Remaniment ministériel : « Jovenel Moïse n’entend pas agir sous pression ni sous la menace d’un autre pouvoir »

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Comme pour répondre aux pressions des parlementaires lui enjoignant de procéder à un remaniement ministériel sous peine d’interpeller le gouvernement, le porte-parole du chef de l’État a fait savoir que c’est mal connaître Jovenel Moïse si les parlementaires pensent qu’il va agir sous pression.

D’ailleurs, Lucien Jura a fait savoir au Nouvelliste que, quand le président de la République ne sera pas confortable avec ses ministres, il le fera savoir à tout le monde à travers le journal officiel Le Moniteur.

Jovenel Moïse résiste aux menaces et aux pressions des parlementaires. Pour cause, l’ultimatum de 72 heures du député Francisque De la Cruz pour un remaniement ministériel est arrivé à terme depuis plus de 24 heures. « Tant qu’il n’y a pas un remaniement ministériel publié dans Le Moniteur, il faut prendre pour acquis que le chef de l’État n’est pas inconfortable avec son gouvernement », a affirmé le porte-parole de Jovenel Moïse.

Dans le cadre d’un État de droit démocratique, les trois pouvoirs, chacun en ce qui le concerne, ont leurs attributions, a rappelé Lucien Jura aux parlementaires. « Le principe de la séparation des pouvoirs définit les champs de compétence… », a poursuivi le conseiller en communication du chef de l’État dans sa petite leçon aux parlementaires.

Le remaniement ministériel, c’est la prérogative exclusive du chef de l’État en fonction de ses promesses et de son évaluation du gouvernement, a-t-il soutenu dans une interview téléphonique accordée vendredi au Nouvelliste.

M. Jura a rappelé aux parlementaires que leur rôle consiste à légiférer et à contrôler l’exécutif. « Ils n’ont pas à déterminer l’opportunité ou non d’un remaniement au cabinet ministériel. C’est la responsabilité du chef de l’État », a-t-il dit à maintes reprises.

S’agissant de la menace de certains parlementaires évoquant la possibilité d’interpeller tout le gouvernement, le Palais national leur fait savoir qu’ils sont libres de faire tout ce que la Constitution leur permet de faire. Pas plus !

En revanche, le porte-parole de Jovenel Moïse a nuancé en disant qu’étant donné que le chef de l’État a une majorité parlementaire, « par convenance et élégance, il est de bon ton que le président discute avec la majorité». Toutefois, a insisté Lucien Jura, cela ne veut pas dire que le locataire du Palais national entend transférer ses prérogatives à un autre pouvoir.

Lucien Jura d’ajouter que le chef de l’État étant « un homme de dialogue, il discute avec beaucoup de secteurs sur le dossier de remaniement, mais pour l’heure il n’y a pas encore de décision arrêtées».

Le mercredi 18 avril dernier, le député de Thomassique, Francisque De la Cruz, membre de la majorité qui supporte le pouvoir, avait accordé un délai de 72 heures au chef de l’État Jovenel Moïse pour opérer des changements au sein du gouvernement. « Si le président tient vraiment à garder son poulain à la tête du gouvernement qu’il se hâte d’opérer les changements exigés. Sinon, les députés vont réagir et couper la tête du Premier ministre », avait menacé le parlementaire.

Intervenant lundi à l’émission « Haiti Sa k ap kwit » sur Télé 20, le président de la Chambre des députés avait déjà indiqué qu'« au :« Au niveau de la Chambre des députés, nous avons constaté un manque de performance du gouvernement. Aujourd’hui, il est clair qu’il y a un déficit de leadership au niveau du gouvernement ».

Comme la plupart de ses pairs, le député Gary Bodeau a plaidé pour un remaniement ministériel qui, selon lui, peut calmer le jeu. Sinon, a-t-il ajouté, cela pourrait remettre en question tout le système. Le député de Delmas a néanmoins reconnu qu’un remaniement ministériel est du ressort du chef de l’État et du Premier ministre.

Le président du Sénat avait depuis le début du mois appelé le chef de l’État à procéder à un remaniement au sein du gouvernement. Joseph Lambert estime qu’il y a une nécessité de remanier le cabinet ministériel, parce que, selon lui, le gouvernement est à bout de souffle ces derniers jours. « Il lui faut du sang neuf », a-t-il souhaité.

« Si l’exécutif n’opérait pas le remaniement, le Parlement pourrait se retrouver dans la pénible obligation de lui forcer la main… », avait-il dit sous forme d’une menace à peine voilée.

Robenson Geffrard source Le Nouvelliste

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