Rixe au Sénat : Cantave s’en excuse et s'en lave les mains

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Carl Murat Cantave

Avortement de seance Quelques heures après l’avortement de la séance de ratification de la politique générale du Premier ministre nommé Jean Michel Lapin au Sénat de la République, le président Carl Murat Cantave a rencontré la presse le mercredi 15 mai 2019. Le but était de s’excuser d'avoir offert à la nation un spectacle «si hideux» mais surtout de se dédouaner de toute responsabilité dans la transformation de la salle de séance du Sénat «en terrain de pratique des arts martiaux» pour les sénateurs en panne d’arguments.

Les fiascos enregistrés dimanche et mardi au Sénat de la République font jaillir un flot de critiques à l’endroit du président du grand Corps Carl Murat Cantave, jugé incapable par certains de tenir une séance d’envergure. Le président du Sénat s’étonne devant ces allégations: « J’ai entendu dire que le président Cantave souffre d'un manque de leadership, je préfère en rigoler. Je suis la dernière personne à pouvoir souffrir de ce mal », indique-t-il lors d’une conférence de presse le mercredi 15 mai 2019, quelques heures après son dernier échec. Le président du Sénat veut pour témoins ceux qui le connaissent pour ses exploits passés.

Pourtant, les faits et les propos mêmes du président peuvent témoigner du contraire. Depuis sa prise de fonction en janvier dernier, le sénateur Cantave a essuyé l’échec de plein fouet à trois reprises, à savoir : la séance d’interpellation du gouvernement de Céant ; la séance du dimanche 12 mai ; et celle du mardi 14 mai. N’est-ce pas le sénateur Garcia Delva lui-même, surpris de la décision du président de suspendre pour une deuxième fois la séance du 14 mai, qui est descendu de son bureau pour aller supplier le sénateur Youri Latortue en ces termes : « Youri, se ou ki mete l, ede Cantave non » ?

Aujourd’hui encore, voulant se dédouaner, le président Cantave s’enlise en précisant pour les journalistes : « …Tout comme vous, je ne sais même pas comment le Premier ministre nommé Lapin a fait pour se trouver sur la tribune, devant le pupitre », soulignant que le point 3 de l’ordre du jour auquel il a ordonné de passer était réservé à la « présentation du rapport de la commission ». Effectivement, le président du Sénat avait parlé du point 3 lors de la séance, mais cette tentative visant à montrer qu’il n’a pas agi dans l’intérêt des proches du pouvoir renforce l’appréhension de ceux qui estiment qu'il n’a pas le contrôle de son assemblée.

Mais là encore, Carl Murat Cantave espère se défaire des critiques, indiquant qu’il ne peut rien faire contre des sénateurs qui se convertissent en professionnels d’arts martiaux en pleine séance. «  Je suis là pour gérer les débats contradictoires, assurer que les débats se tiennent dans la tranquillité afin que la population puisse en tirer quelque chose, mais je ne suis pas là pour gérer des séances de pugilat, des séances de coups de poing, de coups de pied, de coups de cloche et de coups de mégaphone », conclut-il, en expliquant qu’il ne peut pas se métamorphoser en Superman pour mettre les fauteurs de troubles hors d’état de nuire en frappant par des « actes de coercition ». Le parlementaire indexe, sur ce point, la faiblesse des règlements intérieurs qui ne prévoient que des sanctions légères contre les mauvais agissements des membres du grand Corps.

Pour l’heure, le sénateur n’est pas en mesure d’annoncer une date pour le troisième round au Sénat de la République. Carl Murat Cantave veut « maîtriser un ensemble de paramètres » en réunissant les acteurs, question d’éviter un « troisième coup d’éclat », qui nuirait encore plus à l’image du Sénat.

 

Samuel Celine source Le Nouvelliste

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