Réginald Boulos descend en flamme Michel Martelly, prévoit l’échec de Jovenel Moïse sans une action d’éclat pour transformer Haïti…

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Reginald Boulos

Réginald Boulos punche Michel Martelly, entouré par un gouvernement dont les hommes ont accumulé 120 millions de dollars, esquinte les hommes d’affaires sans vision progressiste, égratigne Lavalas associé à la violence, conseille au président Jovenel Moïse une transition de trois ans. Au menu de celle-ci, le chef de l’État devra renoncer à son mandat mais restera en poste pour présider la transition. Le Parlement aussi restera pendant cette période et devra renoncer à ses prérogatives d’amendements de la Constitution, de renvoi du gouvernement pour que le pays mette en place une assemblée constituante, réaliser la conférence nationale, élaborer un plan de développement sur cinquante ans.

L’homme d’affaires Réginald Boulos, capable aujourd’hui de se décrire comme un « homme politique » engagé dans la promotion d’une « troisième voie », une alternative « à la violence Lavalas », « à la gabegie » dans l’utilisation du fonds PetroCaribe des Tèt Kale, a dézingué l’ex-président Michel Martelly lors d’une interview à l’émission « Dèyè Kay » sur Télé 20, 183 Canal Sat, jeudi 17 janvier 2019. «Je crois que Martelly a eu un pouvoir ou un gouvernement qui n’a servi qu’à accumuler de l’argent », a balancé Réginald Boulos.

Il a enfoncé le clou en citant une conversation avec l’ex-ambassadeur des États-Unis, Pamela A. White. « Pamela White m’a dit qu’il y a eu une accumulation de 120 millions de dollars par les hommes qui étaient au pouvoir .» « Est-ce que c’est ça l’offre politique de 2022 ? », s’est interrogé Réginald Boulos. « La majorité silencieuse, aujourd’hui, ne peut pas aller dans le vote du compas. Elle doit aller dans le vote d’une offre réelle de changement et de modernité. Aujourd’hui, n’importe qui peut se porter candidat mais quand il a un track record, on doit analyser son track record », a estimé Réginald Boulos qui a fait référence à un bal le 1er janvier 2019 au cours duquel l’ex-Premier ministre Jack Guy Lafontant, sur scène, au micro, à côté de l’ex-président Michel Martelly, a appelé à garder le pouvoir pour les 20,30 et 50 prochaines années.

Des hommes du secteur privé dans le char Martelly 2022…

Pour ce qui est de ce bal considéré comme une réussite, « des hommes du secteur privé « qui ne croyaient pas que le président Martelly ne pouvait pas revenir en 2022 sont subitement disposés à monter dans le char ». Pour Réginald Boulos, c’est une autre expression de l’inexistence d’une « élite en Haïti ». « Une élite n’aurait pas analysé comme ça. Une élite aurait regardé la réalité du pays, l’absence de changement structurel, le fait que les grands dossiers ne soient pas pris en charge », a indiqué l'entrepreneur qui ne croit pas qu’un million de gourdes ici et là dans les quartiers dans le cadre d’initiative d’apaisement social donnera un quelconque résultat. « Nous sommes un pays malade. Le sérum est le transfert de la diaspora. Vous pouvez garder le malade au lit, dans le coma pendant presque trois ans encore sans décès. Mais il y a un risque de ce que vous dites NDLR dechoukay ». « Nous aimons danser le carnaval. Bourik Chaje nous avait dit « apre dans tanbou lou ». Il faut attendre après le carnaval. Je ne vois pas comment un pays pourra continuer à être géré sans changement structurel et sans action d’éclat », a confié Réginald Boulos.

Action d’éclat « transition de trois avec Jovenel Moïse », constituante, Parlement en place et élections générales à la fin

L’action d’éclat, pour Réginald Boulos, c’est une transition de trois ans, « avec le président Jovenel Moïse, le seul élu légitime qui doit avoir la capacité de la gérer ». « Il doit y avoir une conférence nationale après les travaux préliminaires, l’élaboration d’une ébauche de Constitution, d’une ébauche d’un plan de développement sur 30, 50 ans, la prise en compte de problèmes comme celui de l’exclusion, de couleur, de nationalité... », a expliqué Réginald Boulos qui a finalement décidé de révéler la teneur d’une conversation privée avec le chef de l’État, Jovenel Moïse après que Gabriel Fortuné l’eut fait, il y a plus d’un mois, fin 2018, sur Magik 9, 100.9 FM. « Oui, j’avais proposé au président Jovenel Moïse de démissionner mais je ne lui avais pas proposé de partir. Je lui avais dit qu’il remette son mandat mais qu'il préside la transition. Il reste président et préside la transition. Dans ce cas de figure, nous engageons un accord avec le Parlement qui reste jusqu’à la fin qui va durer d’après moi de 24 à 36 mois… Le Parlement devrait poser deux actes. Renoncer à son droit d’amender la Constitution et ne pas avoir la capacité de renvoyer le gouvernement. Le temps de cette transition devra inclure la mise en place de l’assemblée constituante, la conférence nationale, les élections générales dans trois ans », a longuement expliqué Réginald Boulos qui étale toute sa méfiance vis-à-vis du Parlement qui ne se partira nullement des privilèges que lui confère la Constitution de 1987. « Le plus gros problème du pays c’est le Parlement. « L’un des problèmes de cette Constitution, c’est le pouvoir du Parlement. Tu vas demander à quelqu’un de réduire son pouvoir dans un amendement ? Il ne le fera jamais », a expliqué l'entrepreneur qui dit mettre sa main à couper que le Parlement ne votera jamais les amendements proposés par la commission Tardieu qui a fait un très bon travail.

Jovenel Moïse et le spectre de l’échec

Sans cette capacité de sortir de la pauvreté physique, intellectuelle, prendre la chance de revoter un autre président sans changement en profondeur, c’est courir le risque du statu quo, de la pratique consistant à maintenir le malade Haïti sous perfusion des transferts de la diaspora. Cela ne pourra pas durer longtemps, a gagé Réginald Boulos qui ne va pas par quatre chemins pour prédire l’avenir de Jovenel Moïse, un homme passionné mais pas entouré de gens capables, s’il refuse de diriger cette transition de trois ans. « Jovenel Moïse a cette chance historique. S’il ne la prend pas, il va échouer », a pronostiqué l'homme d'affaires, le nez dans le guidon de la promotion de la troisième qui lui fait égratigner Jean-Bertrand Aristide « occasion nettement ratée » en 1990 et esquinter les Tèt Kale.

Le détail de la troisième voie

« La troisième voie est une nouvelle vision faite de modernité, de transparence, de lutte contre l’impunité, de lutte contre la corruption, de la tenue du procès PetroCaribe, de la mise en place des services sociaux, de la création massive d’emplois, de la promotion des PME, de la promotion de l’entrepreneuriat «noir», parce que nous sommes un pays à 90 % de «noirs», nous ne pouvons pas avoir aujourd’hui un secteur privé «clair». Cela ne fait pas sens. Je suis de peau claire, je dois pouvoir le dire. Nous n'en sommes pas responsables. C’est la troisième vision qui doit lui apporter les solutions. Le jeune universitaire a un rêve. Henry Ford avait un rêve vers la voiture, il l’a fait. Edison avait une vision pour l’ampoule électrique, il a trouvé le support pour le faire », a longuement expliqué l'homme d'affaires. Poussé dans les cordes du doute, du questionnement de sa sincérité de ses paroles, Réginald Boulos, qui précise ne pas être candidat à la présidence, a demandé au pays de le juger à l’aune de ses actions à l’avenir….

Source Le Nouvelliste

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