fétiche du ouaga “Cours Suprême” partagent la scène avec Carimi.

Buzz sur Burkina !

Devant 30 mille personnes, selon les organisateurs, Carimi débute sa prestation vers 13H. La sono, très impressionnante, est assurée par une compagnie française armée de matos High-tech. Beaux à voir. Dans ce stade totalement étranger au groove du Konpa Direct, Carimi s’en est sorti la tête haute durant les 15 minutes qui leur étaient impartis.

Forts de leurs expériences de différentes scènes internationales, de la simplicité et de la sonorité moderne de leur Konpa, conquérir ce public n’était qu’un jeu d’enfant pour ces garçons bourrés de talents.  Apres une balance de son rapidement effectuée par Gregory Chérie, Carimi enchaîne coup sur coup ‘’Chacha’’ et ‘’Buzz’’ avec une vitesse d’exécution étonnante. Le public curieux, au départ, entre dans la danse progressivement jusqu’à se laisser gagner par la chaleur de ce Konpa haletant.

Michael Guirand, chanteur principal du groupe, très inspiré, a pu trouver les phrases exactes pour s’attirer la sympathie de ce public un peu hésitant et le trainer dans l’ambiance du ‘’Buzz’’. Comme par enchantement, la foule, hyper réjouie, reprend très vite en cœur comme une seule voix ‘’Buzz !’’, sous la direction d’un Michaël en apothéose. Le Français est la langue officielle du Burkina. Cela a énormément facilité  la tache à nos ambassadeurs dans leur communication réussie avec le public.

Chaudement applaudie, cette courte performance live est la preuve que l’Afrique francophone (voire anglophone) représente un marché  potentiel pour l’expansion de la musique haïtienne, en général, et du Konpa Direct en particulier. Un objectif, certes, difficile à atteindre mais il faut essayer.

La prochaine affiche de Carimi au Burkina Faso est prévue pour le 21 novembre au Club Enta, toujours dans la capitale Ouagadougou.

De cette visite en Afrique, la terre de nos ancêtres, il en ressort que le fossé qui nous sépare de nos frères africains est énorme tant sur le plan culturel qu’artistique.  Leur ignorance de nos réalisations dans ces domaines précis est évidente voire inquiétante.  Les haïtiens dansent la Soucousse et d’autres rythmes africains aussi bien, voire mieux, qu’eux alors que notre Konpa, vieux de 55 ans, est quasi inconnu chez eux. N ’y a-t-il pas là matière à réflexion?

En tout cas, compliments aux boys de Carimi qui ont su, en très peu de temps, et devant un grand public, donner une impression positive de notre Konpa national. Chapeau messieurs.

Animateur (s)

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