« Que le tous-ensemble l’emporte sur le chacun-pour-soi», prescrit l’ambassadeur Jose Gomez

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Amb Jose Gomez - photo nouvelliste

En présence du président de la République, Jovenel Moïse, et autres hauts fonctionnaires haïtiens, membres du corps diplomatique et consulaire ainsi que des membres du secteur privé, Jose Gomez, pour son premier discours en tant qu’ambassadeur de France en Haïti, prononcé à l’occasion de la fête nationale de son pays, le 14 juillet 2019, a rendu un vibrant hommage à plusieurs secteurs de la vie nationale et adressé un message d’unité aux décideurs politiques du pays.

L’ancien président Michel J. Martelly, deux anciens premiers ministres de l’ère Jovenel Moïse, Jack Guy Lafontant et Jean-Henry Céant, le ministre haïtien des Affaires étrangères et des Cultes, Edmond Bocchit, le ministre de la Planification et de la Coopération externe, Dr Jean Claudy Pierre, le directeur général de l’ONA, Chesnel Pierre, plusieurs ambassadeurs accrédités en Haïti ainsi que des responsables des agences de coopération internationale, des figures de proue de la société civile haïtienne ont répondu favorablement à l’invitation de l’ambassade de France en Haïti de se joindre aux ressortissants français vivant en Haïti et aux amis de la France pour célébrer la fête nationale française le vendredi 14 juillet à l’hôtel Montana.

 « Depuis un an, Haïti est agitée par de fortes tensions et son peuple traverse un temps d’épreuves. Mes premières paroles seront pour rendre hommage à toutes celles et à tous ceux qui font que ce pays résiste et peut rêver d’un avenir meilleur », a déclaré le diplomate français dans ses propos liminaires se contentant d’évoquer quelques-uns des visages de cet esprit de lutte et d’espérance à défaut de les nommer tous.

À cet effet, l’ambassadeur Gomez a tenu des propos laudatifs envers ces marchandes, ces ouvriers, ces employés, ces parents aux maigres revenus, ces écrivains et ces lecteurs passionnés de littérature, ces jeunes entrepreneurs, ces défenseurs des droits de l’homme qui ne cessent de réinventer l’espoir sous le ciel nuageux et sombre d’Haïti.

« À ces écrivains et ces lecteurs passionnés de littérature qui s’ingénient, dans un pays bloqué, à organiser une foire du livre […] À ces journalistes sans qui il n’est pas de vraie démocratie […] À ces femmes haïtiennes qui ne se rendent jamais parce qu’elles savent qu’elles sont le dernier rempart », a soutenu l’ambassadeur français sous les ovations de l’assistance.

« Grâce à eux et à tant d’autres que je n’ai pu nommer, Haïti est encore debout, tournée vers un avenir que l’on espère meilleur », a-t-il souligné, rappelant à juste titre combien les défis du présent sont redoutables en Haïti.

« Tandis que les urgences sociales, économiques, politiques l’assaillent de toutes parts, Haïti est à l’arrêt. Aujourd’hui, les divisions sont si nombreuses, les ambitions rivales si emmêlées, la situation si compliquée que le désarroi est général », a diagnostiqué Jose Gomez, qui célèbre son premier 14 juillet en Haïti à titre d’ambassadeur français.

« Si nul, à lui seul, ne détient la solution, que faire ? Si chaque parti, à lui seul, est réduit à l’impuissance, que faire? Si aucune mouvance, aucun camp, à eux seuls, ne sont en mesure d’imposer leurs vues, que faire ? », s’est-il interrogé avant de formuler le vœu très simple que les Haïtiens tracent un chemin pour sortir du labyrinthe des calculs politiciens et que le « tous-ensemble » l’emporte sur le chacun-pour-soi.

« Seul, me semble-t-il, un rassemblement, le plus large, le plus inclusif possible, pourrait surmonter ce désarroi, cette impuissance, et donner au pays la force et l’élan nécessaires pour surmonter les blocages », a-t-il prescrit, assurant que dans ces circonstances difficiles, la France est, plus que jamais, aux côtés d’Haïti.

« Malgré les difficultés, nous sommes déterminés à demeurer aux côtés du peuple haïtien et à poursuivre notre coopération en l’adaptant aux besoins et aux difficultés de l’heure », a garanti le représentant de l’État français en Haïti, soulignant au passage que sur le plan économique, les entreprises françaises s’intéressent à Haïti et si les temps ne sont pas propices à de nouveaux investissements celles qui ont choisi d’être présentes dans ce pays résistent, aux côtés de leurs partenaires haïtiens, aux vents mauvais.

« Si le calme revenait, si la sécurité juridique -et la sécurité tout court- étaient un peu mieux garanties, je ne doute pas que les investissements français se multiplieraient », a affirmé Jose Gomez avant de faire un clin d’œil à la longue tradition culturelle liant les deux peuples.  

« Si la France et sa culture sont présentes ici, l’esprit d’Haïti souffle sur les bords de la Seine. Car il existe en France un goût et un intérêt particuliers pour la culture haïtienne, si proche et si différente », a confié l’ambassadeur Gomez, se référant particulièrement à Yanick Lahens ayant inauguré au Collège de France la chaire Sensibilité, Histoire et Culture d’Haïti et à Dany Laferrière qui, en devenant un « immortel », a fait entrer le nom propre Vertières dans le dictionnaire de l’Académie française.

En mai dernier, a-t-il précisé, une œuvre du jeune sculpteur haïtien Caymitte Woddly a été érigée à Bordeaux, sur un quai de la Garonne, en hommage à Modeste Testas, esclave puis affranchie dont l’un des petits-fils, François Denys Légitime, fut président de la République d’Haïti.

Quant à l’actuel président de la République, Jovenel Moïse, une fois la cérémonie officielle terminée, ponctuée par les discours de l’ambassadeur Gomez et du ministre Edmond, n’a pas attendu une seconde de plus pour s’éclipser, sans prendre le temps de d’effectuer la traditionnelle tournée pour saluer l’assistance.

Ce qui n’a pas empêché outre mesure les invités de profiter de cette soirée de célébration de la fête nationale de la France dont l’animation a été confié à un groupe local qui s’est surpassé pour créer une ambiance festive dans les jardins dans de l’hôtel Montana jusqu’à tard dans la nuit.

Patrick ST PRE source Le Nouvelliste

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