Produits pétroliers : 20 millions de dollars décaissés, des commandes attendues à quai dans les prochains jours…

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Pétrolier rade de Port-au-Prince

Le paiement de quelque 20 millions de dollars, équivalent d’un mois de la subvention due aux compagnies pétrolières qui vendent moins cher qu’elles n’achètent leurs produits, a été finalisé, a appris LeNouvelliste, vendredi 13 septembre 2019. « On vient de recevoir le paiement », a confié au journal une source proche d’une compagnie. La finalisation de plusieurs commandes s’est faite bien avant ce paiement, a souligné cette source qui a fait le point sur les commandes du mois de septembre.

« Le bateau, avec une commande de 110 000 barils de gazoline, est en chargement. Il doit arriver entre le 16 et le 17 septembre. Cette commande sera partagée entre la Dinassa et une autre compagnie pétrolière. Sur un autre bateau, il y a un chargement de 155 000 barils de diesel qui doit arriver entre le 19 et le 20 septembre 2019. Cette cargaison est également destinée à deux compagnies »,

La compagnie Sol disposera de deux bateaux avec des cargaisons moins importantes de gazoline et de diesel dans la fourchette du 19 au 21 septembre. Et le 28 septembre, un autre bateau transportant un peu de diesel et un peu de gazoline arrivera à quai, a confié notre informateur.

Les commandes en cours, en-deçà des 500 000 barils annoncées par le Premier ministre démissionnaire Jean-Michel Lapin, sont attendues en Haïti qui vit depuis plusieurs semaines une sévère rareté de produits pétroliers. Jean-Michel Lapin a, par ailleurs, évoqué l’ajustement à la hausse du prix de l’essence dans le futur, sans annoncer de date. Le syndicaliste Changeux Méhu, qui a participé à ces échanges, s'oppose à tout ajustement des prix. Il estime, lors d’une intervention sur Magik 9 vendredi matin, que ce sera préjudiciable pour la population qui est devenue plus pauvre.

Pour le syndicaliste, l’État doit explorer d’autres champs de la fiscalité et lutter contre la contrebande afin de trouver des ressources. En milieu de journée, dans certaines stations d'essence, faire le plein d’essence ressemble à un parcours du combattant.

Les compagnies pétrolières achètent le diesel (prix ex-douane) à 201,6 gourdes/gallon et le revendent à 151,7 gourdes/gallon aux stations-service. Elles perdent donc 49,9 gourdes/gallon lorsque la subvention ne leur est pas remboursée par l’administration. Lorsque la subvention leur est remboursée, les compagnies pétrolières gagnent 20,4 gourdes/gallon (soit leur marge et coût du transport). La structure des prix du 1er septembre 2019 établis pour le diesel indique  un coût CIF (coût d’importation) à 192.0 gourdes/gallon ; les frais financiers et les frais portuaires à 9.6 gourdes/gallon et le prix ex-douane à 201.6 gourdes/gallon. La marge des compagnies pétrolière est de 18,8 gourdes/gallon et le transport à 1,6 gourde/gallon. La subvention dénommée à rembourser aux compagnies est de - 70,3 gourdes/gallon. Le prix de vente des compagnies aux stations-service est de 151,7 gourdes/gallon. La marge des distributeur (station-service) est de  27,3 gourdes/gallon et le prix à la pompe est de 179 gourdes/gallon.

Les compagnies pétrolières achètent la gazoline (prix ex-douane) à 217.8 gourdes/gallon et la revendent à 192,7 gourdes/gallon aux stations-service. Elles perdent donc 25 gourdes/gallon lorsque la subvention ne leur est pas remboursée par l’administration. Lorsque la subvention leur est remboursée, les compagnies pétrolières gagnent 26,2 gourdes/gallon (soit leur marge et le coût du transport), a confié au journal une source proche d’une compagnie pétrolière. En détail, selon la structure de prix du 1er septembre, le coût CIF (coût d’importation) est de 207.5 gourdes/gallon, les frais financiers et frais portuaires de 10,3 gourdes/gallon, le prix ex-douane est de 217,8 gourdes/gallon. La marge compagnie pétrolière est de 24,7 gourdes/gallon ; le transport  est 1,6 gourde/gallon; la subvention à rembourser aux compagnies est de - 51.3 gourdes/gallon. Le prix de vente des compagnies aux stations-services est de 192,7 gourdes/gallon ; la marge des distributeurs (station-service) est de 31,3 gourdes/gallon, et le prix à la pompe est de 224 gourdes/gallon.

Les marges des compagnies pétrolières leur permettent de payer : le stockage des carburants, le transport par camion-citerne (qui est beaucoup plus élevé que la 1,6 gourde attribuée dans la structure de prix), les travaux de maintenance des équipements pétroliers des stations-services, les rémunérations de leur personnel. Les marges des distributeurs leur permettent de payer les salaires du personnel des stations-services et des travaux de maintenance des stations lorsqu’elles leur appartiennent. Le coût CIF d’importation varie à chaque importation. Ces prix varient à la hausse et à la baisse suivant les prix des carburants sur le marché international, a expliqué cette source.

Les prix de vente des carburants en Haïti sont fixés par le ministère de l’Économie et des Finances. C’est ce ministère qui décide du montant de la subvention. Cette dernière varie à chaque importation, pour maintenir le prix de vente à la pompe au niveau actuel. Pour l’importation du mois d’août, le prix CIF du diesel était de 206 gourdes/gallon et celui de l’essence de 226 gourdes/gallon ; la subvention pour le diesel était alors de 84,3 gourdes/gallon et celle de l’essence de 70,5 gourdes/gallon, a expliqué ce contact proche d’une compagnie pétrolière.

En théorie, la subvention devrait être remboursée par l’administration, tous les 10 jours, aux compagnies pétrolières. Dans la pratique, ce n’est pas fait régulièrement et l’administration doit aux compagnies pétrolières plusieurs mois de subvention. Les compagnies pétrolières vendent donc les carburants aux stations-service à un prix inférieur au prix auquel elles les achètent, selon cette source.

Lorsque la subvention ne leur est pas remboursée, les compagnies pétrolières perdent donc de l’argent pour chaque gallon de carburant qu’elles vendent. Ces pertes assèchent leurs trésoreries et ne leur permettent plus d’importer les carburants en quantité suffisante, ce qui explique les rationnements actuels qui sont faits dans l’attente du remboursement des subventions, a poursuivi cette source.

L’État a remboursé l’équivalent d’un mois de subvention au mois d’août et l’équivalent d’un autre mois de subvention au mois de septembre. Les subventions des carburants coûtent très cher à l’État. Au rythme actuel, les montants annuels des subventions des carburants coûtent environ 250 millions de dollars par an. Il est à noter qu’actuellement l’État ne prélève pas de taxes sur les carburants, ce qui représente également un manque à gagner important pour le Trésor public, a indiqué cette source proche d’une compagnie pétrolière.

Source Le Nouvelliste

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