Quel est l'avenir de Jovenel Moïse au Sénat?

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Jovenel Moise

Presque une semaine après la scène apocalyptique offerte, jeudi dernier, par les sénateurs de l’opposition lors de la troisième tentative de réalisation de la séance de ratification de la politique générale du Premier ministre nommé Jean-Michel Lapin, le Sénat de la République peine à se refaire un visage. Pis encore, l’avenir de Jean Michel Lapin comme Premier ministre, se trouve menacé par la publication du rapport de la CSC/CA sur les fonds PetroCaribe. Et se pose la question du que faire du président Jovenel Moïse?

Si, au lendemain du jeudi du grand déballage, le président Carl Murat Cantave s’etait montré conciliant en annonçant pour le lundi 3 juin 2019 une conférence des présidents pour tenter de vider les contentieux après l’échec de son passage en force, aucune conférence de présidents ne s’est réellement tenue au bord de mer malgré le fait que le président a poireauté pendant tout l’après-midi attendant les présidents des commissions et des blocs politiques du grand Corps ou tout bonnement les protagonistes.

Alors que les débats portaient sur la reconduction de certains anciens ministres de Jean Henry Céant dans le gouvernement de Jean-Michel Lapin, la publication du rapport de la Cour supérieure des Comptes et du Contentieux administratif sur la dilapidation des fonds PetroCaribe vient serrer un peu plus l’étau autour du cou du Premier ministre nommé.

Cette vision est celle du sénateur de l’Ouest Antonio Cheramy qui estime que « le Sénat ne peut pas se permettre aujourd’hui de voter en faveur d’un gouvernement constitué par le président Jovenel Moïse, indexé dans le rapport comme un potentiel dilapidateur des fonds PetroCaribe ». Selon Antonio Chéramy, le président Jovenel Moïse n’a, aujourd’hui, qu’à se mettre à la disposition de la justice pour les suites légales. A propos du gouvernement, Antonio Chéramy est clair : « Nous n’allons accepter ici la présence d’aucun gouvernement envoyé par un président inculpé », et par déduction que lui seul peut expliquer la formule, Antonio Cheramy soutient qu’ « un président inculpé ne peut choisir qu’un gouvernement d’inculpés pour les faire voter par une majorité inculpée ».

En termes clairs, aucun gouvernement proposé par le président Jovenel Moïse ne bénéficiera de la clémence du sénateur de l’Ouest connu pour avoir, à côté de ses compères de l’opposition, imposé sa loi même en utilisant la manière forte au Sénat de la République ces derniers jours.

Un peu plus tard dans la journée de lundi, le sénateur du Sud-Est Joseph Lambert, réputé proche du président Jovenel Moïse et mentor du Premier ministre nommé, dévoile la nouvelle formule de son groupe après la publication du rapport de la CSC/CA. Par une stratégie très proche du « pote manman w vin pran papa w », Joseph Lambert invite les sénateurs de l’opposition à favoriser la tenue de la séance de ratification du Premier ministre nommé Jean-Michel Lapin afin que le Sénat puisse épuiser l’ordre du jour et passer à autre chose. Cette autre chose n’est autre qu’un nouvel ordre du jour permettant la tenue d’une séance sur le rapport de la Cour des Comptes bien avant de confier ce document aux autorités judiciaires, car, selon lui, « tous ceux qui sont indexés dans le rapport de la CSC/CA doivent répondre devant la justice ». Si ce premier argument est réfuté par l’opposition, Joseph Lambert peut se montrer très méticuleux sur la procédure pour prouver la nécessité de mettre sur pied un gouvernement avant de soumettre le dossier PetroCaribe à la justice : « Comme on avait fait pour le premier rapport, le Sénat doit transmettre le document au gouvernement qui, lui, le passera au commissaire du gouvernement », soutient-il.

Donc, la transmission du dossier à la justice nécessitera la mise en place d’un gouvernement, selon Joseph Lambert.

Pour l’heure, ces deux positions tiennent les couloirs du Parlement et vont s'affronter pour décider de l’avenir de Jean-Michel Lapin comme Premier ministre nommé. Un avenir que le président de la République semble vouloir façonner si l’on tient compte de la confession d’une source parlementaire, indiquant que Jovenel Moïse est prêt à sacrifier le poste de son très controversé ministre de la Justice Jean Roudy Aly à côté de trois autres anciens ministres de Céant. Une stratégie qui pourrait marcher à condition que les sénateurs de l’opposition comprennent que le climat n’est pas propice et cessent d’exiger le rallongement de deux ans de leur mandat, comme ils l’ont fait loin des caméras de la presse, selon notre source parlementaire.

Samuel Celine source Le Nouvelliste

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