PHTK et Fusion, déchirés par des luttes intestines

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Des organisations politiques comme le PHTK, la Fusion et l’OPL opèrent ou tentent d’opérer des changements au sein de leur directoire. Un processus normal chez des partis politiques qui se veulent démocratiques. Cependant, c’est sans compter sur des luttes intestines pour le contrôle des partis. Le PHTK se retrouve aujourd’hui avec deux conseils exécutifs pour le même parti. Les cadres de la Fusion, divisés, s’affrontent à coup de gros mots sur les places publiques avant leur congrès.

Tout allait bien ou presque pour les partis politiques avant que le chef de l’Etat ne décide d’appliquer la loi de janvier 2014 sur le financement des partis politiques. Depuis, l’une après l’autre, des organisations politiques visiblement bien structurées s’ébranlent. Les cadres s’affrontent pour avoir le contrôle. Le mois dernier, il y avait la plateforme VERITE, la deuxième plus importante structure politique du pays en termes de nombre d’élus lors des dernières élections.

Cette semaine, c’est le plus important parti politique du pays, le PHTK, le parti au pouvoir qui fait face à une lutte intestine. Dans deux documents différents envoyés au Nouvelliste jeudi, deux conseils exécutifs distincts se battent pour avoir le contrôle du parti de Michel Martelly. D’un côté on retrouve un directoire pour le PHTK composé de Marie Yanick Mézile, présidente ; Myrtho René, vice-président ; Georges Garnier, secrétaire général ; Alan Zureik, trésorier ; Reynaldo Brunet, trésorier adjoint ; Rudy Hériveaux, porte-parole ; Georges Racine, conseiller ; Osse Daniel, conseiller ; Fritzner Bernadel, conseiller financier ; Serge Chéry, conseiller ; Gérard Mathieu, conseiller technique ; Guichard Doré, conseiller politique et Exama Pierrot, conseiller politique.

D’un autre côté, il y a un conseil exécutif composé de Sainphor Liné Balthazar, président ; Margareth Saint-Louis, vice-présidente ; Stevenson Thimoléon, secrétaire général ; Alan Zuraik, trésorier et Roudy Choute, trésorier adjoint.

Cette catégorie de dirigeants du PHTK, ont pris le soin d’écrire au ministre de la Justice pour lui notifier des changements opérés au sein du pays et lui ont soumis aussi les noms des nouveaux dirigeants. Ils ont aussi obtenu un acte notarié pour justifier qu’ils sont les seuls dirigeants du parti.

Le conseil exécutif dirigé par Liné Balthazar a pour mandat de: mettre en place les structures déconcentrées du parti ; mettre à jour le registre des membres du parti ; établir des programmes de formation permanente pour les cadres et les militants du parti ; organiser le 1er congrès du parti et représenter le parti auprès des pouvoirs publics et dans les actes de la vie civile.

Pour sa part, Guichard Doré, membre de l’autre camp, a fait savoir au Nouvelliste que Michel Martelly, l’un des principaux membres fondateur du PHTK, lui a personnellement demandé d’aider à la restructuration du parti. Selon lui, l’ancienne présidente du PHTK, Ann Valerie T. Milfort, était depuis un certain temps empêchée. « au plan statuaire, la vice-présidente, Marie Yanick Mézile, la remplace », a-t-il souligné. Pour que cela soit autrement, il devrait y avoir un congrès au sein du parti, a-t-il ajouté.

Guichard Doré n’a pas voulu parler de division au sein du PHTK. Il parle plutôt d’une incompréhension. Selon lui, le conseil dirigé par Marie Yanick Mézile veut simplement restructurer le parti en attendant un congrès pour élire les dirigeants du PHTK.

Par ailleurs, la situation pour la Fusion des sociaux-démocrates n’est pas meilleure. Il a fallu l’intervention de la police natinale mercredi lors d’une conférence de presse du parti pour éviter l’affrontement entre les militants. La présidente du parti, Edmonde Supplice Bauzile, accompagnée de Serge Gilles et Rosemond Pradel, ne jurent que par la tenue d’un congrès pour renouveler les dirigeants de la Fusion. Cependant, pour les autres cartels, Madame Beauzile ne veut que se maintenir à la tête de la Fusion.

« Le congrès est le moyen de renouveler les structures du parti, de décider de la ligne politique du parti », a déclaré Edmonde Supplice Beauzile, accusant le conseiller Victor Benoît d’être l’instigateur de la division qui mine le parti. Elle dit maintenir le congrès pour ce week-end alors que la plupart des membres annoncent qu’ils vont boycotter l'initiative.

Parallèlement, l'Organisation du peuple en lutte (OPL), réalisera, elle aussi, son 6e Congrès national du 20 au 22 avril 2018 dans les communes de Jacmel et de Marigot. Les dirigeants de l’OPL tentent de recoller les morceaux à la suite d’une division au sein du parti née de la dernière primaire pour désigner le candidat du parti à la présidentielle de 2016.

Alors que le financement des partis politiques était censé leur permettre de mieux fonctionner, on a assisté à l’effet inverse depuis le début de ce processus.

Après la plateforme politique VERITE, divisée en raison du financement de l’État, c’était le grand déballage, le mois dernier, sur la place publique entre les deux principaux dirigeants de la plateforme politique Pitit Dessalines. Alors que, dès le départ, Jean-Charles Moïse, secrétaire général, avait clairement rejeté toute idée d’accepter les quelque 4.2 millions de gourdes, le Dr Frantz Perpignan, secrétaire général adjoint, confirme être obligé de prendre l’argent pour éponger certaines dettes de l’organisation. Depuis, les deux hommes sont à couteaux tirés.

Les anciens candidats à la présidence, Eric Jean Baptiste et Charles-Henri Baker, avaient déjà démissionné de leurs partis politiques respectifs MAS et RESPÈ pour exprimer leur opposition à ce financement.

Le PHTK se taille la part du lion puisqu’il détient le plus grand nombre d’élus au Parlement et dans les collectivités territoriales. Le parti de Jovenel Moïse a donc retiré au ministère des Finances un chèque de plus de 19.8 millions de gourdes. La Fusion en a eu un peu plus de 3.4 millions de gourdes et l’OPL plus de 10 millions de gourdes.

« Dorénavant, sur une base mensuelle, l’État haïtien interviendra pour contribuer au financement de tous les partis politiques répondant aux exigences de la loi », avait annoncé le ministre de l’Economie et des Finances, Jude Alix Patrick Salomon, en janvier dernier lors du premier versement.

Robenson Geffrard Source Le Nouvelliste

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