Sortir Haïti du bas du classement

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Frantz Duval Président de l'ANMH - Rédacteur en chef du Nouvelliste

Il y a de ces classements qui vous mettent dans vos petits souliers. Tel est le cas avec celui qui jauge les pays de la Caraïbe en comparant leur produit intérieur brut par habitant en se basant sur des statistiques datées de 2016.

Le PIB d’Haïti par Haïtien, avec 824 dollars, nous classe bon dernier dans la région. Et comme si cela ne suffisait pas, nous sommes loin, très loin de nos plus proches voisins dans le classement. Belize, le pays le plus proche de nous, a 4831 dollars par habitant, la Jamaïque 5106 dollars et la République dominicaine 6163. La différence est énorme.

Le produit intérieur brut par habitant n’est pas une moyenne exacte, diront ceux qui sont de mauvais derniers, mais il demeure une unité de mesure communément admise pour comparer les pays sans prendre en compte les inévitables inégalités internes.

Quand on consulte le haut du classement, on contemple des sommets : les citoyens de Trinidad and Tobago, des Bahamas et d’Aruba disposent de plus de 21 000 dollars par année. Le PIB par habitant d’Aruba culmine à 23 353 dollars.

Mille raisons historiques, climatiques, politiques, économiques peuvent expliquer et expliquent les différences entre les pays de la région Caraïbe. Les retards, les catastrophes, les mauvais choix pèsent sur notre passé. Cela est indéniable.

Pour l’avenir, pour rebattre les cartes, nous remettre dans la course, essayer de rattraper la queue du peloton, que nous faudrait-il ? Telle est la question qui devrait nous tourmenter, mais qui n’est posée nulle part en Haïti avec constance.

Les secteurs qui, aujourd’hui, font la richesse de nos voisins - le tourisme, l’extraction minière, la sous-traitance, l’exploitation agricole, l’agro-industrie, la banque et les services, les investissements directs étrangers- existent ou ont existé en Haïti. Haïti n’a jamais su et ne sait pas encore faire fructifier ces secteurs.

Si l’État haïtien peut contribuer à ce que le pays soit compétitif ou attractif, il revient au secteur privé de faire le gros du travail. Un seul pays de la région, Cuba, connaît une gestion étatique de son économie, et même Cuba ne fait que s’ouvrir à l’initiative privée.

Le secteur privé haïtien doit se mettre au travail pour créer les richesses qui nous manquent et trouver les partenaires qui lui font défaut ou vice versa. Hors de cela, point de salut. L’État haïtien, tel qu’il est et qu’il se dessine dans un avenir proche, peut tout faire sauf faire d’Haïti un pays moins pauvre.

Bien entendu, tout passe par une population mieux éduquée. Des centres de formation mieux adaptées. Des universités au service des objectifs du développement et pas seulement en répétition de ce qui se fait depuis des décennies sans résultats probants.

C’est sur ce terrain que le bilan du secteur privé ne prêche pas en faveur de ses capacités innovantes et de sa responsabilité sociale et citoyenne. Le secteur privé haïtien ne se donne pas assez la peine d'œuvrer suffisamment pour une Haïti mieux éduquée.

Edito du Nouvelliste

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