Yves Romain Bastien flambe le Parlement et le président Jovenel Moïse

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Yves Romain Bastien

Yves Romain Bastien, favorable à l’augmentation du prix de l’essence, à des actions pour éviter la hausse des coûts du transport, a descendu en flammes le Parlement et le président Jovenel Moïse , « un amateur qui se retrouve au pouvoir » à un moment où Haïti s’enfonce dans l’extrême pauvreté…

L’ex-ministre de l’Économie et des Finances Yves Romain Bastien ne prend pas la tangente. Il faut que l’Etat haïtien augmente les prix des produits pétroliers. « Quand j’étais ministre, il fallait autour de 65 gourdes pour un dollar. Aujourd’hui, il faut 93 gourdes pour un dollar. L’essence est achetée en dollars et vendue en gourdes. C’est l’argent du pays que vous prenez pour subventionner l’essence. Cette subvention ne profite pas à la majorité de la population », a soutenu Yves Romain Bastien, estimant que l’Etat ne doit pas faire l’économie d’expliquer le bien-fondé de cette décision au pays, aux Haïtiens. 

L’Etat doit expliquer au pays, aux Haïtiens que cette augmentation est dans son intérêt, a-t-il dit.  L’ex-grand argentier croit aussi  qu’il faut agir afin d’éviter la hausse du prix du transport (tap-tap, moto, bus, camion de transport de marchandises) pour ne pas rendre encore plus difficile la situation des ménages en proie à une inflation de 17,7 % en avril. « Le problème d’Haïti, c’est l’incapacité de l’Etat à expliquer au pays qu’il faut augmenter le prix de l’essence sur le marché parce que nous n’avons pas le choix », a soutenu Yves Romain Bastien, qui est revenu sur sa tentative avortée d’augmentation des prix des produits pétroliers sur le marché.

« Le Parlement s’était opposé à une augmentation du prix de l’essence et avait dit que c’était criminel de le faire », a-t-il rappelé. Selon Bastien, beaucoup de parlementaires, avec un niveau d’éducation pas plus élevé que la population, n’étaient pas en mesure de comprendre les conséquences de leur prise de position contre l’augmentation du prix de l’essence. « Il va falloir les éduquer, les former. Ce n’est pas de l’arrogance. Il faut prendre le temps de leur expliquer les conséquences pour le pays de se retrouver à financer le courant. Ce n’est pas acceptable », a soutenu Yves Romain Bastien, qui n’a pas épargné le président Jovenel Moïse.

« La politique n’est pas pour les amateurs. C’est pour les professionnels. Il n’a été qu’un amateur qui se retrouve au pouvoir sans une compréhension des dynamiques du pouvoir. Cela lui a causé beaucoup de problèmes. La pire des choses qui pourraient nous arriver c'est l'anticipation négative. Comment gérer des anticipations négatives à un moment où les gens n’ont pas confiance en leur chef, la personne qui prend des décisions pour eux ? », a indiqué Yves Romain Bastien, estimant que le pays "s’en va" et qu’il ne revient pas uniquement au président Jovenel Moïse d’agir.

« Il y a une infinité de décisions que nous pouvons prendre, mais il faut que le pouvoir soit plus légitime. Les gens veulent entendre et croire le président », a-t-il poursuivi, soulignant qu’aujourd’hui, avec les problèmes actuels, les dépenses de 7 millions de dollars en frais d’hélicoptère ne plairont pas. Avec cet argent, l’Etat aurait pu acheter deux hélicoptères et former en pilotage d’hélicoptère au Chili, au Mexique des jeunes militaires Haïtiens. « Il faut avoir le courage de dire non. Vous êtes dans un pays qui n’a pas de ressources. Il faut faire des choses pour limiter les dégâts », a estimé Yves Romain Bastien, qui a rajouté une couche. « Il faut comprendre que onze millions de personnes ne peuvent pas se laisser conduire à l’abattoir. Il va falloir décider de construire  ensemble et éviter de se trouver dans la même situation d’avoir des gens qui n’auraient ni la capacité ni l’épaisseur pour gouverner et leur permettre d'occuper un poste», a indiqué Yves Romain Bastien.

L’ex-ministre croit qu’il revient au secteur privé, à la presse, à la société civile, bref, à tout le monde d’agir, de faire des choix stratégiques pour sortir Haïti de l’extrême pauvreté. Ce ne sera pas facile, a reconnu Yves Romain Bastien, qui appelle les acteurs à changer d’approches pour résoudre les problèmes, les conflits.  

Roberson Alphonse source Le Nouvelliste

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