Quand l'Etat haïtien démolit une école d'excellence au Cap-Haïtien

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La destruction d'une aile du collège Regina Assumpta (CRA) du Cap-Haïtien par des autorités de la ville ne cesse de faire des vagues. Beaucoup de personnalités critiquent ce geste jugé "irréfléchi" et "arbitraire". Les membres du Salon universitaire du Nord (SUN) condamnent, eux aussi, cette démoliton.

Les membres du Salon universitaire du Nord (SUN) disent prendre acte avec "ébahissement" de la démolition d’une aile du collège Regina Assumpta (CRA) sous les ordres du délégué départemental du Nord, Antonio Jules, au motif de rouvrir des canaux d’évacuation des eaux usées sur lesquels était construit ce bâtiment avec la bénédiction des autorités de l’époque, lit-on dans une note acheminée au Nouvelliste.

Cette institution catholique congréganiste fondée par Mgr Albert Cousineau en 1958 et dirigée par les sœurs de Sainte-Croix est aujourd’hui (un mois après la réouverture des classes) dans l’impossibilité de continuer à dispenser cette éducation de qualité aux jeunes filles de la ville à cause de l’exécution de cette décision. Selon la note, cette intervention exécutée avec légèreté a endommagé la structure du bâtiment et dans une période de fréquentes secousses comme celle que nous vivons, il est impossible d’envisager le retour des élèves.

Fidèle à sa mission de plaider pour la prise en considération des principes et doctrines scientifiques dans la mise en place de politique publique, le Salon universitaire du Nord s’insurge et condamne cet "acte irréfléchi" et proclame haut et fort que le bâtiment du CRA, les autres maisons et écoles de la rue A n’ont jamais été la cause première de l’inondation de la ville à chaque averse. «Ces bâtiments n’obstruent pas les canaux ! D’ailleurs laisser les canaux à ciel ouvert est un problème majeur de santé publique ! Les gratte-ciel de la fameuse ville américaine Las Vegas n’ont à aucun moment empêché l’écoulement de mètres cubes d’eaux usées par minute», indique la note.

Après les inondations de novembre 2007, de nombreuses maisons ont été démolies dans certains quartiers du Cap-Haïtien selon la loi qui prescrit de laisser 1,50 mètre de chaque côté des canaux d’évacuation des eaux usées. Aujourd’hui, dans les zones où ces canaux ont été ouverts, il y a des lacs à chaque pluie. Ce fait met en évidence la limite de l’intervention.

Les problèmes auxquels fait face la deuxième ville du pays sont complexes et doivent être abordés en tenant compte de leur pluridimensionnalité. Le travail doit débuter dans les mornes avant d’aboutir au bord de mer. Le système d’égouts doit être repensé dans la perspective de permettre l’évacuation de la majeure quantité des précipitations. Les travaux de maintenance et de curage des canaux doivent se réaliser fréquemment et simultanément à l’éducation à la responsabilité environnementale et l’écocitoyenneté en vue d’arriver à un autre comportement de la population. La mise en place d’un système moderne de traitement des eaux usées doit être envisagée afin de mettre fin à la pollution de la mer et faire revenir les poissons près du rivage.

«Aujourd’hui, les élèves du CRA sont victimes de la vision limitée de la personne chargée, entre autres, d’assurer la coordination et le contrôle des services publics dans le département. Ce méfait alimente le Salon universitaire du Nord en énergie dans son combat pour la restitution de la place des technocrates dans l’administration publique et l’attribution des postes en fonction de la qualification. Nous ne pouvons plus nous permettre de laisser les rênes du pays à des aveugles, voire des taupes. Inutile de courir ce risque ! Il est évident qu’ils ne sauront nous conduire autre part que dans l’abîme où nous périrons tous ! Le Salon universitaire du Nord saisit l’occasion pour inviter la jeunesse christophienne à s’unir en vue de redorer le blason de la cité et trouver, en prenant la science comme boussole, des solutions efficientes et durables aux maux qui rongent la cité ».

Par ailleurs, le SUN invite les parents, professeurs, élèves, les sœurs de la Sainte-Croix et toute personne lésée par ce fait à aller porter plainte afin d’obtenir justice et réparation. «L’Office de protection du citoyen (OPC) est aussi invité à accompagner les plaignants conformément à sa mission. Haïti est un Etat démocratique qui cherche la voie de l’Etat de droit ! A la femme aux yeux bandés de faire son travail. Que justice soit faite !», conclut la note.

Source Le Nouvelliste

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