Produits pétroliers : l’État paiera toutes ses dettes, selon le MEF

Publié
1 année ago
Dernière mise à jour
1 année ago
2714 views
Time to
read
4’

Jude Alix Patrick Solomon

Le ministre de l’Économie et des Finances, Jude Alix Patrick Solomon, au terme d’une réunion avec la BRH, le BMPAD, la BNC a confié au Nouvelliste, mercredi, « qu’une solution durable » a été trouvée pour que l’acquisition de produits pétroliers ne soit plus problématique. Il a annoncé dans la foulée que la dette à très court terme de 40 millions de dollars vis-à-vis des fournisseurs sera payée vendredi. Tous les bordereaux échus seront désormais payés à temps, a garanti Jude Alix Patrick Salomon.

La dette de très court terme est autour de 40 millions de dollars américains. Elle sera payée au plus tard vendredi. Les retards sont essentiellement dus à l’obtention à temps de dollars pour payer les fournisseurs compte du fait que les compagnies payaient en gourdes, a expliqué Jude Alix Patrick Salomon. À la faveur de l’arrêté stipulant que les transactions commerciales doivent s’effectuer en gourdes, « des gens sont entrés dans la brèche pour payer automatiquement en gourdes ».

Le titulaire du MEF a souligné qu’on n’avait pas, au niveau de l’État, « pris le temps de bien préciser que les transactions pour les biens importés doivent s’effectuer en devise ». Il n’y a pas eu de problème de disponibilité mais d’accès à temps aux dollars. « On n'a pas l’habitude d’aller sur le marché. On a eu des retards », a soutenu Jude Alix Patrick Salomon, qui affirme que ce problème appartient au passé parce qu’une solution a été trouvée. Pour ce qui est des flottements dus à la « dédollarisation », Jude Alix Patrick Salomon a indiqué que le système est en équilibre.Tout système qui fonctionne, aussi imparfait qu’il soit, est en équilibre. C’est cet équilibre-là qu’on tardait à trouver parce qu’on allait trop vite.

Mardi 31 juillet, le journal avait appris de sources concordantes que Dinassa et Sol n’avaient plus de diesel en stock. Le reste de ce produit disponible dans les cuves d’autres compagnies peut s’épuiser très vite, avait expliqué une source proche d’une compagnie pétrolière, soulignant que sans que cela ne fasse grand bruit, le marché pétrolier, particulièrement après l’arrêté présidentiel sur la « dédollarisation » des transactions commerciales dans l’économie en mars dernier, vit au rythme des soubresauts qui provoquent des sueurs froides.

Le pays est passé à deux doigts d’une rupture de stock de la gazoline après les événements des 6,7 et 8 juillet. C’était aussi le cas avant du kérosène. Pouvez-vous imaginer les conséquences que cela aurait pu avoir ?, a-t-elle insisté, soulignant que « la situation va de mal en pis ». « Depuis plusieurs mois, le BMPAD ne peut pas payer ses fournisseurs. On a un fournisseur, Novum, qui garde son bateau au large au moment où je vous parle, mardi 31 juillet. Il veut se faire payer avant de débarquer le produit », avait poursuivi l'une des sources. « Les compagnies pétrolières n’ont pas de dollars pour payer le BMPAD, qui n’a pas lui-même de dollars pour payer ses fournisseurs et le BMPAD n’organise pas les importations normalement », a tancé cette source.

Si le problème est essentiellement lié à l’accès au dollar, le BMPAD, l’État haïtien ont perdu aussi de leur crédibilité suite aux dettes accumulées auprès des fournisseurs.« À un certain moment, le BMPAD devait 100 millions de dollars à ses fournisseurs », avait soutenu la source du journal, qui enfonce le clou de la critique.

« Le système des appels d’offres n'est pas respecté parce qu’il est dit que les fournisseurs ont 45 jours pour se faire payer. Novum n’attend pas 45 jours puisqu’il veut se faire payer avant. C’est tout le système qui est biaisé parce que le BMPAD n’a pas d’argent pour faire le business et veut cependant rester l’acteur incontournable. Le BMPAD est un électron libre qu’on a mis en charge. Il est incapable de faire le job », avait balancé une autre source. « Les appels d’offres sont complètement dévoyés. Le BMPAD est en train de handicaper sérieusement notre industrie, pour ne pas dire saboter », avait-t-elle affirmé.

Sans détour, des compagnies établies en Haïti évoquent de plus en plus l’option d’importer elles-mêmes les produits pétroliers, a poursuivi cette source, qui déplore le fait que le dernier appel d’offres pour l’importation du diesel ait été confié à Vasco, incapable, dans le passé, de livrer le produit après avoir gagné des appels d’offres. C’est vers Novum que le BMPAD s’est finalement tourné, a soupiré cette source.

Le bateau arrivera à temps…

« Nous avons une fenêtre entre le 31 juillet et le 2 août. Nous sommes encore dans les délais. La date limite de son arrivée est le 2. Nous sommes sûrs que le bateau arrivera demain », a confié une source proche du BMPAD. Les démarches sont en cours de finalisation pour payer à Novum 22 millions de dollars d’une dette qui arrive à maturité entre le 31 et le 2 août, avait expliqué cette source.

Novum, contacté pour remplacer Vasco, a fait une meilleure offre que Sol envers qui il y a une dette arrivant à maturité pour la même période de 19 millions de dollars américains, avait poursuivi cette source proche du BMPAD. « Le BMPAD ne commande pas le carburant pour lui mais pour les compagnies qui lui communiquent leurs besoins. Nous avons 45 jours pour payer. À la faveur de cet arrêté sur la dédollarisation, les compagnies paient en gourdes. Nous avons la masse de gourdes et il faut trouver des dollars américains pour payer le trader. C’est de cela qu'il s’agit s’il y a parfois quelques petits problèmes. Ce n’est pas que le BMPAD n’ait pas d’argent pour payer », a expliqué cette source au BMPAD, qui rejette d’un revers de main toutes les critiques. « Tout est sous contrôle. La maison est bien gardée. Je crois qu’il n’y a pas de problème pour le moment », a assuré ladite source estimant que les problèmes sont liés à l’arrêté présidentiel sur la « dédollarisation ». « Nous payons les conséquences de cette décision. Nous payons en dollars pour les compagnies qui, elles, paient en gourdes en se basant sur cet arrêté », a déploré cette source proche du BMPAD.

Le journal a appris que le navire MT Alpine Marina battant pavillon des îles Marshall est, le 31 juillet, en stationnement à 187 miles nautiques de Port-au-Prince avec sa cargaison de diesel. Contrairement à ce qu’a confié la source de la BMPAD, le journal a appris que la fenêtre de livraison pour le diesel n’est pas entre le 31 juillet et le 2 août, mais plutôt entre le 18 et le 20 juillet 2018.

L’une des sources proches d’une compagnie pétrolière interrogée la veille, recontactée par le journal, semble voir poindre des éclaircies à l’horizon. « J’espère qu’ils feront ce qu’ils ont dit », a-t-elle dit au journal.

Roberson Alphonse Source Le Nouvelliste

Animateur (s)

Portrait de Anne Merline Eugene
La Mafia existe
1 année 9 mois ago
Portrait de Jacques Adler Jean Pierre
Agenda Culturel RTVC - 20 Avril 2017
2 années 9 mois ago