De plus en plus de secteurs déclinent l’invitation de Céant à la commission de PetroCaribe

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Jean Henry Ceant - Premier Ministre

Après les associations de médias AMIH et ANMH, c’est maintenant le Collectif du 4 décembre, des organisations de défense des droits humains et des PetroChallengers qui déclinent l’invitation du Premier ministre à intégrer la commission de vérité sur le dossier PetroCaribe.

L’idée de créer une commission de vérité pour faire la lumière sur l’utilisation et la gestion du fonds PetroCaribe a été mal accueillie par la plupart des secteurs de la société invités à faire partie de cette structure. Pour le moment, aucun groupe organisé ni personnalité invitée n’a manifesté la volonté d'intégrer cette commission que veut former le Premier ministre.

Pire. De plus en plus de secteurs déclinent l’invitation de Jean-Henry Céant. Dans une correspondance responsive adressée au Premier ministre, le Collectif du 4 décembre fait savoir au chef du gouvernement qu’il ne compte pas intégrer cette commission. Il explique ses raisons.

« Monsieur le Premier Ministre, le Collectif du 4 décembre vous remercie de l’invitation à intégrer une commission qui devrait s’impliquer dans le dossier PetroCaribe, comme vous l’avez annoncé publiquement le 22 octobre en cours. Il s’empresse de vous informer que le Collectif du 4 décembre ne peut en faire partie, compte tenu des engagements qu’il a déjà pris et qu’il tient à poursuivre inlassablement pour le renforcement des institutions qui ont pour mission de faire la lumière sur l’utilisation des fonds PetroCaribe : l’UCREF, l’ULCC, la Cour des Comptes, les instances judiciaires, le Parlement qui doivent être mis plutôt en condition de bien réaliser leur mission », écrit le collectif au Premier ministre.

Le collectif dit avoir aussi pris l’engagement de participer activement à toute initiative et toute démarche visant à éradiquer la corruption sous toutes ses facettes dans nos institutions et de faire la promotion sur le plan national des politiques de relance de la production nationale afin de revitaliser notre économie moribonde.

D’un autre côté, pour les organisations de défense des droits humains, le Centre d’analyse et de recherche en droits de l’homme ; la Commission épiscopale Nationale – Justice et Paix, le Centre de recherche et de formation économique et sociale pour le développement, le COHNANE, le RNDDH, la POHDH et Sant Karl Lévêque,- les dernières mesures annoncées par le gouvernement Moïse / Céant constituent des actions inaptes à convaincre la population de sa volonté politique réelle de lutter efficacement contre la corruption.

« Une commission devant travailler sur la dilapidation des fonds PetroCaribe pourrait être considérée comme étant un acte de non-reconnaissance par le pouvoir exécutif du fait que le dossier est actuellement pendant par-devant les autorités judiciaires. Elle pourrait par conséquent être interprétée comme un acte d’interférence du pouvoir exécutif dans le traitement d’un dossier par le pouvoir judiciaire. Le président de la République doit poser des actions institutionnelles pertinentes qui soient à la hauteur des exigences populaires », exhortent ces organisations de défense des droits humains.

Sur les réseaux sociaux, des PetroChallengers invités par Jean-Henry Céant à faire partie de cette commission de vérité ont rejeté d’un revers de main cette invitation et souligné qu’ils allaient maintenir la pression pour forcer les autorités à faire la lumière sur l’utilisation du fonds PetroCaribe.

En début de semaine, l’Association des médias indépendants en Haïti (AMIH) et l’Association nationale des médias haïtiens (ANMH) avaient déjà décliné l’invitation du Premier ministre à intégrer la commission de vérité sur le dossier PetroCaribe.

Le Premier ministre a annoncé, lundi, qu’il comptait contacter la presse, l’université, le secteur religieux, les personnalités qui représentent le mouvement Petrochallenge, la société civile organisée, le secteur privé des affaires, le Collectif du 4 décembre, les organismes de défense des droits humains, les parti politiques, les intellectuels, les associations patronales, les chambres de commerce, la fédération des barreaux, de l’ordre des comptables agréés, Religions pour la paix… pour intégrer cette commission qui sera, a-t-il dit, appuyée par une firme étrangère d’audit.

À ce jour, aucun groupe organisé ni personnalités invitées n’ont levé le petit droit pour défendre cette décision du Premier ministre. Cependant, sur son compte Twitter, l’ancien Premier ministre Laurent Lamothe, indexé dans le dossier PetroCaribe, a salué les initiatives de Jean-Henry Céant. « Je prends au mot le PM Jean Henry Céant. Je salue son initiative d’engager une firme internationale d’audit, crédible pour en finir avec la démagogie, le complot permanent et l’assassinat de caractère. #PetroVerite », a écrit l’ancien homme fort de la Primature invité par le parquet de Port-au-Prince à s’expliquer sur l’utilisation et la gestion du fonds PetroCaribe.

Ce jeudi, le premier ministre va lancer son programme de communication baptisé ‘’ Jeudi Petro’’ qui vise à informer la population chaque semaine sur l’état de l’avancement du dossier. Jean-Henry Céant devait rencontrer mercredi des gens qui acceptent de faire partie de la commission.

Robenson Geffrard Source Le Nouvelliste

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