Frantz Courtois, un bon jazzman et musicien s’est envolé

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Jeannot Montes, Fanfan Courtois et Boulo Valcourt à La Frégate Canadienne en 1969 - source facebook

Décidément, les années s’attirent et se donnent rendez-vous jusque dans l’au-delà, l’après-vie, à plus ou moins brève échéance.

Ils se connaissaient tous. Ils s’estimaient et formaient presque une équipe, une bande, tant ils s’étaient unis par leurs talents et la modernité de leurs connaissances dans un même domaine, une même passion : la musique. Ils possédaient chacun l’oreille absolu et phénoménal. Certains lisaient des parutions, d’autres fort peu. Ils ont dominé l’échelle des valeurs musicales de 1964 aux années 80.

Mis à part Jeannot Montès qui les a précédés, il y a de cela un peu plus une vingtaine d’années-si notre mémoire est fidèle-, il semblerait que les uns aient appelé les autres à plus ou moins court terme, leur préparant la place dans l’éternité.

Il y a d’abord l’aîné, le musicien senior, le gourou et mentor Herby Widmaier, qui appelle à sa suite Boulo Valcourt le 17 novembre 2017. Celui-ci enjoint son copain Lionel Volel de le retrouver il y a de cela quelques mois en 2018. Finalement Lionel a tendu la main, le mardi 8 janvier 2019, à son vieux complice Frantz Courtois, guitariste émérite du groupe. Il l’a extrait, il l’a retiré de l’existence haïtienne devenue invivable, peu propice à la vie artistique.

On le savait malade, soignant consciencieusement son diabète; il souffrait également d’arthrite et de troubles de la vue. On ne croyait pourtant pas à un départ aussi précipité de sa part. Il aurait atteint ses 71 ans en février de cette année.

Frantz Courtois avait la musique dans les gènes. Son parent ou aïeul Julian Courtois, pianiste, forma beaucoup de générations et fut le premier à jouer La «Dessalinienne», soutenant le chanteur phénoménal Candio Despradines, premier exécutant de l’hymne national.

Frantz «Fanfan» Courtois est un grand autodidacte, et un brillant. Il a pratiquement appris seul la guitare, son instrument favori. Et a excellé comme jazzman, soliste improvisateur et harmoniste aux bonnes oreilles et grand savoir. Il devait se mettre des années plus tard au piano, dans les mêmes conditions, étonnant plus d’un par ses aptitudes.

Frantz Courtois s’est fait connaître, à la fin des années soixante, d’abord dans Ibo Combo, remplaçant le guitariste Titte Pascal, d’où son amitié et son attachement à Herby Widmaier. Auparavant dans son enfance et dans son adolescence, ce natif de Port-au-Prince et riverain de l’avenue Magloire Ambroise connaissait et écoutait des aînés comme Murat Pierre, Antoine Osselin, qu’il admirait. Il assistait parfois, «dans ses flâneries, aux répétitions du Jazz des Jeunes», au Théâtre de Verdure.

Il a côtoyé Jeannot Montès, Lionel Volel, Boulo Valcourt, Jean-Jean Laraque, Herby Widmaier, Frédéric et Yves Mardice, Gérald Merceron, Guy Durosier et Fritz Joassaint. Le musicien a fait partie de diverses formations, en trio ou combo, avec ses frères ou des amis. Il s’est produit dans diverses boîtes comme Le Flamboyant, à El Rancho, puis son Swing Club», le Café des Arts, à l’hôtel Le Plaza ; dans son club de Jazz personnel, La Bohème, à la rue Panaméricaine à Pétion-Ville, au Boléro de Ronald Mevs à la rue Louverture dans les années 80 du siècle dernier.

Sa dernière grande initiative remonte à 1996 : un grand orchestre de musique populaire élaborée, dans le style des big bands des années 40 et 50. Une vingtaine de musiciens et un «rétro». L’orchestre pour nostalgiques, avec Pierre Blain et parfois Frantz Courtois au chant, n’a pas fait long feu.

Frantz Courtois nous laisse au moins 3 CD: seul en «one man show» et avec l’orchestre (grand orchestre d’Haïti). Ce n’est pas du jazz pourtant, musique où il a excellé et dont il s’est tellement réclamé. On se souvient de ses émissions de jazz sur Radio Nationale.

Frantz Courtois a animé des émissions de musique populaire «rétro» sur Radio Métropole et Radio Ibo. Il y faisait passer son goût de l’humour, de la blague et de la plaisanterie, du sarcasme parfois politique. Fanfan avait parfois ses sautes d’humeur, comme ses bontés, malgré ses tours et ses farces mémorables.

Que la terre lui soit légère ! C’est une grande perte !

Roland Léonard source Le Nouvelliste

Œuvres «Si ou te connin», chantée par Guy Durosier «Tiflè» paroles et chant de Herby Widmaier -CD : 1) «Vive Haïti chérie» 2CD avec le grand orchestre d’Haïti -Un solo mémorable dans «Raison de Vivre» de Eumir Deodato, chantée par Herby Widmaier, avec les paroles françaises de Gérald Merceron. NB : Il a été rédacteur en chef, du journal «Le Matin» Il était avocat. Il travaillait dans les assurances de l’O.A.V.C.T. -Il a laissé un roman. «Les matins de l’Aurore»

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