Des sénateurs espèrent encore sauver Céant des eaux

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Carricature Nouvelliste

Le Sénat de la République est loin de lâcher prise dans la guerre d’interpellation que se livrent les deux branches du Parlement haïtien. Malgré le fait que les députés ont déjà tourné cette page avec le renvoi du gouvernement de Jean-Henry Céant, les sénateurs interpellateurs nient la réalité et rêvent encore de porter le coup fatal, et le président du Sénat ne veut pas être plus précis en annonçant avoir maintenu la date du mercredi 20 mars 2019 pour l’interpellation du « Premier ministre ».

Après le fiasco de la tentative de séance du lundi 18 mars 2019 au niveau du Sénat de la République, certains politiques espéraient un virement de la situation dans la stratégie des responsables du Sénat qui, tard dans l’après-midi, se sont amusés à jouer à l’autruche malgré la poignante réalité de 93 députés qui ont voté en faveur du renvoi du gouvernement de Jean-Henry Céant. Surprise ! La nuit n’a pas apporté conseil aux sénateurs qui ne jurent que par la tenue de la séance d’interpellation d’un Premier ministre démis après le vote des députés.

Ce mardi encore, malgré le vote des députés et la lettre responsive du président de la République disant «  prendre acte » de la décision de cette chambre de renvoyer le gouvernement, le président du Sénat, Carl Murat Cantave, persiste et signe : « La séance est maintenue pour demain. » Aujourd’hui, sans aucun rival pouvant le devancer sur l’heure de la séance, le sénateur Carl Murat Cantave sort de la fameuse formule de « 0 : 00 à 6h 00 p.m. » pour fixer la séance à 2 heures de l’après-midi.

Dans cette histoire, le sénateur Carl Murat Cantave  se démarque de la fièvre d’interpellation en sortant son chapeau de président du Grand corps pour rappeler : « Le sénateur Cantave est le président du Sénat, il est au-dessus des groupes. Un groupe de sénateurs a produit une demande d’interpellation avec une teneur singulière disant qu’on veut recevoir le Premier ministre et les ministres concernés de 0 : 00 à 9 heures le lundi 18 mars, de 0 : 00 à 6 h le mardi 19, mercredi de 0 : 00 à 6 h et jeudi de 0 : 00 à 6 h. Tant que la lettre n'est pas épuisée, par respect pour les sénateurs interpellateurs, je ne peux pas dire qu’il n’y a pas de séance », avant d’ajouter : « Suivez mon regard ». Ainsi, il se fait ponce Pilate mais s’enlise encore en déclarant que « le Sénat est autonome et chaque chambre peut agir selon sa compréhension de la situation », pour répondre à une question sur l’avenir de la séance du Sénat, puisque la Chambre basse a déjà décidé du sort du gouvernement.

 Est-ce qu’un Premier ministre déjà renvoyé par la Chambre des députés a son entrée au Sénat ? Le président n’entend pas « rentrer dans cette considération ».

Et si, dans l’esprit de la Constitution, le président de la République vous appelle pour des consultations visant à choisir un nouveau Premier ministre, vous lui répondrez comment ? « Je n’ai pas de commentaires à faire là-dessus », répond le président du Sénat qui prend « l’esprit et la lettre » de sa lettre d’interpellation comme œillères pour ne voir que son but : la séance d’interpellation d’un Premier ministre déjà démissionnaire. 

Samuel Celine Source Le Nouvelliste

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